Dans une atmosphère chargée d’enjeux politiques, sous nos cieux, Aminata Touré, dite Mimi, a fait face à la presse pour livrer sa lecture des derniers développements de l’actualité nationale.
Entourée notamment de plusieurs directeurs généraux et responsables publics, elle entendait éclairer l’opinion sur deux questions qui ont récemment retenu l’attention : la déclaration de patrimoine et la réforme envisagée autour des fonds spéciaux.
Mais derrière ces deux sujets institutionnels, une autre tonalité s’est rapidement imposée.
Celle d’une réponse ferme, parfois mordante, aux déclarations d’Ousmane Sonko. Mimi Touré n’a manifestement pas voulu laisser passer ce qu’elle considère comme des contradictions, des approximations et, plus largement, une entreprise d’intoxication de l’opinion.
Entourée notamment de plusieurs directeurs généraux et responsables publics, elle entendait éclairer l’opinion sur deux questions qui ont récemment retenu l’attention : la déclaration de patrimoine et la réforme envisagée autour des fonds spéciaux.
Mais derrière ces deux sujets institutionnels, une autre tonalité s’est rapidement imposée.
Celle d’une réponse ferme, parfois mordante, aux déclarations d’Ousmane Sonko. Mimi Touré n’a manifestement pas voulu laisser passer ce qu’elle considère comme des contradictions, des approximations et, plus largement, une entreprise d’intoxication de l’opinion.
La déclaration de patrimoine : « une porte déjà largement ouverte »
Sur la déclaration de patrimoine du président de la République, Aminata Touré estime que les députés n’ont fait, pour l’essentiel, qu’enfoncer une porte déjà ouverte. Elle rappelle que Bassirou Diomaye Faye avait déjà déclaré son patrimoine au moment de son élection et que celui-ci avait été publié par le Conseil constitutionnel.
À ses yeux, il n’y avait donc aucune ambiguïté sur la volonté du chef de l’État de se soumettre à cette exigence de transparence. Quant à une éventuelle déclaration de patrimoine à la fin de son mandat, elle affirme que le président n’y voit aucun obstacle et qu’il s’y soumettra, si Dieu le veut, à l’issue de son second mandat.
Mais Mimi Touré relève surtout ce qu’elle considère comme une omission significative dans la proposition parlementaire : l’absence d’obligation similaire visant le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.
Or, soutient-elle, l’exigence de transparence ne saurait être à géométrie variable. Si la République entend ériger la probité et la transparence en principes, ceux-ci doivent s’appliquer à l’ensemble des plus hautes autorités de l’État.
Elle rappelle également que le président de la République a proposé d’aller plus loin en rendant obligatoire la déclaration de patrimoine pour tout candidat à l’élection présidentielle.
Sur la déclaration de patrimoine du président de la République, Aminata Touré estime que les députés n’ont fait, pour l’essentiel, qu’enfoncer une porte déjà ouverte. Elle rappelle que Bassirou Diomaye Faye avait déjà déclaré son patrimoine au moment de son élection et que celui-ci avait été publié par le Conseil constitutionnel.
À ses yeux, il n’y avait donc aucune ambiguïté sur la volonté du chef de l’État de se soumettre à cette exigence de transparence. Quant à une éventuelle déclaration de patrimoine à la fin de son mandat, elle affirme que le président n’y voit aucun obstacle et qu’il s’y soumettra, si Dieu le veut, à l’issue de son second mandat.
Mais Mimi Touré relève surtout ce qu’elle considère comme une omission significative dans la proposition parlementaire : l’absence d’obligation similaire visant le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale.
Or, soutient-elle, l’exigence de transparence ne saurait être à géométrie variable. Si la République entend ériger la probité et la transparence en principes, ceux-ci doivent s’appliquer à l’ensemble des plus hautes autorités de l’État.
Elle rappelle également que le président de la République a proposé d’aller plus loin en rendant obligatoire la déclaration de patrimoine pour tout candidat à l’élection présidentielle.
Les fonds spéciaux : le cœur de la controverse
C’est toutefois sur la question des fonds spéciaux que le ton s’est durci. Aminata Touré s’est appuyée sur le décret de 2004 relatif au Fonds de développement de la Casamance, communément appelé Fonds Diam, placé sous la responsabilité du Premier ministre. Elle souligne que les dispositions du texte prévoient que ces fonds ne font pas l’objet de justification classique.
Pour elle, cette disposition suffit à établir leur caractère particulier et justifie que la question de leur utilisation soit posée avec sérieux.
Elle s’est alors directement attaquée aux explications données récemment par Ousmane Sonko sur l’utilisation de ces ressources. Selon elle, le Premier ministre a notamment évoqué l’acquisition de véhicules d’occasion ainsi que des travaux de réfection du Building administratif.
Une telle utilisation, estime-t-elle, appelle des explications : quel rapport entre l’achat de véhicules ou la réfection d’un bâtiment administratif et les opérations liées à la paix en Casamance ? La question, dans son esprit, n’est pas simplement comptable. Elle est politique, institutionnelle et morale.
C’est toutefois sur la question des fonds spéciaux que le ton s’est durci. Aminata Touré s’est appuyée sur le décret de 2004 relatif au Fonds de développement de la Casamance, communément appelé Fonds Diam, placé sous la responsabilité du Premier ministre. Elle souligne que les dispositions du texte prévoient que ces fonds ne font pas l’objet de justification classique.
Pour elle, cette disposition suffit à établir leur caractère particulier et justifie que la question de leur utilisation soit posée avec sérieux.
Elle s’est alors directement attaquée aux explications données récemment par Ousmane Sonko sur l’utilisation de ces ressources. Selon elle, le Premier ministre a notamment évoqué l’acquisition de véhicules d’occasion ainsi que des travaux de réfection du Building administratif.
Une telle utilisation, estime-t-elle, appelle des explications : quel rapport entre l’achat de véhicules ou la réfection d’un bâtiment administratif et les opérations liées à la paix en Casamance ? La question, dans son esprit, n’est pas simplement comptable. Elle est politique, institutionnelle et morale.
Les démineurs et l’argent de la Casamance
Pour appuyer son argumentaire, Mimi Touré a évoqué la question du déminage en Casamance. Elle rappelle que la coopération japonaise a permis au Sénégal d’acquérir des engins spécialisés destinés à débarrasser les zones concernées des mines antipersonnel.
Mais ces équipements, selon elle, ont rencontré des difficultés logistiques pour être acheminés sur les sites d’intervention.
Dès lors, elle s’interroge : comment comprendre que des ressources destinées à la Casamance puissent être mobilisées pour d’autres dépenses alors que les besoins opérationnels sur le terrain demeurent importants ?
À travers cette démonstration, Aminata Touré cherche surtout à mettre en lumière ce qu’elle considère comme une contradiction fondamentale entre le discours tenu sur la nécessité de réserver strictement ces fonds aux questions de sécurité et leur utilisation effective.
Pour appuyer son argumentaire, Mimi Touré a évoqué la question du déminage en Casamance. Elle rappelle que la coopération japonaise a permis au Sénégal d’acquérir des engins spécialisés destinés à débarrasser les zones concernées des mines antipersonnel.
Mais ces équipements, selon elle, ont rencontré des difficultés logistiques pour être acheminés sur les sites d’intervention.
Dès lors, elle s’interroge : comment comprendre que des ressources destinées à la Casamance puissent être mobilisées pour d’autres dépenses alors que les besoins opérationnels sur le terrain demeurent importants ?
À travers cette démonstration, Aminata Touré cherche surtout à mettre en lumière ce qu’elle considère comme une contradiction fondamentale entre le discours tenu sur la nécessité de réserver strictement ces fonds aux questions de sécurité et leur utilisation effective.
« Il bénéficiait lui-même des fonds spéciaux »
C’est à ce moment que la charge contre Ousmane Sonko s’est faite plus personnelle. Aminata Touré affirme que l’actuel Premier ministre, lorsqu’il exerçait les fonctions de haut représentant du président de la République, a lui-même bénéficié à plusieurs reprises des fonds spéciaux présidentiels.
Elle relève ainsi, avec une certaine ironie, la contradiction qu’elle perçoit entre l’usage passé de ces ressources et les critiques formulées aujourd’hui contre leur existence ou leurs modalités de gestion.
Son argument est simple : on ne peut, selon elle, condamner un mécanisme dont on a soi-même bénéficié lorsqu’il servait ses propres responsabilités, puis en dénoncer le principe une fois placé à la tête du gouvernement.
C’est à ce moment que la charge contre Ousmane Sonko s’est faite plus personnelle. Aminata Touré affirme que l’actuel Premier ministre, lorsqu’il exerçait les fonctions de haut représentant du président de la République, a lui-même bénéficié à plusieurs reprises des fonds spéciaux présidentiels.
Elle relève ainsi, avec une certaine ironie, la contradiction qu’elle perçoit entre l’usage passé de ces ressources et les critiques formulées aujourd’hui contre leur existence ou leurs modalités de gestion.
Son argument est simple : on ne peut, selon elle, condamner un mécanisme dont on a soi-même bénéficié lorsqu’il servait ses propres responsabilités, puis en dénoncer le principe une fois placé à la tête du gouvernement.
La séparation des pouvoirs au centre du débat
La conférence de presse a également porté sur la volonté de l’Assemblée nationale de contrôler directement les fonds de l’exécutif.
Sur ce point, Mimi Touré estime qu’il existe un risque de confusion des rôles institutionnels.
Elle rappelle que l’Assemblée nationale vote le budget, tandis que l’exécutif l’exécute, avant que les comptes ne puissent être examinés dans le cadre des procédures de contrôle prévues par les lois de finances.
Elle considère donc que la saisine du Conseil constitutionnel sur cette question est pleinement légitime et attend de la juridiction qu’elle tranche le débat.
Pour elle, le principe de séparation des pouvoirs ne saurait être relégué au second plan au gré des circonstances politiques.
La conférence de presse a également porté sur la volonté de l’Assemblée nationale de contrôler directement les fonds de l’exécutif.
Sur ce point, Mimi Touré estime qu’il existe un risque de confusion des rôles institutionnels.
Elle rappelle que l’Assemblée nationale vote le budget, tandis que l’exécutif l’exécute, avant que les comptes ne puissent être examinés dans le cadre des procédures de contrôle prévues par les lois de finances.
Elle considère donc que la saisine du Conseil constitutionnel sur cette question est pleinement légitime et attend de la juridiction qu’elle tranche le débat.
Pour elle, le principe de séparation des pouvoirs ne saurait être relégué au second plan au gré des circonstances politiques.
Une réponse à « l’intoxication de l’opinion »
Après les questions institutionnelles, Mimi Touré a abordé plus directement les attaques dont elle estime avoir fait l’objet. Elle assure que sa réponse n’est pas motivée par une volonté personnelle de polémique, mais par la nécessité de ne plus laisser se propager, selon elle, des affirmations susceptibles d’induire les Sénégalais en erreur.
Elle s’adresse particulièrement à la jeunesse, qu’elle considère comme une cible privilégiée des récits politiques qu’elle juge approximatifs ou volontairement déformés.
Aminata Touré rappelle à cet égard avoir elle-même déclaré son patrimoine à une époque où aucune obligation légale ne l’y contraignait.
Derrière cette évocation, c’est toute une conception de l’engagement public qu’elle revendique : celle d’une responsabilité qui ne devrait pas attendre que la loi impose ce que la conscience commande.
Après les questions institutionnelles, Mimi Touré a abordé plus directement les attaques dont elle estime avoir fait l’objet. Elle assure que sa réponse n’est pas motivée par une volonté personnelle de polémique, mais par la nécessité de ne plus laisser se propager, selon elle, des affirmations susceptibles d’induire les Sénégalais en erreur.
Elle s’adresse particulièrement à la jeunesse, qu’elle considère comme une cible privilégiée des récits politiques qu’elle juge approximatifs ou volontairement déformés.
Aminata Touré rappelle à cet égard avoir elle-même déclaré son patrimoine à une époque où aucune obligation légale ne l’y contraignait.
Derrière cette évocation, c’est toute une conception de l’engagement public qu’elle revendique : celle d’une responsabilité qui ne devrait pas attendre que la loi impose ce que la conscience commande.
Le dossier du Conseil économique, social et environnemental
La conférencière s’est ensuite défendue contre les accusations portant sur sa gestion passée du Conseil économique, social et environnemental.
Aminata Touré rappelle avoir, à l’époque, proposé une audition publique de l’ancien président Abdoulaye Wade dans le cadre du rapport concerné, en présence notamment de ses prédécesseurs et successeurs.
Selon elle, aucune suite judiciaire n’avait alors été justifiée par les éléments disponibles. Mimi Touré conteste donc vivement la manière dont le dossier est aujourd’hui remis sur le devant de la scène et estime que les poursuites annoncées relèvent davantage d’une volonté de ciblage politique que d’une véritable recherche de vérité.
Mais, elle affirme ne rien redouter de la justice.
Au contraire, elle dit attendre avec sérénité que celle-ci examine les faits et se prononce en toute indépendance.
La conférencière s’est ensuite défendue contre les accusations portant sur sa gestion passée du Conseil économique, social et environnemental.
Aminata Touré rappelle avoir, à l’époque, proposé une audition publique de l’ancien président Abdoulaye Wade dans le cadre du rapport concerné, en présence notamment de ses prédécesseurs et successeurs.
Selon elle, aucune suite judiciaire n’avait alors été justifiée par les éléments disponibles. Mimi Touré conteste donc vivement la manière dont le dossier est aujourd’hui remis sur le devant de la scène et estime que les poursuites annoncées relèvent davantage d’une volonté de ciblage politique que d’une véritable recherche de vérité.
Mais, elle affirme ne rien redouter de la justice.
Au contraire, elle dit attendre avec sérénité que celle-ci examine les faits et se prononce en toute indépendance.
« La justice ne statue pas sur les inimitiés »
Dans l’un des passages les plus fermes de son intervention, Mimi Touré rappelle que la justice ne saurait être instrumentalisée pour régler des comptes politiques. Elle souligne qu’on ne peut poursuivre quelqu’un simplement parce qu’il déplaît, parce qu’il constitue un obstacle politique ou parce que son action dérange.
La justice, insiste-t-elle, doit statuer sur des faits. Cette confiance affichée dans l’institution judiciaire constitue aussi une manière de retourner contre ses adversaires l’arme de la procédure qu’ils brandissent contre elle.
Dans l’un des passages les plus fermes de son intervention, Mimi Touré rappelle que la justice ne saurait être instrumentalisée pour régler des comptes politiques. Elle souligne qu’on ne peut poursuivre quelqu’un simplement parce qu’il déplaît, parce qu’il constitue un obstacle politique ou parce que son action dérange.
La justice, insiste-t-elle, doit statuer sur des faits. Cette confiance affichée dans l’institution judiciaire constitue aussi une manière de retourner contre ses adversaires l’arme de la procédure qu’ils brandissent contre elle.
Mimi Touré n’a pas non plus manqué de rappeler qu’Ousmane Sonko, lorsqu’il se trouvait en prison, avait eu avec elle des échanges et qu’il avait alors sollicité son concours pour pouvoir communiquer.
Elle souligne qu’à cette époque, les rapports entre eux n’étaient manifestement pas ceux d’aujourd’hui.
Cette évocation, loin d’être anodine, vise à rappeler que les relations politiques évoluent, que les alliances se font et se défont, et que les positions présentes ne doivent pas effacer les réalités d’hier.
Elle a également laissé entendre que certains épisodes liés au report de l’élection présidentielle pourraient, si cela devenait nécessaire, être éclaircis par ceux qui en furent les témoins directs.
Selon elle, les acteurs sont toujours là, les intermédiaires également, et une confrontation publique pourrait permettre de rétablir les faits.
Elle souligne qu’à cette époque, les rapports entre eux n’étaient manifestement pas ceux d’aujourd’hui.
Cette évocation, loin d’être anodine, vise à rappeler que les relations politiques évoluent, que les alliances se font et se défont, et que les positions présentes ne doivent pas effacer les réalités d’hier.
Elle a également laissé entendre que certains épisodes liés au report de l’élection présidentielle pourraient, si cela devenait nécessaire, être éclaircis par ceux qui en furent les témoins directs.
Selon elle, les acteurs sont toujours là, les intermédiaires également, et une confrontation publique pourrait permettre de rétablir les faits.
Une nouvelle posture face au pouvoir
Au terme de son intervention, Aminata Touré a surtout délivré un message de fermeté.
Elle dit avoir pris acte du changement de contexte politique et entend désormais répondre différemment à ce qu’elle considère comme des attaques injustifiées.
Elle refuse que l’opinion soit, selon ses termes, intoxiquée et affirme qu’elle ne laissera plus personne porter atteinte impunément à la dignité de citoyens ou de responsables publics.
Derrière les questions de patrimoine, de fonds spéciaux, de contrôle parlementaire et de gestion publique, c’est donc un affrontement politique plus profond qui s’est dessiné.
Face à Ousmane Sonko, Mimi Touré a choisi de ne pas esquiver la confrontation. Elle a répondu point par point, rappelé des épisodes du passé et retourné contre le Premier ministre certaines des accusations qu’elle estime aujourd’hui dirigées contre elle.
Une chose ressort de cette conférence de presse : le temps de la retenue semble, pour elle, révolu. Désormais, Aminata Touré entend répondre, contester et, surtout, ne plus laisser passer ce qu’elle considère comme des contrevérités sans y opposer sa propre version des faits.
Au terme de son intervention, Aminata Touré a surtout délivré un message de fermeté.
Elle dit avoir pris acte du changement de contexte politique et entend désormais répondre différemment à ce qu’elle considère comme des attaques injustifiées.
Elle refuse que l’opinion soit, selon ses termes, intoxiquée et affirme qu’elle ne laissera plus personne porter atteinte impunément à la dignité de citoyens ou de responsables publics.
Derrière les questions de patrimoine, de fonds spéciaux, de contrôle parlementaire et de gestion publique, c’est donc un affrontement politique plus profond qui s’est dessiné.
Face à Ousmane Sonko, Mimi Touré a choisi de ne pas esquiver la confrontation. Elle a répondu point par point, rappelé des épisodes du passé et retourné contre le Premier ministre certaines des accusations qu’elle estime aujourd’hui dirigées contre elle.
Une chose ressort de cette conférence de presse : le temps de la retenue semble, pour elle, révolu. Désormais, Aminata Touré entend répondre, contester et, surtout, ne plus laisser passer ce qu’elle considère comme des contrevérités sans y opposer sa propre version des faits.