C’est notre consoeur Ngoné Saliou Diop qui a vendu la mèche: “l’opposant de Embalo , Fernando Dias da Costa vient d’arriver à Ziguinchor, accueilli par la famille Cadra. Il sollicite l’Etat du Sénégal pour assurer sa sécurité ” post la dame .
Faisons un récapitulatif, en attendant d’y revenir avec une ébauche de détails .
Quoique débarrassé de son rival historique, Domingos Simões Pereira, écarté par la justice de la présidentielle du 23 novembre, le chef de l’État bissau-guinéen a vu émerger un autre adversaire en la personne de Fernando Dias da Costa.
En réalité, Umaro Sissoco Embaló ne l’a probablement pas vu venir. Présenté par ses adversaires comme « sans expérience notable », Fernando Dias da Costa s’est pourtant imposé comme un redoutable outsider dans la dernière ligne droite de la présidentielle prévue ce dimanche23 novembre. Si l’équipe du président sortant martèle que c’est un adversaire « comme un autre », un bras de fer s’est imposé entre eux allusion faite à la publication des résultats provisoires. Chaque camp soutient avoir gagné la Présidentielle. La suite est connue.
Les militaires se sont emparés du pouvoir mercredi en Guinée-Bissau juste avant les résultats des élections présidentielle et législatives. Le leader de l’opposition, Fernando Dias, dénonce un coup d’Etat « organisé » par le président sortant Umaro Sissoco Embalo.
Des militaires ont annoncé mercredi avoir pris le « contrôle total du pays » en Guinée-Bissau et ont interrompu le processus électoral juste avant les résultats des élections présidentielle et législatives du 23 novembre. Jeudi 27 novembre, ils ont nommé le général Horta N’Tam, comme président de transition tandis que le chef d’Etat destitué Umaro Sissoco Embalo a quitté le pays pour le Sénégal. Voici ce que l’on sait de ce nouveau coup d’Etat – sur lequel pèsent des zones d’ombre – dans ce pays d’Afrique de l’Ouest coutumier des troubles politiques.
Prise de pouvoir par des militaires
Des tirs nourris ont retenti mercredi à la mi-journée dans la capitale Bissau près du palais présidentiel, peu avant l’annonce par des militaires qu’ils prenaient le « contrôle total du pays » etsuspendaient le processus électoral en cours. Tous les programmes des médias publics et privés sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Une forte présence des forces de l’ordre est visible jeudi dans les rues de Bissau quasi désertées par la population et sous étroite surveillance. Des militaires en faction quadrillent toute la zone autour du palais présidentiel
Les frontières terrestres, aériennes et maritimes, fermées mercredi, ont été rouvertes jeudi, signe d’une certaine stabilité malgré le coup d’Etat. Les militaires ont ensuite annoncé l’interdiction de « toute manifestation » mais aussi la levée du couvre-feu instauré la veille et la réouverture immédiate des écoles.
Sur la grande artère principale allant du port au palais présidentiel de la capitale Bissau, la circulation des voitures et taxis, y compris à proximité du palais, a repris vendredi matin ainsi que la circulation des piétons vaquant à leurs occupations, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le dispositif sécuritaire et la présence des militaires ont été allégés dans la capitale, a également constaté l’AFP.
Le président Umaro Sissoco Embalo au Sénégal
Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, élu en 2020 et candidat à un second quinquennat, a un temps été retenu par des militaires.
Jeudi soir, il a rejoint le Sénégal « sain et sauf », dans un vol affrété par le gouvernement sénégalais, a indiqué Dakar.
Embalo a finalement le Sénégal pour déposer ses baluchons chez Denis Sassou Nguesso au Congo Brazza.
Le général Horta N’Tam nommé président de transition
« Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement » militaire pour la restauration de l’ordre (HCM), a déclaré jeudi le général Horta N’Tam, après avoir prêté serment au siège de l’état-major. Jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre du pays, le général N’Tam est considéré comme ayant été proche ces dernières années du président Embalo. La transition est censée durer un an selon les militaires. Ils ont nommé comme chef d’état-major des Armées, le général Tomas Djassi, précédemment chef d’état-major particulier du président Embalo.
« La Guinée-Bissau traverse une période très difficile de son histoire. Les mesures qui s’imposent sont urgentes et importantes et requièrent la participation de tout le monde », a déclaré le général N’Tam après avoir prêté serment.
Mercredi, les auteurs du putsch avaient expliqué vouloir garantir la « sécurité au niveau national et rétablir l’ordre », évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ».
Pays très pauvre de 2,2 millions d’habitants, la Guinée-Bissau est affectée par des problèmes de corruption et est réputée être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.
L’ONU dénonce « une violation des principes démocratiques »
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dénoncé une « violation des principes démocratiques » jeudi soir.
Antonio Guterres « souligne que tout mépris de la volonté du peuple qui a voté pacifiquement lors des élections générales du 23 novembre constitue une violation inacceptable des principes démocratiques », a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué, appelant à « une restauration immédiate et inconditionnelle de l’ordre constitutionnel ».
• Un coup d’Etat… qui pourrait bénéficier au président renversé
Dans les heures qui ont suivi le coup d’Etat, le président Embalo était joignable par téléphone et a pu parler à des médias internationaux alors qu’il était aux mains des militaires auteurs du putsch. Des membres de la diaspora bissau-guinéenne et des chercheurs s’interrogent sur les motifs réels de cette prise de pouvoir, qui pourrait en réalité bénéficier au président renversé.
Selon des chercheurs interrogés par l’AFP, des résultats provisoires non-vérifiés qui circulaient avant le putsch donnaient le candidat de l’opposition, Fernando Dias, vainqueur de la présidentielle. Fernando Dias a affirmé jeudi à l’AFP avoir remporté l’élection présidentielle et accuse le président sortant Umaro Sissoco Embalo d’avoir « organisé » le putsch pour l’empêcher d’accéder au pouvoir. Vendredi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a lui aussi jugé que le coup d’État était une « combine » visant à arrêter le processus électoral. « Ce qui s’est passé en Guinée-Bissau, tout le monde sait que c’est une combine. Qu’on continue le processus électoral et que la commission (électorale) dise qui a gagné », a-t-il dit.
« C’est le scénario idéal pour Umaro Sissoco Embalo qui pourrait, suite à des négociations, être libéré et éventuellement se repositionner pour les prochaines élections », a indiqué à l’AFP un chercheur ouest-africain spécialiste de la Guinée-Bissau ayant requis l’anonymat.
La directrice de l’Observatoire des économies illicites en Afrique de l’Ouest (Gi-Toc), Lucia Bird, abonde en ce sens : « Si les résultats préliminaires circulant à Bissau sont corrects, la personne qui aurait le plus à perdre à ce que les résultats des élections soient annoncés et confirmés est le président (Embalo) lui-même ».
De son côté, le porte-parole du collectif Firkidja di Pubis, un mouvement civique de la diaspora bissau-guinéenne, Yussef Gomes, estime qu’il « s’agit d’un coup inventé ». Il a « pour objectif fondamental de mettre un terme à un processus électoral qui allait démontrer de façon claire la défaite copieuse d’Umaro Sissoco Embalo », affirme-t-il.
• Des élections sans le parti historique
Le parti historique PAIGC, ayant mené à l’indépendance de la Guinée-Bissau, avait été recalé à ces élections présidentielle et législatives, pour dépôt tardif de dossier.
Fernando Dias, devenu lors de ce scrutin présidentiel le principal adversaire de Umaro Sissoco Embalo, avait reçu le puissant soutien du principal opposant et leader du PAIGC Domingos Simoes Pereira.
Les camps du président Embalo, au pouvoir depuis 2020, et de Fernando Dias, avaient chacun revendiqué la victoire mardi.
La Guinée-Bissau, située entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’Etat et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974. La proclamation des résultats électoraux y a souvent donné lieu à des contestations.
Faisons un récapitulatif, en attendant d’y revenir avec une ébauche de détails .
Quoique débarrassé de son rival historique, Domingos Simões Pereira, écarté par la justice de la présidentielle du 23 novembre, le chef de l’État bissau-guinéen a vu émerger un autre adversaire en la personne de Fernando Dias da Costa.
En réalité, Umaro Sissoco Embaló ne l’a probablement pas vu venir. Présenté par ses adversaires comme « sans expérience notable », Fernando Dias da Costa s’est pourtant imposé comme un redoutable outsider dans la dernière ligne droite de la présidentielle prévue ce dimanche23 novembre. Si l’équipe du président sortant martèle que c’est un adversaire « comme un autre », un bras de fer s’est imposé entre eux allusion faite à la publication des résultats provisoires. Chaque camp soutient avoir gagné la Présidentielle. La suite est connue.
Les militaires se sont emparés du pouvoir mercredi en Guinée-Bissau juste avant les résultats des élections présidentielle et législatives. Le leader de l’opposition, Fernando Dias, dénonce un coup d’Etat « organisé » par le président sortant Umaro Sissoco Embalo.
Des militaires ont annoncé mercredi avoir pris le « contrôle total du pays » en Guinée-Bissau et ont interrompu le processus électoral juste avant les résultats des élections présidentielle et législatives du 23 novembre. Jeudi 27 novembre, ils ont nommé le général Horta N’Tam, comme président de transition tandis que le chef d’Etat destitué Umaro Sissoco Embalo a quitté le pays pour le Sénégal. Voici ce que l’on sait de ce nouveau coup d’Etat – sur lequel pèsent des zones d’ombre – dans ce pays d’Afrique de l’Ouest coutumier des troubles politiques.
Prise de pouvoir par des militaires
Des tirs nourris ont retenti mercredi à la mi-journée dans la capitale Bissau près du palais présidentiel, peu avant l’annonce par des militaires qu’ils prenaient le « contrôle total du pays » etsuspendaient le processus électoral en cours. Tous les programmes des médias publics et privés sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Une forte présence des forces de l’ordre est visible jeudi dans les rues de Bissau quasi désertées par la population et sous étroite surveillance. Des militaires en faction quadrillent toute la zone autour du palais présidentiel
Les frontières terrestres, aériennes et maritimes, fermées mercredi, ont été rouvertes jeudi, signe d’une certaine stabilité malgré le coup d’Etat. Les militaires ont ensuite annoncé l’interdiction de « toute manifestation » mais aussi la levée du couvre-feu instauré la veille et la réouverture immédiate des écoles.
Sur la grande artère principale allant du port au palais présidentiel de la capitale Bissau, la circulation des voitures et taxis, y compris à proximité du palais, a repris vendredi matin ainsi que la circulation des piétons vaquant à leurs occupations, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le dispositif sécuritaire et la présence des militaires ont été allégés dans la capitale, a également constaté l’AFP.
Le président Umaro Sissoco Embalo au Sénégal
Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, élu en 2020 et candidat à un second quinquennat, a un temps été retenu par des militaires.
Jeudi soir, il a rejoint le Sénégal « sain et sauf », dans un vol affrété par le gouvernement sénégalais, a indiqué Dakar.
Embalo a finalement le Sénégal pour déposer ses baluchons chez Denis Sassou Nguesso au Congo Brazza.
Le général Horta N’Tam nommé président de transition
« Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement » militaire pour la restauration de l’ordre (HCM), a déclaré jeudi le général Horta N’Tam, après avoir prêté serment au siège de l’état-major. Jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre du pays, le général N’Tam est considéré comme ayant été proche ces dernières années du président Embalo. La transition est censée durer un an selon les militaires. Ils ont nommé comme chef d’état-major des Armées, le général Tomas Djassi, précédemment chef d’état-major particulier du président Embalo.
« La Guinée-Bissau traverse une période très difficile de son histoire. Les mesures qui s’imposent sont urgentes et importantes et requièrent la participation de tout le monde », a déclaré le général N’Tam après avoir prêté serment.
Mercredi, les auteurs du putsch avaient expliqué vouloir garantir la « sécurité au niveau national et rétablir l’ordre », évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ».
Pays très pauvre de 2,2 millions d’habitants, la Guinée-Bissau est affectée par des problèmes de corruption et est réputée être une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.
L’ONU dénonce « une violation des principes démocratiques »
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dénoncé une « violation des principes démocratiques » jeudi soir.
Antonio Guterres « souligne que tout mépris de la volonté du peuple qui a voté pacifiquement lors des élections générales du 23 novembre constitue une violation inacceptable des principes démocratiques », a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric dans un communiqué, appelant à « une restauration immédiate et inconditionnelle de l’ordre constitutionnel ».
• Un coup d’Etat… qui pourrait bénéficier au président renversé
Dans les heures qui ont suivi le coup d’Etat, le président Embalo était joignable par téléphone et a pu parler à des médias internationaux alors qu’il était aux mains des militaires auteurs du putsch. Des membres de la diaspora bissau-guinéenne et des chercheurs s’interrogent sur les motifs réels de cette prise de pouvoir, qui pourrait en réalité bénéficier au président renversé.
Selon des chercheurs interrogés par l’AFP, des résultats provisoires non-vérifiés qui circulaient avant le putsch donnaient le candidat de l’opposition, Fernando Dias, vainqueur de la présidentielle. Fernando Dias a affirmé jeudi à l’AFP avoir remporté l’élection présidentielle et accuse le président sortant Umaro Sissoco Embalo d’avoir « organisé » le putsch pour l’empêcher d’accéder au pouvoir. Vendredi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a lui aussi jugé que le coup d’État était une « combine » visant à arrêter le processus électoral. « Ce qui s’est passé en Guinée-Bissau, tout le monde sait que c’est une combine. Qu’on continue le processus électoral et que la commission (électorale) dise qui a gagné », a-t-il dit.
« C’est le scénario idéal pour Umaro Sissoco Embalo qui pourrait, suite à des négociations, être libéré et éventuellement se repositionner pour les prochaines élections », a indiqué à l’AFP un chercheur ouest-africain spécialiste de la Guinée-Bissau ayant requis l’anonymat.
La directrice de l’Observatoire des économies illicites en Afrique de l’Ouest (Gi-Toc), Lucia Bird, abonde en ce sens : « Si les résultats préliminaires circulant à Bissau sont corrects, la personne qui aurait le plus à perdre à ce que les résultats des élections soient annoncés et confirmés est le président (Embalo) lui-même ».
De son côté, le porte-parole du collectif Firkidja di Pubis, un mouvement civique de la diaspora bissau-guinéenne, Yussef Gomes, estime qu’il « s’agit d’un coup inventé ». Il a « pour objectif fondamental de mettre un terme à un processus électoral qui allait démontrer de façon claire la défaite copieuse d’Umaro Sissoco Embalo », affirme-t-il.
• Des élections sans le parti historique
Le parti historique PAIGC, ayant mené à l’indépendance de la Guinée-Bissau, avait été recalé à ces élections présidentielle et législatives, pour dépôt tardif de dossier.
Fernando Dias, devenu lors de ce scrutin présidentiel le principal adversaire de Umaro Sissoco Embalo, avait reçu le puissant soutien du principal opposant et leader du PAIGC Domingos Simoes Pereira.
Les camps du président Embalo, au pouvoir depuis 2020, et de Fernando Dias, avaient chacun revendiqué la victoire mardi.
La Guinée-Bissau, située entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’Etat et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974. La proclamation des résultats électoraux y a souvent donné lieu à des contestations.