Macky Sall candidat à l’ONU : Diomaye Faye assume un soutien qui divise au Sénégal

Rédigé par Dakarposte le Samedi 26 Septembre 2026 à 02:18 modifié le Samedi 26 Septembre 2026 04:19

Dans le théâtre solennel du multilatéralisme new-yorkais, les poignées de main cachent parfois des abîmes de paradoxes. La 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU restera, pour le Sénégal, celle d’un stupéfiant ballet diplomatique où le présent s’est fait le héraut du passé.

Par un message d'une courtoisie souveraine publié sur ses réseaux sociaux, l’ancien président Macky Sall a publiquement exprimé sa gratitude envers son successeur, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’envers le président burundais Évariste Ndayishimiye, pour le soutien renouvelé à sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies.

Derrière la sobriété de ce protocole virtuel se joue pourtant une tragédie politique moderne qui secoue Dakar et fascine les chancelleries. À New York, les couloirs du temple des nations ont été le décor d’intenses tractations de haute voltige.

Bassirou Diomaye Faye, propulsé au pouvoir quelques mois plus tôt par une vague de contestation populaire contre le régime précédent, s’est mué en VRP de luxe pour son ancien rival. On l'a vu échanger longuement avec le président français Emmanuel Macron.

Cet axe Dakar-Paris, redéfini sous l'ombre portée de la succession d'António Guterres, témoigne d'une diplomatie qui s'exerce au-dessus des passions domestiques, là où les verrous du Conseil de sécurité imposent un réalisme de fer [RFI et France 24].

Mais c’est une prise de parole médiatique, sur les antennes de RFI et France 24, qui a véritablement mis le feu aux poudres et déclenché un tollé mémorable [RFI et France 24]. Interrogé sur la légitimité de porter la candidature de l’homme qui l'avait fait incarcérer, le jeune chef de l’État a balayé le pessimisme ambiant avec une hauteur de vue qui déroute jusqu'à ses propres partisans. "Qui de mieux aujourd'hui pour défendre une meilleure place de l'Afrique que le président Macky Sall ?", a-t-il lancé, plaidant que nul autre n'était mieux armé pour contester l'architecture financière internationale et porter le fardeau des pays du Sud [RFI et France 24].

Cette plaidoirie, d'une audace inattendue, résonne à Dakar comme un séisme. Pour les militants de la première heure et les victimes des tensions passées, voir le Président défendre avec une telle ferveur son prédécesseur relève d'une dissonance presque douloureuse. La Toile s'enflamme, oscillant entre l’incompréhension blessée des uns, qui y voient un reniement, et l'admiration des autres, qui saluent une éclatante leçon de continuité républicaine et de maturité étatique.

À New York, les rancœurs de la politique intérieure sénégalaise se sont effacées devant la majesté de la raison d'État. En choisissant d'élever la voix pour Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye a rappelé une vérité immémoriale : les hommes passent, les régimes changent, mais la signature et le prestige d'une nation restent indivisibles sous les cieux du monde.

Mamadou Ndiaye
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