La fin du "rêve de ma vie" : écarté du Mondial, l'arbitre somalien Omar Artan sort du silence

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 10 Juin 2026 à 17:01 modifié le Mercredi 10 Juin 2026 19:02

Refoulé samedi lors de son arrivée aux États-Unis puis lâché par la Fifa, l'arbitre somalien Omar Artan s'est exprimé pour la première fois sur son compte Facebook et dans le New York Times exprimant sa déception. Avant de retrouver le sourire, accueilli en héros à Mogadiscio.


"Je ne suis qu'un arbitre qui tentait de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie, participer à la Coupe du monde." Omar Artan allait écrire l'histoire en devenant le premier Somalien à participer à la Coupe du monde. Un rêve devenu cauchemar aux douanes américaines.

Alors qu'il tentait de rejoindre le camp de base des arbitres à Miami, il a été interrogé pendant onze heures avant d'être emmené vers une cellule de rétention. Il y a été détenu pendant plusieurs heures avant d'être embarqué à bord d'un vol retour pour Istanbul, sans que les agents ne l'aient informé des raisons pour lesquelles il était interdit d'entrée sur le territoire américain.

Dans un premier temps, l'arbitre a voulu faire bonne figure. Sur son compte Facebook, il affirmait : " Malgré les circonstances, je garde le moral et je me concentre sur les prochains défis qui m'attendent dans ma carrière d'arbitre", remerciant même la Confédération africaine de football (CAF) et la Fifa pour leur soutien.


"Ils ont un problème" avec la Somalie

Un soutien tout relatif, puisque la Fifa n'a même pas cherché à intervenir auprès des États-Unis, actant simplement le fait qu'il ne pourrait ni s'entraîner ni officier dans le principal pays hôte : "C'est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire", a justifié l'instance dans un communiqué.

Joint par le New York Times alors qu'il était en transit à Istanbul, Omar Artan s'est laissé aller à sa déception. "J'avais les bons documents, j'avais tout, j'avais le bon visa", a-t-il ainsi affirmé, ajoutant avoir montré aux agents de l'immigration des documents de la Fifa, ainsi que des photos de sa carrière. "Je suis très, très déçu."



"Je pense qu'ils ont un problème avec mon pays", a-t-il indiqué. La Somalie est l'un des nombreux pays dont les citoyens sont frappés d'une interdiction de voyage aux États-Unis par l'administration de Donald Trump.

L'affaire a suscité l'indignation en Somalie, où le ministère de la Jeunesse et des Sports a défendu "l'intégrité" d'Omar Artan et regretté qu'il n'ait pas été possible de revenir sur son renvoi malgré d'"intenses démarches diplomatiques et des négociations avec les autorités compétentes du gouvernement des États-Unis et de la Fifa, dans le but de parvenir à une résolution immédiate".

"De bonnes raisons", selon la Maison Blanche

Mardi, le patron de l'équipe de la Maison Blanche chargée de l'organisation de la Coupe du monde de foot, Andrew Giuliani, est revenu sur l'accueil les délégations lors d'une discussion organisée par le groupe de réflexion Atlantic Council à Washington.




"Jusqu'à présent, 35 équipes ont pu entrer aux États-Unis. Aucun joueur ni entraîneur ne s'est vu interdire l'accès", a-t-il affirmé. "Il y a eu des responsables qui se sont vus interdire l'entrée et pour de bonnes raisons", a-t-il poursuivi, évoquant la nécessité d'empêcher "des acteurs malveillants de venir dans le pays sous couvert de la Coupe du monde" de football, qui débute jeudi.

"Il y a eu un arbitre qui n'a pas été admis. Je ne peux pas entrer dans les détails mais ce que je peux vous dire, c'est que c'était pour une très bonne raison", a assuré le responsable de la Maison Blanche, faisant état de discussions avec le ministre de la Sécurité intérieure, Markwayne Mullin, et le chef de la police aux frontières (CBP).

La CBP a justifié le refoulement d'Omar Artan, qui a notamment arbitré en Coupe d'Afrique des nations (CAN), par des "problèmes liés à la vérification de ses antécédents".

Accueilli en héros au pays

L'arbitre a finalement atterri mercredi à Mogadiscio et a été accueilli en héros dans son pays. Plus d'une centaine de personnes s'étaient rassemblées à l'aérodrome Adan Adde pour lui manifester leur soutien. De quoi lui faire retrouver le sourire.

"Malgré ce qui m'est arrivé, je ne suis pas découragé", leur a-t-il lancé. "Nous avons notre pays, la Somalie, et ce drapeau, dans les bons moments comme dans les mauvais. Nous devons défendre son honneur, rester fidèles à nos responsabilités et poursuivre nos efforts pour servir notre nation avec fierté."

"Je serai là à la prochaine Coupe du monde" en 2030, a-t-il promis

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