Le collectif syndical And Gueusseum durcit son mouvement et décrète un arrêt total de travail de 48 heures le 13 août prochain

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 26 Juillet 2026 à 15:15 modifié le Dimanche 26 Juillet 2026 17:15

L’Alliance des syndicats autonomes de la santé (ASAS) And Gueusseum vient de franchir un rubicon symbolique dans le conflit larvé qui l’oppose au gouvernement. Estimant que les promesses solennelles de l’autorité publique sont demeurées lettre morte, le directoire de cette coalition syndicale a dévoilé les contours de son treizième plan d’action. Ce nouveau chapitre de la contestation se distingue par une nette radicalisation, caractérisée par une cessation totale du travail durant quarante-huit heures, la suppression inédite du service minimum et le déclenchement d'une rétention systématique des données sanitaires et sociales.

Au terme de douze vagues successives de mobilisation, les leaders d’And Gueusseum saluent la constance et la ferveur exceptionnelles des agents de santé. Le mouvement revendique des taux de suivisme oscillant entre 98 % et 100 % dans la quasi-totalité des structures édilitaires et hospitalières du pays, des grands centres urbains jusqu'aux postes de santé les plus reculés. Pour le cartel, cette adhésion massive et sans faille traduit la résolution inflexible des travailleurs à exiger l’application pleine et entière des accords préalablement paraphés avec l’État.

Face à ce qu’ils qualifient d’« inertie persistante » des pouvoirs publics, les responsables syndicaux ont programmé un débrayage total les jeudi 13 et vendredi 14 août, soit au lendemain immédiat du Grand Magal de Touba. Par cette démonstration de force temporelle, And Gueusseum entend contraindre l'exécutif à sortir de sa léthargie et à juguler une crise sociale qui hypothèque l'avenir du secteur depuis de longs mois. En prélude à cette grève, le syndicat instaurera, dès le 10 août et pour une durée indéterminée, un embargo sur la transmission des informations sanitaires, tout en maintenant le boycott rigoureux des activités de supervision, de coordination et des interventions extramuros liées au Programme national de lutte contre la tuberculose.

Dans une mise au point qui résonne comme un défi lancé à l'administration, le communiqué précise que les grévistes observeront leur retrait depuis leur domicile respectif, s'affranchissant ainsi de toute obligation de diligence ou de soin. Le syndicat prend le soin de rappeler un principe constitutionnel fondamental : la responsabilité de garantir la continuité du service public de la santé incombe exclusivement à l’État, unique garant du bien-être des populations.

Le Directoire national n'a pas manqué de fustiger l’attitude du ministre de la Santé, déplorant son absence notable dans la quête d'une issue négociée. Il dénonce avec virulence les ponctions salariales, les intimidations à l'endroit des grévistes et l'absence d’un dialogue authentique indispensable à l'apurement du passif social hérité par le ministère. Fort de la conviction que « la victoire est à portée de main », le mouvement a conclu son manifeste en exhortant ses troupes à l’unité et à la vigilance face aux « manœuvres dilatoires » qu'il impute à l'autorité de tutelle.
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