Les mirages de la microfinance : le désarroi d’un épargnant face aux promesses de Witti Finances

Rédigé par Dakarposte le Mardi 28 Juillet 2026 à 12:06 modifié le Mardi 28 Juillet 2026 14:06

Sous le couvert de l’assistance aux exclus du système bancaire, certaines institutions financières sèment le trouble et le doute. Récit d'une mésaventure devenue monnaie courante à Dakar.


C’est l’histoire d’une ambition déçue, le récit d'un projet suspendu aux lèvres d'une institution qui, jadis, se targuait d'être le remède aux tourments financiers des plus modestes.
Le sieur Khadim Guèye, entrepreneur plein d'espoir, a poussé les portes de l'établissement Kajas Microfinance — fraîchement rebaptisé Witti Finances Sénégal à la suite de son rachat en avril 2026 par le groupe Witti Finances Holding.

Son objectif était limpide : solliciter un crédit pour matérialiser un projet qui lui tenait à cœur.

Conformément au protocole d'usage, le requérant a consigné l'intégralité des pièces administratives exigées et s'est acquitté de la somme de 50 000 francs CFA, correspondant aux frais d'ouverture et d'instruction de son dossier. C'était le 8 mai dernier.
Depuis cette date, un silence sépulcral enveloppe sa requête. Point d'appel, point de visite d'évaluation, rien qui pût témoigner de la diligence de l'institution.

Inquiet de cette inertie, Khadim s'est résolu à retourner sur les lieux deux semaines plus tard. C’est alors que la stupéfaction l’a disputé à l’indignation : l'administration de la microfinance lui a signifié, avec une froideur déconcertante, que le solde de son compte affichait un néant absolu.
Les fonds versés s’étaient volatilisés dans les rouages comptables de l'agence.

Le mutisme d'une institution en pleine mutation

Soucieuse d’équité et de rigueur déontologique, notre rédaction a tenté à maintes reprises de joindre les responsables de Witti Finances Sénégal afin de recueillir leur version des faits.
Force est de constater que la devise de l’enseigne, « L'Épargne et le Crédit, la solution à vos soucis », résonne aujourd'hui comme une ironie amère.
Au bout du fil, les langues se lient, les interlocuteurs se dérobent et personne ne consent à rompre le sceau du secret qui entoure cette affaire.
Nos colonnes leur demeurent néanmoins ouvertes s’ils jugeaient opportun d’apporter un droit de réponse ou une mise au point éclairante.
Malheureusement, le préjudice subi par Khadim ne saurait être brandi comme un cas isolé. Les échos qui nous parviennent dénoncent la récurrence de ces pratiques occultes au sein de plusieurs structures de microfinance de la place, installées pourtant depuis 2008 pour démocratiser l'accès au capital.
Devant la multiplication de ces dérives qui fragilisent les épargnants, l’inertie n’est plus de mise.
L'arbitrage des autorités étatiques, et plus particulièrement du ministère de tutelle, est aujourd'hui vivement interpellé pour assainir un secteur en quête de transparence et restaurer la confiance des citoyens.
Mamadou Ndiaye
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