Le Brésil n'a finalement pas viré à droite. Le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a été réélu ce dimanche 25 octobre, décrochant contre toute attente un quatrième mandat inédit, mais son rival conservateur Flavio Bolsonaro a annoncé son intention de faire annuler le scrutin.
Avec 51,8% des voix contre 48,2% pour le sénateur Flavio Bolsonaro, le vétéran qui aura 81 ans ce mardi a déjoué tous les pronostics. Et conquis 4,4 millions de voix de plus que son adversaire. Il avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'État.
Le vote prolongé de deux heures
Les Brésiliens "sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie", a lancé Lula depuis São Paulo. La voix plus éraillée que jamais, il a remercié "la générosité de la jeunesse brésilienne", qui dans l'entre-deux-tours est descendue dans les rues et s'est mobilisée sur les réseaux sociaux pour obtenir une "virada", comme les Brésiliens appellent une remontada dans un match de foot.
Pour son quatrième mandat, la marge de manœuvre du chef de l'État s'annonce cependant limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.
La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale. Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures.
L'équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.
Flavio Bolsonaro conteste sa défaite
"Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flavio Bolsonaro, visage fermé, après la proclamation des résultats. Depuis Brasília, il a fustigé une "magouille". Son camp avait pourtant également réclamé une prolongation du vote dans deux régions, en raison de "pluies intenses".
Son père avait lui aussi refusé de reconnaître sa défaite en 2022 face à Lula. Il purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée.
C'est la première fois qu'un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985).
À l'annonce du résultat, une foule de sympathisants a laissé éclater sa joie, notamment sur l'emblématique avenue Paulista de São Paulo, où le vainqueur a été acclamé par des milliers de personnes. "Je suis très émue. C'est une victoire historique pour le président Lula. Le peuple s'est mobilisé, s'est uni", dit à l'AFP Mariana Andrade, avocate de 33 ans à Rio de Janeiro.
Meta dans le viseur de Lula
Du point de vue personnel, la réélection de l'icône de gauche couronne une trajectoire hors du commun. Et est un ultime pied de nez au destin pour l'ancien gamin pauvre du Pernambouc (nord-est).
Il détenait déjà un record: aucun président démocratiquement élu n'a dirigé aussi longtemps le Brésil. Celui qui est un des dirigeants les plus âgés au monde aura 85 ans au terme de son dernier mandat en 2030. Il totalisera ainsi 16 années au pouvoir, après un premier passage à la présidence de 2003 à 2010.
Lula a conjuré l'usure du temps et une lassitude très forte à l'égard de son Parti des travailleurs (PT). Le PT reste associé par beaucoup aux scandales qui l'ont abîmé dans les années 2000. Son leader lui-même a connu l'opprobre d'une condamnation pour corruption qui lui a valu la prison en 2018-2019, avant d'être annulée pour motifs de procédure.
Durant sa campagne, le vieux lion a brandi l'étendard de la souveraineté, face aux pressions commerciales et diplomatiques des États-Unis. Mais c'est Meta qui dans les derniers jours a été la cible des attaques de la gauche. La maison mère de Facebook, WhatsApp et Instagram a été accusée par l'équipe de Lula d'"ingérence" et de favoriser le fils Bolsonaro. Dimanche soir, le président a promis de "réguler" les réseaux sociaux.
Le géant américain de la tech a nié tout parti pris, mais reconnu des "problèmes techniques" ayant pénalisé la campagne de gauche sur ses plateformes.
Avec 51,8% des voix contre 48,2% pour le sénateur Flavio Bolsonaro, le vétéran qui aura 81 ans ce mardi a déjoué tous les pronostics. Et conquis 4,4 millions de voix de plus que son adversaire. Il avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'État.
Le vote prolongé de deux heures
Les Brésiliens "sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie", a lancé Lula depuis São Paulo. La voix plus éraillée que jamais, il a remercié "la générosité de la jeunesse brésilienne", qui dans l'entre-deux-tours est descendue dans les rues et s'est mobilisée sur les réseaux sociaux pour obtenir une "virada", comme les Brésiliens appellent une remontada dans un match de foot.
Pour son quatrième mandat, la marge de manœuvre du chef de l'État s'annonce cependant limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.
La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale. Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures.
L'équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.
Flavio Bolsonaro conteste sa défaite
"Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flavio Bolsonaro, visage fermé, après la proclamation des résultats. Depuis Brasília, il a fustigé une "magouille". Son camp avait pourtant également réclamé une prolongation du vote dans deux régions, en raison de "pluies intenses".
Son père avait lui aussi refusé de reconnaître sa défaite en 2022 face à Lula. Il purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée.
C'est la première fois qu'un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985).
À l'annonce du résultat, une foule de sympathisants a laissé éclater sa joie, notamment sur l'emblématique avenue Paulista de São Paulo, où le vainqueur a été acclamé par des milliers de personnes. "Je suis très émue. C'est une victoire historique pour le président Lula. Le peuple s'est mobilisé, s'est uni", dit à l'AFP Mariana Andrade, avocate de 33 ans à Rio de Janeiro.
Meta dans le viseur de Lula
Du point de vue personnel, la réélection de l'icône de gauche couronne une trajectoire hors du commun. Et est un ultime pied de nez au destin pour l'ancien gamin pauvre du Pernambouc (nord-est).
Il détenait déjà un record: aucun président démocratiquement élu n'a dirigé aussi longtemps le Brésil. Celui qui est un des dirigeants les plus âgés au monde aura 85 ans au terme de son dernier mandat en 2030. Il totalisera ainsi 16 années au pouvoir, après un premier passage à la présidence de 2003 à 2010.
Lula a conjuré l'usure du temps et une lassitude très forte à l'égard de son Parti des travailleurs (PT). Le PT reste associé par beaucoup aux scandales qui l'ont abîmé dans les années 2000. Son leader lui-même a connu l'opprobre d'une condamnation pour corruption qui lui a valu la prison en 2018-2019, avant d'être annulée pour motifs de procédure.
Durant sa campagne, le vieux lion a brandi l'étendard de la souveraineté, face aux pressions commerciales et diplomatiques des États-Unis. Mais c'est Meta qui dans les derniers jours a été la cible des attaques de la gauche. La maison mère de Facebook, WhatsApp et Instagram a été accusée par l'équipe de Lula d'"ingérence" et de favoriser le fils Bolsonaro. Dimanche soir, le président a promis de "réguler" les réseaux sociaux.
Le géant américain de la tech a nié tout parti pris, mais reconnu des "problèmes techniques" ayant pénalisé la campagne de gauche sur ses plateformes.