Niger : Niamey secouée par de violents affrontements, la junte affirme reprendre progressivement le contrôle

Rédigé par Dakarposte le Samedi 29 Aout 2026 à 14:39 modifié le Samedi 29 Aout 2026 16:39

La capitale nigérienne, Niamey, a été secouée dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août par de violents échanges de tirs et plusieurs explosions, notamment aux abords de l’aéroport international Diori-Hamani et dans le secteur du palais présidentiel.

Après plusieurs heures de confusion et de fortes tensions, les autorités militaires affirment avoir progressivement repris le contrôle de plusieurs sites stratégiques de la capitale, tout en appelant la population au calme.


Dans un communiqué lu samedi à la mi-journée à la télévision nationale, le ministre d’État chargé de la Défense, le général Salifou Mody, a expliqué que les violences avaient été provoquées par un groupe de militaires « en rupture avec le règlement militaire ».

Selon les autorités, ces soldats auraient entrepris de retenir certains de leurs camarades dans la base aérienne 101, située dans l’enceinte de l’aéroport de Niamey, avant d’ouvrir le feu sur plusieurs sites jugés sensibles dans la capitale.


Le gouvernement présente ainsi les événements comme un « mouvement d’humeur » au sein des forces armées plutôt que comme un coup d’État pleinement constitué.
Il affirme que la réaction des forces de défense et de sécurité a permis de circonscrire progressivement le mouvement et de reprendre le contrôle de plusieurs positions stratégiques.
Le général Salifou Mody a par ailleurs exhorté les Nigériens à garder leur calme et à poursuivre normalement leurs activités.


Cette version officielle intervient après une nuit particulièrement agitée. Les premiers tirs auraient été entendus peu après minuit autour de la base 101 et de l’aéroport, avant de se propager à d’autres secteurs de Niamey.

Des détonations et des tirs nourris à l’arme légère et lourde ont également été signalés dans la zone administrative où se trouve le palais présidentiel.

Selon plusieurs sources sécuritaires citées par Reuters et l’AFP, des militaires mutins auraient tenté de s’approcher de la présidence avant d’être repoussés par les éléments de la garde présidentielle restés fidèles au général Abdourahamane Tiani.


L’accès à certains secteurs stratégiques de la capitale a été bloqué par les forces de sécurité. La télévision et la radio publiques ont également cessé momentanément d’émettre, avant de reprendre leurs programmes dans la matinée.
Cette interruption des médias d’État a renforcé la confusion qui régnait alors dans la capitale, tandis que les autorités appelaient la population à ne pas relayer de renseignements non vérifiés.

Les informations disponibles en début d’après-midi indiquent que le palais présidentiel et plusieurs autres points sensibles sont désormais sous le contrôle des forces loyalistes.

Toutefois, des sources citées par Reuters rapportent que des militaires mutins seraient encore présents dans le secteur de l’aéroport, notamment autour de la base 101, ce qui laisse entendre que la situation n’est pas totalement stabilisée. Les autorités, de leur côté, assurent que les opérations visant à rétablir pleinement l’ordre se poursuivent.


Les événements de ce samedi constituent un nouveau défi pour le régime militaire dirigé par le général Abdourahamane Tiani, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de juillet 2023 contre le président Mohamed Bazoum.

Depuis cette prise de pouvoir, le Niger s’est progressivement éloigné de ses partenaires occidentaux et a renforcé son rapprochement avec la Russie ainsi qu’avec le Mali et le Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel.
La base 101 et l’aéroport de Niamey revêtent par ailleurs une importance stratégique majeure. Le complexe militaire et aéroportuaire avait déjà été visé cette année par des attaques attribuées à des groupes jihadistes. Ces précédents avaient conduit les autorités à renforcer considérablement la sécurité autour de cette infrastructure essentielle.


À ce stade, plusieurs zones d’ombre subsistent, notamment sur l’identité exacte des militaires impliqués, leurs revendications et l’ampleur réelle de leur mouvement. Des enregistrements audio attribués à des mutins ont circulé sur les réseaux sociaux, certains affirmant que les institutions auraient été dissoutes, mais leur authenticité et leur portée n’ont pas été établies de manière indépendante.

Si le calme semble progressivement revenir dans plusieurs quartiers de Niamey, la situation demeure donc suivie avec la plus grande attention. Le pouvoir militaire affirme contrôler progressivement les points stratégiques de la capitale, tandis que des sources indépendantes signalent encore une présence de mutins autour de la base 101.

Il faudra attendre de nouvelles communications officielles et des vérifications indépendantes pour déterminer si le mouvement a effectivement été totalement neutralisé ou s’il s’agit d’une crise militaire susceptible de connaître de nouveaux développements.

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