Mort de Lionel Jospin: la classe politique française rend hommage à un «monstre sacré de la gauche»

Rédigé par Dakarposte le Lundi 23 Mars 2026 à 09:21 modifié le Lundi 23 Mars 2026 13:24

La mort de l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin dimanche 22 mars laisse orpheline la « gauche plurielle » dans un paysage politique plus morcelé que jamais qui a rendu hommage à « un homme d'État » à la « conception élevée de l'action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité ».


Décrivant sa « tristesse », Jean-Luc Mélenchon, à qui Lionel Jospin avait mis le pied à l'étrier en le nommant ministre entre 2000 et 2002, a rendu hommage à « un modèle d'exigence et de travail ». « Il restera l'homme des 35 heures, de l'alliance rouge rose vert, du refus de toucher à l'âge de départ à la retraite. Et une présence intellectuelle dans un univers qui partait à la dérive », a encore déclaré le leader insoumis.


Alors que l'échiquier politique est plus polarisé que jamais et que les gauches semblent être devenues « irréconciliables », Lionel Jospin reste celui qui a permis à une « gauche plurielle », réunissant socialistes, écologistes et communistes, de gouverner et de multiplier des réformes emblématiques.

Celui qui se définissait lui-même comme un « austère qui se marre » a mené ce rassemblement à la victoire surprise des élections législatives de 1997, convoquées par le président Jacques Chirac après une dissolution censée au contraire conforter son pouvoir. Mais il n'avait pas réussi à transformer l'essai. Et coup de tonnerre le 21 avril 2002 : c'est Jean-Marie Le Pen qui s'était qualifié au second tour de la présidentielle, en duel contre Jacques Chirac.



« Un homme d'État » comme on n'en voit plus beaucoup

« C'était un homme d'État et je n'en vois pas beaucoup aujourd'hui, à droite comme à gauche, c'était un véritable homme de gauche, c'est-à-dire d'une gauche qui bien sûr a des valeurs », a souligné Martine Aubry qui était la numéro 2 du gouvernement entre 1997 et 2002. Exprimant son « immense affection » et son « admiration » pour l'homme, l'ancienne maire de Lille a loué sa « puissance de pensée ».

L'ancien président François Hollande, très proche de Lionel Jospin et qui était premier secrétaire du PS pendant son séjour à Matignon, a salué un « homme engagé » qui avait fait preuve de sa « conception élevée de l'action publique fondée sur la probité, la clarté et la responsabilité ».

Le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire (PS) a quant à lui « dédié » sa victoire à l'ancien Premier ministre, ancien député de Paris, à qui « nous devons tant ». « Lionel a été une figure tutélaire pour plusieurs générations, et a inlassablement ouvert la voie ».



« Monstre sacré de la gauche » pour Marine Tondelier (Écologistes), « dernière apparition d'un homme de gauche au pouvoir prenant des mesures radicales comme les 35 heures », pour Manuel Bompard (LFI) : bien au-delà du PS, les personnalités de gauche saluent un homme qui a porté une génération de responsables politiques.

« Lionel Jospin est celui qui nous a accompagnés pendant toutes ces années, qui a été celui qui a permis à une génération de gouverner, à une autre génération, la mienne, de se former », a déclaré son lointain successeur à la tête du PS Olivier Faure, vantant « une référence ».



« Un grand destin français pour Macron »

Même à droite et au centre, la figure morale de Lionel Jospin a été saluée. Le président Emmanuel Macron a vanté un « grand destin français », rendant hommage à la « rigueur », au « courage » et à l'« idéal de progrès » de l'ancien Premier ministre.



« Il emmène avec lui une part de la gauche laïque, attachée à l'universalisme républicain », a également réagi sur X le président du Sénat Gérard Larcher (LR), quand son homologue à l'Assemblée Yaël Braun-Pivet vantait un homme « respecté au-delà de sa famille politique pour son intégrité et son sens de l'État ».

Reconnaissant « un adversaire politique », Marine Le Pen a également rendu hommage à « un homme de gauche intègre ».

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