LONASE : médecins sans titres, patient en danger… Toussaint Manga rattrapé par le scandale

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 4 Septembre 2026 à 13:54 modifié le Vendredi 4 Septembre 2026 16:56

Le vent de la reddition des comptes et de l'éthique républicaine, soufflant désormais avec une vigueur inflexible dans les travées de la Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE), vient de mettre au jour un scandale d'une gravité inouïe qui entache durablement le magistère de l'ancien Directeur général, le "Dr" Toussaint Manga, et ouvre la voie à d'inévitables poursuites judiciaires. Révélations !


Alors que les audits commandés par son successeur, Abdourahmane Baldé dit « Doura », laissaient déjà poindre de lourdes opacités administratives, le communiqué officiel de l’Intersyndicale des travailleurs de la LONASE (SATRAL/SNECCS-CNTS), publié ce 4 septembre 2026, apporte de terrifiantes confirmations matérielles à la note d'information sectorielle divulguée la veille.

Ce document de rupture révèle une forfaiture absolue au cœur même du Centre médical du travail de l'institution, un sanctuaire dédié à la santé des salariés transformé, sous la passivité coupable de l'ancienne direction, en un théâtre d'exercice illégal de la médecine.

Devant des faits d'une telle nature, qui touchent à l'intégrité physique d'autrui, le dossier dépasse désormais le simple cadre du blâme administratif pour s'inviter de manière évidente sur le terrain du droit pénal, où la responsabilité pénale du Directeur général sortant pour complicité et mise en danger délibérée de la vie d'autrui paraît juridiquement incontournable.

Les griefs consignés par les représentants des travailleurs sont accablants et désignent sans ambiguïté la responsabilité morale et managériale de Toussaint Manga, coupable d'avoir toléré une prolifération de « cafards » administratifs au mépris des règles de la santé publique les plus élémentaires.

Les vérifications syndicales et directoriales établissent que le Chef du Service des soins curatifs et le Directeur du centre médical, recrutés sous son mandat, exerçaient sans aucun des titres professionnels requis.

Le premier, censé diriger des protocoles cliniques, s'est révélé être un infirmier d'État n'ayant même pas achevé son cursus universitaire, réduit à recourir nuitamment à des recherches Google pour prescrire des ordonnances à des patients crédules.

Le second, officiant en qualité de médecin-chef, n'a jamais été inscrit au prestigieux tableau de l'Ordre des Médecins, opérant ainsi dans une totale clandestinité légale.

Cette légèreté criminelle a bien failli coûter la vie à l'épouse d'un agent de la LONASE le 2 septembre 2026, évacuée de justesse vers la clinique de l'Amitié à la suite de complications aiguës directement imputables à une prise en charge médicale inappropriée et profane.

Cet incident clinique majeur constitue l'élément matériel indiscutable qui devrait pousser le procureur de la République à se saisir du dossier, ouvrant la voie à une double qualification pénale : usurpation de titre et de fonction pour les deux faux praticiens, et complicité par omission ou négligence criminelle à l'encontre du « Dr » Toussaint Manga.


Face à ce bilan désastreux où la jouissance des fastes du pouvoir l'a visiblement emporté sur la surveillance des procédures et la protection du capital humain, la fuite en avant ou l'argument commode de l'ignorance ne sauraient dédouaner le Directeur général sortant devant les magistrats.

Diriger une entreprise publique de cette envergure impose une vigilance de chaque instant, et le verdict des registres de présence comme des pièces comptables condamne fermement cette faillite de l'autorité, qui s'apparente désormais à une faute lourde détachable du service, susceptible d'engager sa responsabilité civile et pénale personnelle.

À l'inverse de cette incurie passée, l'actuel Directeur général, Abdourahmane Baldé, incarne la figure du grand commis de l'État, imperméable aux arrangements de coulisses et guidé par une méthode rigoureusement légaliste.

En validant immédiatement des mesures conservatoires drastiques pour suspendre ces deux imposteurs de la santé, en réorientant les agents vers des structures médicales partenaires agréées et en transmettant les conclusions de l'audit aux corps de contrôle de l'État, la nouvelle gouvernance prépare méthodiquement le terrain à l'action de la justice.

En allumant sans faiblir la lampe de la transparence sur ces dérives, « Doura » rappelle à l'ancien magistère que la responsabilité demeure l'indéfectible corollaire de l'autorité, et que l'heure est désormais venue pour Toussaint Manga de troquer les plateaux médiatiques pour les cabinets d'instruction afin de répondre de cette gestion aberrante.


Mamadou Ndiaye
Recommandé Pour Vous