Le Parti Socialiste dresse un réquisitoire sans concession contre l’exécutif : « L'espoir a cédé la place au doute »

Rédigé par Dakarposte le Samedi 25 Juillet 2026 à 12:43 modifié le Samedi 25 Juillet 2026 14:44

Dans une déclaration d’une singulière gravité partagée par son porte-parole, Abdoulaye Wilane, le Parti Socialiste (PS) a rompu le silence pour poser un regard sans complaisance sur la marche actuelle de l'État.
Dressant le bilan de la gouvernance issue de l’alternance de mars 2024, la formation politique dénonce une transition douloureuse marquée par deux années d’instabilité chronique, d’effritement continu du pouvoir d’achat et de vives frictions institutionnelles. Pour le parti historique, le constat est sans appel : la ferveur des premiers jours s'est éteinte, laissant place au doute légitime et à une profonde lassitude populaire.

Au cœur de ce réquisitoire figure une critique acerbe de l’architecture même du pouvoir constitutionnel.
Le PS fustige l’émergence d’un « exécutif à deux têtes » au sommet de l’État, un bicéphalisme inédit rythmé par des rivalités feutrées et des divergences étalées sur la place publique entre la Présidence et la Primature.
Cette dyarchie conflictuelle, qui a culminé avec la démission du Premier ministre avant son accession au perchoir de l’Assemblée nationale, affaiblit l'autorité publique. « Le Sénégal ne peut pas se permettre un sommet de l’État qui fonctionne au rythme des rapports de force internes à un parti », a martelé avec force Abdoulaye Wilane, fustigeant la subordination des intérêts de la nation aux ambitions partisanes.

Le diagnostic socio-économique s'avère tout aussi sombre. Estimant que « le compte n’y est pas », la note politique égrène les maux qui assaillent le quotidien des Sénégalais : l'implacable cherté de la vie, le spectre persistant du chômage des jeunes, l'asphyxie fiscale des petites et moyennes entreprises, ainsi que le fardeau grandissant de la dette publique. Face à cet horizon obstrué, le parti déplore le drame continu de l’émigration irrégulière, symptôme tragique d’une jeunesse en perte de repères. Devant ce qu’il qualifie d'impasse, le Parti Socialiste en appelle désormais à un sursaut républicain et exige « l’ouverture, sans délai, d’un débat national sur la stabilité institutionnelle et la clarification des rôles au sommet de l’État ».
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