Au Sénégal, les passions constitutionnelles possèdent la vivacité des débats que l'on croyait à jamais scellés dans le grand livre de la République. À peine le parti Kiiraay a-t-il déployé ses étendards dans l'arène publique que certains de ses cadres, pris d’une étrange frénésie temporelle, brandissent déjà le mètre ruban pour décréter la brièveté du quinquennat.
« Cinq ans, c'est trop court », murmurent-ils, feignant d’oublier que pour l'exercice des rituels immuables du pouvoir — nominations de directeurs, inaugurations protocolaires et litanies de communiqués — le temps s'étire parfois comme une éternité.
L’argument économique avancé pour justifier cette régression chronologique ne manque pas de sel : l’organisation des scrutins grèverait les finances de l’État. À suivre cette logique comptable, il conviendrait alors de suspendre les conseils des ministres et de clore les tribunes médiatiques pour offrir au Trésor public l’illusion d'une salutaire économie.
Le paroxysme de cette mise en scène réside sans doute dans son orchestration. Lancer une controverse, observer l’incendie couver, puis tenter de l'éteindre par un opportun « Bon Magal », relève d'un art consommé du yoyo politique, où la bénédiction est détournée en extincteur institutionnel.
Face à cette velléité de modeler la Charte fondamentale au gré des convenances partisanes, la voix de Mimi Touré s'est élevée pour rappeler une vérité essentielle : la Constitution n'est pas une argile malléable.
Ses verrous furent forgés précisément pour prémunir la nation contre les tentations hégémoniques de chaque majorité nouvelle. Le mal profond de la classe politique réside peut-être là, dans cette manie singulière de vouloir mesurer la durée du mandat avant même d’avoir pu en évaluer les fruits, scruter l'horloge alors que les aiguilles du bilan entament à peine leur premier tour de cadran.
Cette résurgence du septennat ébranle à nouveau le corps social et la communauté juridique.
Babacar Ba, juriste et coordonnateur du Forum du Justiciable, a vigoureusement fustigé les propositions d'Arona Coumba Ndoffene Diouf, y voyant un débat délétère de nature à fracturer la cohésion nationale. Exigeant des sanctions exemplaires, il assimile cette démarche à un trouble manifeste à l'ordre public.
Pourtant, l'offensive de la mouvance présidentielle semble concertée. De Baye Mayoro Diop, directeur du CROUS de Bambey, au guide religieux Cheikh Ibrahima Diallo, les plaidoyers en faveur d'une révision constitutionnelle se multiplient.
Pour les observateurs avertis, cette succession de déclarations s’apparente à un ballon de sonde destiné à tester la résilience de l'opinion publique.
Mais, dans un contexte de marasme économique persistant, l'adhésion populaire à une telle réforme relève de la pure chimère.
Sur le plan du droit positif, l'entreprise se heurte à un mur d'airain : les « clauses d'éternité » qui sanctuarisent la durée et le nombre des mandats présidentiels.
La jurisprudence Macky Sall demeure à cet égard un précédent incontournable. Lorsque l'ancien président manifesta la volonté de réduire son septennat en cours, le Conseil constitutionnel lui opposa un veto catégorique, statuant que le mandat, propriété exclusive du peuple souverain, ne saurait être modifié en cours d'exercice.
En vertu du principe de parallélisme des formes, le président Bassirou Diomaye Faye, élu pour cinq ans, ne dispose d'aucun levier légal pour prolonger son bail au palais de l'avenue Roume.
Pourtant, selon des informations confidentielles issues des arcanes du pouvoir, l’idée d’une communication officielle ferait son chemin au plus haut sommet de l’État.
Il nous revient, en effet, que des conseillers de l’ombre s'activeraient à peaufiner une stratégie pour justifier ce rallongement, murmurant à l'oreille du chef de l'État l'opportunité d'une allocution solennelle dans les jours à venir.
Reste à savoir si la magistrature suprême choisira de céder aux sirènes du glissement temporel ou de se conformer à la rigueur des textes qui fondent la stabilité démocratique du Sénégal.
« Cinq ans, c'est trop court », murmurent-ils, feignant d’oublier que pour l'exercice des rituels immuables du pouvoir — nominations de directeurs, inaugurations protocolaires et litanies de communiqués — le temps s'étire parfois comme une éternité.
L’argument économique avancé pour justifier cette régression chronologique ne manque pas de sel : l’organisation des scrutins grèverait les finances de l’État. À suivre cette logique comptable, il conviendrait alors de suspendre les conseils des ministres et de clore les tribunes médiatiques pour offrir au Trésor public l’illusion d'une salutaire économie.
Le paroxysme de cette mise en scène réside sans doute dans son orchestration. Lancer une controverse, observer l’incendie couver, puis tenter de l'éteindre par un opportun « Bon Magal », relève d'un art consommé du yoyo politique, où la bénédiction est détournée en extincteur institutionnel.
Face à cette velléité de modeler la Charte fondamentale au gré des convenances partisanes, la voix de Mimi Touré s'est élevée pour rappeler une vérité essentielle : la Constitution n'est pas une argile malléable.
Ses verrous furent forgés précisément pour prémunir la nation contre les tentations hégémoniques de chaque majorité nouvelle. Le mal profond de la classe politique réside peut-être là, dans cette manie singulière de vouloir mesurer la durée du mandat avant même d’avoir pu en évaluer les fruits, scruter l'horloge alors que les aiguilles du bilan entament à peine leur premier tour de cadran.
Cette résurgence du septennat ébranle à nouveau le corps social et la communauté juridique.
Babacar Ba, juriste et coordonnateur du Forum du Justiciable, a vigoureusement fustigé les propositions d'Arona Coumba Ndoffene Diouf, y voyant un débat délétère de nature à fracturer la cohésion nationale. Exigeant des sanctions exemplaires, il assimile cette démarche à un trouble manifeste à l'ordre public.
Pourtant, l'offensive de la mouvance présidentielle semble concertée. De Baye Mayoro Diop, directeur du CROUS de Bambey, au guide religieux Cheikh Ibrahima Diallo, les plaidoyers en faveur d'une révision constitutionnelle se multiplient.
Pour les observateurs avertis, cette succession de déclarations s’apparente à un ballon de sonde destiné à tester la résilience de l'opinion publique.
Mais, dans un contexte de marasme économique persistant, l'adhésion populaire à une telle réforme relève de la pure chimère.
Sur le plan du droit positif, l'entreprise se heurte à un mur d'airain : les « clauses d'éternité » qui sanctuarisent la durée et le nombre des mandats présidentiels.
La jurisprudence Macky Sall demeure à cet égard un précédent incontournable. Lorsque l'ancien président manifesta la volonté de réduire son septennat en cours, le Conseil constitutionnel lui opposa un veto catégorique, statuant que le mandat, propriété exclusive du peuple souverain, ne saurait être modifié en cours d'exercice.
En vertu du principe de parallélisme des formes, le président Bassirou Diomaye Faye, élu pour cinq ans, ne dispose d'aucun levier légal pour prolonger son bail au palais de l'avenue Roume.
Pourtant, selon des informations confidentielles issues des arcanes du pouvoir, l’idée d’une communication officielle ferait son chemin au plus haut sommet de l’État.
Il nous revient, en effet, que des conseillers de l’ombre s'activeraient à peaufiner une stratégie pour justifier ce rallongement, murmurant à l'oreille du chef de l'État l'opportunité d'une allocution solennelle dans les jours à venir.
Reste à savoir si la magistrature suprême choisira de céder aux sirènes du glissement temporel ou de se conformer à la rigueur des textes qui fondent la stabilité démocratique du Sénégal.