Mamadou Kassé quitte l’APR : derrière la « douloureuse décision », les calculs d’une transhumance

Rédigé par Dakarposte le Samedi 12 Septembre 2026 à 05:57 modifié le Samedi 12 Septembre 2026 07:57

Le feuilleton de la déchéance morale et du reniement politique vient d’enregistrer un nouvel épisode avec la démission officielle de Mamadou Kassé de l’Alliance Pour la République (APR).

Dans une déclaration au ton sirupeux parvenue à la presse ce samedi 12 septembre 2026, l'ancien protégé de Macky Sall invoque une « douloureuse décision » et feint d'ouvrir un « nouveau chapitre » de son engagement sous le sceau de l'humilité.

Une rhétorique lénifiante qui peine à masquer une vérité d'une trivialité affligeante : à l'instar d'un cheptel d'opportunistes jamais rassasiés, le voilà en plein téléchargement vers les prairies vertes du mouvement présidentiel « Kiraay », là où le pouvoir et les prébendes coulent à flots, pendant que le peuple sénégalais ne voit même plus la queue du diable pour la tirer.

Quand un parti vous a tout donné — des strapontins de haut niveau assortis d'avantages hautement juteux —, la décence et le Ngor (l'honneur) auraient commandé de rester dignement dans l'opposition. Mais le courage politique de ces parvenus semble s'arrêter là où s'éteignent les délices du pouvoir.

Cette transhumance pour la survie alimentaire suscite l'ire légitime de ses anciens camarades et des observateurs locaux.
Dans une cinglante mise au point, Saliou Dieng, Responsable régional de l’URD et Conseiller départemental à Tambacounda, tire à boulets rouges sur le déserteur : « C'est un traître et c'est tout ! Si ces gens avaient un quelconque poids électoral, Amadou Ba aurait été élu président. Mamadou Kassé a été créé de toutes pièces par le président Macky Sall qui l'a parachuté à Tamba, où il était un illustre inconnu, vivant dans l'ombre de son regretté père, le Professeur Moustapha Kassé. C'est grâce au Premier ministre Me Sidiki Kaba qu'il a pu exister politiquement et qu'il est devenu président du Conseil départemental de Tamba, un rêve qu'il n'aurait jamais imaginé accomplir. Je le jure sur le Saint Coran, il n’a jamais gagné son propre bureau ni son centre de vote à l'école Plateau ! ».

Derrière ce départ théâtral se cache en réalité un piètre calcul d'appareil à l'ère de la mondialisation et de la transparence.
Ne pesant pas mille électeurs à Tambacounda et incapable de mobiliser un seul car de militants à la base, Kassé tente une énième manipulation. Conscient que son maintien à l'APR l'aurait privé de l'appareil départemental — puisqu'il n'a été porté à sa tête que par la béquille des huit maires du département —, ce petit calculateur feint de créer un mouvement indépendant pour négocier une alliance au sommet avec le pouvoir.
Reste à savoir si les maires de Tambacounda, partis à « Kiraay » bien avant lui, accepteront de se faire rouler dans la farine par celui qui passait son temps à instrumentaliser leur fidélité pour résister à Me Sidiki Kaba.
À moins qu'il ne se fasse doubler par l'autre champion toutes catégories du reniement local, le maire de Tamba, Papa Banda Diéye, authentique caméléon ayant déjà navigué du PS à l'AFP, puis de l'APR à PASTEF pour finir aujourd'hui à « Kiraay ».
Pour Mamadou Kassé, l'illusion d'une stature nationale vient de se briser sur l'autel du mépris public.

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