Le crépuscule de l’impunité : l’OFNAC face aux silences coupables

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 2 Aout 2026 à 01:42 modifié le Dimanche 2 Aout 2026 03:42

L’échéance du 31 juillet 2026 a sonné le glas du sursis pour les commis de l’État. Désormais passibles de lourdes peines, les dirigeants n’ayant pas dévoilé leurs avoirs s’exposent au rigoureux verdict de la loi.


Le sablier s’est vidé. Depuis le vendredi 31 juillet, une ombre juridique plane sur les hautes sphères de l’administration publique. La date butoir, fixée pour la reddition des comptes patrimoniaux, s'est évanouie, laissant place au temps des sanctions. Pour les autorités qui ont choisi de draper leurs avoirs dans le voile du silence ou de la procrastination, l’heure de la complaisance est officiellement révolue.

Ce dénouement n’a pourtant rien d'une embuscade législative. Dès les premiers jours de juillet, Moustapha Kâ, président de l'Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC), s'était fait le héraut d’une intransigeance salutaire. Par un avertissement solennel, il rappelait que l’incivisme civique se paierait au prix fort : l’inscription infamante sur la liste publique des déclarants défaillants, prélude aux foudres pénales, administratives et pécuniaires gravées dans le marbre de la loi.


Le couperet des articles 5 et 16

La législation sénégalaise, à travers l'article 16 de son texte de référence, ne s'embarrasse guère de périphrases. Le refus de se plier à cette exigence de transparence, qu'il intervienne à l'aube d'une nomination ou au crépuscule d'une mission, engage la responsabilité pénale de son auteur. Passé le délai d'un mois après une mise en demeure formelle restée sans écho, le contrevenant s'expose à une peine d'emprisonnement variant de six mois à quatre ans, doublée d'une amende spoliatrice équivalant au tiers de son dernier patrimoine déclaré.

Pour les plus récalcitrants, le texte prévoit une mort civile et politique temporaire : l'interdiction absolue d'exercer toute fonction publique ou élective. C'est l'essence même de l'autorité morale de l'État qui se joue ici, interdisant à ceux qui violent la loi de prétendre la faire ou la servir.

Seule une circonstance exceptionnelle, relevant de la force majeure dument constatée et validée par les instances compétentes, saurait offrir un ultime refuge juridique à ces coupables retardataires. Pour les autres, le verdict de l'opinion publique et des tribunaux s'annonce implacable. La transparence n'est plus une option vertueuse ; elle est devenue le prix de la légitimité.


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