Après près de deux années de procédure, l’homme d’affaires Abo Sylla dit « Amir », président de Stam Global Business, a obtenu un non-lieu total prononcé par le juge du troisième cabinet du Pool judiciaire financier (PJF), à la suite d’une requête introduite par son avocat, Me Baboucar Cissé.
Cette décision marque un tournant important dans une affaire qui avait conduit à son arrestation et à la saisie de plusieurs biens et sommes d’argent.
Après une longue période de silence, celui que l'on surnomme Abo Mbacké a choisi de livrer sa version des faits dans un entretien accordé à L’Observateur.
Il affirme avoir vécu cette procédure comme une épreuve particulièrement éprouvante et considère avoir fait l’objet d’un « acharnement ». Désormais, dit-il, il entend engager une contre-offensive judiciaire contre certaines personnes qu’il accuse d’avoir contribué à sa mise en cause, en les invitant à apporter devant la justice les preuves de leurs accusations.
Mais au-delà de cette riposte annoncée, l’homme d’affaires soulève une question particulièrement sensible : celle du sort d’une somme de 800 millions de francs CFA en espèces qui aurait été découverte à son domicile lors des opérations de perquisition.
Selon son récit, cet argent aurait été saisi par les enquêteurs, mais ne figurerait pas, affirme-t-il, dans les procès-verbaux ou autres documents de procédure.
"Abo Mbacké" assure disposer d’enregistrements issus des caméras de surveillance de sa résidence, susceptibles, selon lui, d’étayer cette affirmation. Si ces éléments peuvent être produits et authentifiés, ils pourraient naturellement donner lieu à des vérifications précises sur les circonstances de la saisie, son montant et sa traçabilité dans la procédure.
L’homme d’affaires évoque également une somme de 100 millions de francs CFA attribuée dans le dossier à une dame qu’il affirme n’avoir jamais rencontrée. Il soutient qu’aucune décharge ni aucun document établissant la remise effective de cet argent ne lui aurait été présenté.
Il conteste par ailleurs les conditions dans lesquelles certains de ses biens auraient été traités au cours de la procédure. Plusieurs véhicules saisis, affirme-t-il, lui auraient été restitués dans un état fortement dégradé, voire inutilisable. Il dit également vouloir récupérer les sommes et biens qui seraient encore détenus, notamment trois millions de francs CFA qu’il présente comme appartenant à son épouse.
Le non-lieu prononcé en sa faveur ne met donc pas nécessairement fin à toutes les contestations matérielles nées de la procédure. Il ouvre au contraire, selon Abo Mbacké, une nouvelle séquence au cours de laquelle il entend utiliser les voies de droit disponibles pour obtenir des explications et, le cas échéant, la restitution de ce qu’il estime lui revenir.
L’autre dimension importante de son récit concerne ses relations avec l’Arabie saoudite. Abo Mbacké affirme avoir consacré plusieurs décennies à développer des relations d’affaires entre le royaume et le Sénégal, ainsi qu’avec d’autres pays africains. Il soutient que certains de ses détracteurs auraient précisément cherché à exploiter ces relations pour fragiliser sa réputation.
Il cite notamment un projet d’approvisionnement en eau destiné à Touba, porté, selon lui, par des partenaires saoudiens qui auraient été reçus par le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké. Il affirme que son arrestation n’aurait pas compromis ces relations et indique s’être rendu en Arabie saoudite avec sa mère et son épouse après sa libération.
Abo Mbacké rejette également les affirmations mettant en doute son patrimoine. Il assure détenir des titres fonciers et se dit disposé à en communiquer les références. Il estime avoir été victime d’un « coup monté » et met en cause nommément plusieurs personnes dans la procédure dont il a fait l’objet. Ces accusations restent toutefois, à ce stade, celles de l’intéressé et ne sauraient être assimilées à des faits judiciairement établis.
Le dossier comporte également un volet financier lié à une réclamation attribuée à l’architecte Pierre Goudiaby Atépa. La somme initialement évoquée aurait atteint 880 millions de francs CFA avant d’être ramenée à 400 millions. Abo Mbacké conteste le bien-fondé de cette demande et soutient que les prestations architecturales invoquées ne reposaient pas, selon lui, sur des pièces contractuelles suffisantes, notamment un contrat ou un bon de commande. Il affirme que les plans concernés portaient sur des terrains situés à Touba et aux Almadies.
Une autre contestation concerne une société audiovisuelle et un projet de documentaire ou de série télévisée. Abo Mbacké explique avoir été mis en relation avec les personnes concernées par le journaliste Cheikh Yérim Seck, dans le cadre de recherches d’opportunités en Arabie saoudite et à Dubaï. Il affirme n’avoir signé aucun engagement financier important et réfute les réclamations formulées à la suite de l’échec du projet.
L’homme d’affaires donne enfin à son affaire une dimension internationale en évoquant ses relations avec des personnalités saoudiennes. Il affirme notamment connaître le prince héritier Mohammed ben Salmane et avoir joué, selon ses propres déclarations, un rôle dans plusieurs initiatives liées aux relations entre l’Arabie saoudite et l’Afrique. Il revendique également une implication dans différents dossiers, notamment autour du sommet de l’Organisation de la coopération islamique et du processus ayant précédé l’arrivée de Sadio Mané à Al-Nassr.
Ces déclarations, qui appartiennent à la version livrée par Abo Mbacké dans L’Observateur, devront être distinguées des faits judiciairement établis.
Une chose, en revanche, est désormais acquise : après près de deux années de procédure, le juge du troisième cabinet du PJF a prononcé un non-lieu total en sa faveur. Cette décision change considérablement la position de l’intéressé, qui se présente désormais non plus comme un justiciable au cœur des poursuites, mais comme un homme décidé à demander des comptes sur la manière dont la procédure a été conduite.
La question des 800 millions de francs CFA constitue, à cet égard, l’un des points les plus sensibles de son récit. Si une telle somme a effectivement été saisie, son origine, son montant exact, les conditions de sa saisie et surtout sa traçabilité dans les actes de procédure peuvent légitimement faire l’objet de vérifications.
Après avoir gardé le silence pendant près de deux ans, Abo Mbacké annonce donc la couleur : il entend désormais parler, produire ses éléments et engager les procédures qu’il estime nécessaires.
Le non-lieu clôt peut-être un chapitre judiciaire.
Il pourrait aussi ouvrir celui des comptes à rendre.
Cette décision marque un tournant important dans une affaire qui avait conduit à son arrestation et à la saisie de plusieurs biens et sommes d’argent.
Après une longue période de silence, celui que l'on surnomme Abo Mbacké a choisi de livrer sa version des faits dans un entretien accordé à L’Observateur.
Il affirme avoir vécu cette procédure comme une épreuve particulièrement éprouvante et considère avoir fait l’objet d’un « acharnement ». Désormais, dit-il, il entend engager une contre-offensive judiciaire contre certaines personnes qu’il accuse d’avoir contribué à sa mise en cause, en les invitant à apporter devant la justice les preuves de leurs accusations.
Mais au-delà de cette riposte annoncée, l’homme d’affaires soulève une question particulièrement sensible : celle du sort d’une somme de 800 millions de francs CFA en espèces qui aurait été découverte à son domicile lors des opérations de perquisition.
Selon son récit, cet argent aurait été saisi par les enquêteurs, mais ne figurerait pas, affirme-t-il, dans les procès-verbaux ou autres documents de procédure.
"Abo Mbacké" assure disposer d’enregistrements issus des caméras de surveillance de sa résidence, susceptibles, selon lui, d’étayer cette affirmation. Si ces éléments peuvent être produits et authentifiés, ils pourraient naturellement donner lieu à des vérifications précises sur les circonstances de la saisie, son montant et sa traçabilité dans la procédure.
L’homme d’affaires évoque également une somme de 100 millions de francs CFA attribuée dans le dossier à une dame qu’il affirme n’avoir jamais rencontrée. Il soutient qu’aucune décharge ni aucun document établissant la remise effective de cet argent ne lui aurait été présenté.
Il conteste par ailleurs les conditions dans lesquelles certains de ses biens auraient été traités au cours de la procédure. Plusieurs véhicules saisis, affirme-t-il, lui auraient été restitués dans un état fortement dégradé, voire inutilisable. Il dit également vouloir récupérer les sommes et biens qui seraient encore détenus, notamment trois millions de francs CFA qu’il présente comme appartenant à son épouse.
Le non-lieu prononcé en sa faveur ne met donc pas nécessairement fin à toutes les contestations matérielles nées de la procédure. Il ouvre au contraire, selon Abo Mbacké, une nouvelle séquence au cours de laquelle il entend utiliser les voies de droit disponibles pour obtenir des explications et, le cas échéant, la restitution de ce qu’il estime lui revenir.
L’autre dimension importante de son récit concerne ses relations avec l’Arabie saoudite. Abo Mbacké affirme avoir consacré plusieurs décennies à développer des relations d’affaires entre le royaume et le Sénégal, ainsi qu’avec d’autres pays africains. Il soutient que certains de ses détracteurs auraient précisément cherché à exploiter ces relations pour fragiliser sa réputation.
Il cite notamment un projet d’approvisionnement en eau destiné à Touba, porté, selon lui, par des partenaires saoudiens qui auraient été reçus par le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké. Il affirme que son arrestation n’aurait pas compromis ces relations et indique s’être rendu en Arabie saoudite avec sa mère et son épouse après sa libération.
Abo Mbacké rejette également les affirmations mettant en doute son patrimoine. Il assure détenir des titres fonciers et se dit disposé à en communiquer les références. Il estime avoir été victime d’un « coup monté » et met en cause nommément plusieurs personnes dans la procédure dont il a fait l’objet. Ces accusations restent toutefois, à ce stade, celles de l’intéressé et ne sauraient être assimilées à des faits judiciairement établis.
Le dossier comporte également un volet financier lié à une réclamation attribuée à l’architecte Pierre Goudiaby Atépa. La somme initialement évoquée aurait atteint 880 millions de francs CFA avant d’être ramenée à 400 millions. Abo Mbacké conteste le bien-fondé de cette demande et soutient que les prestations architecturales invoquées ne reposaient pas, selon lui, sur des pièces contractuelles suffisantes, notamment un contrat ou un bon de commande. Il affirme que les plans concernés portaient sur des terrains situés à Touba et aux Almadies.
Une autre contestation concerne une société audiovisuelle et un projet de documentaire ou de série télévisée. Abo Mbacké explique avoir été mis en relation avec les personnes concernées par le journaliste Cheikh Yérim Seck, dans le cadre de recherches d’opportunités en Arabie saoudite et à Dubaï. Il affirme n’avoir signé aucun engagement financier important et réfute les réclamations formulées à la suite de l’échec du projet.
L’homme d’affaires donne enfin à son affaire une dimension internationale en évoquant ses relations avec des personnalités saoudiennes. Il affirme notamment connaître le prince héritier Mohammed ben Salmane et avoir joué, selon ses propres déclarations, un rôle dans plusieurs initiatives liées aux relations entre l’Arabie saoudite et l’Afrique. Il revendique également une implication dans différents dossiers, notamment autour du sommet de l’Organisation de la coopération islamique et du processus ayant précédé l’arrivée de Sadio Mané à Al-Nassr.
Ces déclarations, qui appartiennent à la version livrée par Abo Mbacké dans L’Observateur, devront être distinguées des faits judiciairement établis.
Une chose, en revanche, est désormais acquise : après près de deux années de procédure, le juge du troisième cabinet du PJF a prononcé un non-lieu total en sa faveur. Cette décision change considérablement la position de l’intéressé, qui se présente désormais non plus comme un justiciable au cœur des poursuites, mais comme un homme décidé à demander des comptes sur la manière dont la procédure a été conduite.
La question des 800 millions de francs CFA constitue, à cet égard, l’un des points les plus sensibles de son récit. Si une telle somme a effectivement été saisie, son origine, son montant exact, les conditions de sa saisie et surtout sa traçabilité dans les actes de procédure peuvent légitimement faire l’objet de vérifications.
Après avoir gardé le silence pendant près de deux ans, Abo Mbacké annonce donc la couleur : il entend désormais parler, produire ses éléments et engager les procédures qu’il estime nécessaires.
Le non-lieu clôt peut-être un chapitre judiciaire.
Il pourrait aussi ouvrir celui des comptes à rendre.