Dans l'affaire opposant l'homme d'affaires Moustapha Ndiaye (PDG de CCMN) à Mohamed Aly Srour, les récentes révélations de Moustapha Ndiaye (voir article sur la Une de dakarposte) ont relancé le débat public sur une éventuelle intervention du Procureur de la République.
Critiqué, depuis le déclenchement de l'expulsion, sur les réseaux sociaux, l'importateur de riz a livré des révélations chocs dans les colonnes du quotidien L'Observateur qui ont fini de déconstruire le récit de l'expulsion du sieur Srour. Ce dernier, initialement présenté sur les réseaux sociaux comme une victime, a réussi , à travers une mise en scène à se faire passer pour la victime pour obtenir la compassion, éviter les poursuites et faire culpabiliser le vrai propriétaire.
Srour, a pourrait-on dire, adopté une stratégie de manipulation classique, souvent qualifiée d'inversion des rôles ou de victimisation narcissique: le manipulateur cherche à contrôler la narration, à s'attirer la sympathie du public et à culpabiliser le véritable propriétaire pour éviter les conséquences juridiques de son occupation illicite. Une prouesse qu'il a réussi .
En exposant sa famille, ses enfants, entre autres acolytes, tous - comme s'ils s'étaient passés le mot- versant des larmes de crocodile devant la caméra de dakarbuzz, Srour, loin d'être tête de linotte, s'est crée une image de "bon parent" ou de "victime des circonstances". En vrai acteur, pour ne pas dire comédien, il a compris qu'il est difficile de critiquer quelqu'un qui semble porter le monde sur ses épaules. Srour a utilisé l'arme de la vulnérabilité: Pleurer sur commande déclenche un réflexe biologique de protection chez les autres. C'est ce qu'on appelle le "chantage à l'émotion" : il devient impossible de le confronter.
Cette pièce, superbement mise en scène , traite du père de famille, désespéré, déboussolé, dans la mélasse, tenaillé par une situation de détresse extrême. L' appel à l'aide, lancé par un père ou une famille menacée d'expulsion, déclenchera , spontanément, un élan de générosité des Sénégalais . Sa pièce de théâtre suscitera, naturellement, une vive émotion, entraînant le lancement d'une cagnotte solidaire pour tenter de racheter le terrain. L' initiative réussit à la vitesse de l'éclair grâce au partage sur les réseaux sociaux, permettant de récolter des fonds, pas moins de 50 briques aux fins de "rembourser le propriétaire Moustapha Ndiaye".
La sobriété de la mise en scène et la justesse du jeu ont bouleversé le public, le conduisant à une profonde compassion pour les personnages de la pièce de théâtre. Srour et Cie ont réussi le détournement d'attention : Mis face à ses responsabilités, c'est à dire tenu de déguerpir par Dame Justice, il a, sans sourciller, changé de script. Il a sorti "sa tragédie personnelle" .
Au fond, en vrai manipulateur, il ne cherche pas de l'aide, il cherche de l'impunité. En se donnant le rôle de la victime, il s'autorise tous les comportements, puisque selon sa logique, "il souffre déjà assez".
Srour a réussi à toucher la psychologie. Il a berné son monde, une partie de l'opinion publique a été emportée par le récit d'un seul individu alors qu'il racontait des sornettes. Comme dans beaucoup de sociétés de tradition orale et de forte solidarité sociale, l'empathie et l'émotion jouent un rôle central au Sénégal. Cela peut parfois rendre le public plus réceptif à des discours victimaires ou charismatiques avant que les faits ne soient vérifiés. Ce que certains appellent "naïveté" est souvent, à l'origine, une forme de bienveillance naturelle ou de confiance a priori envers l'autre. C'est un trait culturel qui peut être malheureusement exploité par des personnes malintentionnées à l'image de Srour et Cie .
L'affaire Srour Mohamed montre aussi la puissance des plateformes numériques. L'information y circule si vite que l'analyse critique est souvent relayée au second plan derrière le "buzz" immédiat.Il est vrai que ce genre d'épisode sert souvent de déclic pour la société civile, poussant les gens à devenir plus vigilants et à exiger davantage de preuves avant d'accorder leur confiance.
En somme, il s'agit d'une 'occupation de terrain d'autrui; qui plus lorsqu'elle est accompagnée de manœuvres frauduleuses, de mensonges et d'une victimisation manipulatoire, caractérise une situation d'escroquerie foncière. Donc, le Procureur de la République, assez informé, qui a connaissance d'infractions troublant l'ordre public (escroquerie présumée, abus de confiance à grande échelle, etc.) devrait s'autosaisir et mettre le grappin sur Srour et Cie. Qui ont réussi à berner beaucoup de Sénégalais d'ici et de la diaspora , mais également le propriétaire légitime (Moustapha Ndiaye), lequel lui a offert par compassion la somme de 10 millions de francs CFA.
Pendant qu'il est encore temps, le maitre des poursuites (entendez le procureur Ibrahima Ndoye) devrait ordonner l'arrestation de ce manipulateur et escroc et acolytes présumés en se fondant sur un l'article 36 du Code de procédure pénale, qui lui confère le pouvoir de diriger les enquêtes et de poursuivre les auteurs d'infractions pour défendre les intérêts de la société.
Affaire à suivre...
njaydakarposte@gmail.com
Critiqué, depuis le déclenchement de l'expulsion, sur les réseaux sociaux, l'importateur de riz a livré des révélations chocs dans les colonnes du quotidien L'Observateur qui ont fini de déconstruire le récit de l'expulsion du sieur Srour. Ce dernier, initialement présenté sur les réseaux sociaux comme une victime, a réussi , à travers une mise en scène à se faire passer pour la victime pour obtenir la compassion, éviter les poursuites et faire culpabiliser le vrai propriétaire.
Srour, a pourrait-on dire, adopté une stratégie de manipulation classique, souvent qualifiée d'inversion des rôles ou de victimisation narcissique: le manipulateur cherche à contrôler la narration, à s'attirer la sympathie du public et à culpabiliser le véritable propriétaire pour éviter les conséquences juridiques de son occupation illicite. Une prouesse qu'il a réussi .
En exposant sa famille, ses enfants, entre autres acolytes, tous - comme s'ils s'étaient passés le mot- versant des larmes de crocodile devant la caméra de dakarbuzz, Srour, loin d'être tête de linotte, s'est crée une image de "bon parent" ou de "victime des circonstances". En vrai acteur, pour ne pas dire comédien, il a compris qu'il est difficile de critiquer quelqu'un qui semble porter le monde sur ses épaules. Srour a utilisé l'arme de la vulnérabilité: Pleurer sur commande déclenche un réflexe biologique de protection chez les autres. C'est ce qu'on appelle le "chantage à l'émotion" : il devient impossible de le confronter.
Cette pièce, superbement mise en scène , traite du père de famille, désespéré, déboussolé, dans la mélasse, tenaillé par une situation de détresse extrême. L' appel à l'aide, lancé par un père ou une famille menacée d'expulsion, déclenchera , spontanément, un élan de générosité des Sénégalais . Sa pièce de théâtre suscitera, naturellement, une vive émotion, entraînant le lancement d'une cagnotte solidaire pour tenter de racheter le terrain. L' initiative réussit à la vitesse de l'éclair grâce au partage sur les réseaux sociaux, permettant de récolter des fonds, pas moins de 50 briques aux fins de "rembourser le propriétaire Moustapha Ndiaye".
La sobriété de la mise en scène et la justesse du jeu ont bouleversé le public, le conduisant à une profonde compassion pour les personnages de la pièce de théâtre. Srour et Cie ont réussi le détournement d'attention : Mis face à ses responsabilités, c'est à dire tenu de déguerpir par Dame Justice, il a, sans sourciller, changé de script. Il a sorti "sa tragédie personnelle" .
Au fond, en vrai manipulateur, il ne cherche pas de l'aide, il cherche de l'impunité. En se donnant le rôle de la victime, il s'autorise tous les comportements, puisque selon sa logique, "il souffre déjà assez".
Srour a réussi à toucher la psychologie. Il a berné son monde, une partie de l'opinion publique a été emportée par le récit d'un seul individu alors qu'il racontait des sornettes. Comme dans beaucoup de sociétés de tradition orale et de forte solidarité sociale, l'empathie et l'émotion jouent un rôle central au Sénégal. Cela peut parfois rendre le public plus réceptif à des discours victimaires ou charismatiques avant que les faits ne soient vérifiés. Ce que certains appellent "naïveté" est souvent, à l'origine, une forme de bienveillance naturelle ou de confiance a priori envers l'autre. C'est un trait culturel qui peut être malheureusement exploité par des personnes malintentionnées à l'image de Srour et Cie .
L'affaire Srour Mohamed montre aussi la puissance des plateformes numériques. L'information y circule si vite que l'analyse critique est souvent relayée au second plan derrière le "buzz" immédiat.Il est vrai que ce genre d'épisode sert souvent de déclic pour la société civile, poussant les gens à devenir plus vigilants et à exiger davantage de preuves avant d'accorder leur confiance.
En somme, il s'agit d'une 'occupation de terrain d'autrui; qui plus lorsqu'elle est accompagnée de manœuvres frauduleuses, de mensonges et d'une victimisation manipulatoire, caractérise une situation d'escroquerie foncière. Donc, le Procureur de la République, assez informé, qui a connaissance d'infractions troublant l'ordre public (escroquerie présumée, abus de confiance à grande échelle, etc.) devrait s'autosaisir et mettre le grappin sur Srour et Cie. Qui ont réussi à berner beaucoup de Sénégalais d'ici et de la diaspora , mais également le propriétaire légitime (Moustapha Ndiaye), lequel lui a offert par compassion la somme de 10 millions de francs CFA.
Pendant qu'il est encore temps, le maitre des poursuites (entendez le procureur Ibrahima Ndoye) devrait ordonner l'arrestation de ce manipulateur et escroc et acolytes présumés en se fondant sur un l'article 36 du Code de procédure pénale, qui lui confère le pouvoir de diriger les enquêtes et de poursuivre les auteurs d'infractions pour défendre les intérêts de la société.
Affaire à suivre...
njaydakarposte@gmail.com