PLFR 2026 : Aminata Touré brandit le spectre d’un blocage de 2 505 milliards FCFA et met les députés face à leurs responsabilité

Rédigé par Dakarposte le Mardi 27 Octobre 2026 à 02:56 modifié le Mardi 27 Octobre 2026 10:57

À la veille d'une séance plénière qui s'annonce décisive à l'Assemblée nationale ce mardi 27 octobre 2026, la Haute représentante du Président de la République et superviseure générale de la plateforme Kiiraay, Aminata Touré, est montée au créneau lors d'un point de presse solennel tenu ce lundi.

S'exprimant au lendemain des déclarations croisées de la Primature et de la direction du parti PASTEF, l'ancienne Première ministre a livré un réquisitoire chiffré et sans concession contre la perspective d’un rejet du Projet de loi de finances rectificative (PLFR 2026), fustigeant une attitude parlementaire qu'elle qualifie d'« irresponsabilité » aux conséquences funestes pour l'équilibre économique de la nation.

Au cœur de son argumentation, l'égérie politique a brandi le spectre d'une paralysie financière de l'État, chiffrant le péril budgétaire à 2 505 milliards de francs CFA en autorisations d'engagement et à 1 590 milliards de francs CFA en crédits de paiement.

Pour Aminata Touré, l'opposition manifestée en commission par les députés de la majorité constitue un contresens politique majeur, rappelant au passage que la représentation nationale avait adopté la loi de finances initiale à l'unanimité ; un revirement qui impose, selon elle, que les parlementaires s'en expliquent sans fard devant le tribunal de l'opinion publique.

L'ancienne cheffe du gouvernement a profité de cette tribune médiatique pour élargir sa réflexion aux grands équilibres sociaux, se faisant le chantre de la protection du secteur privé et de ses 350 000 salariés, véritable poumon économique face aux turbulences internationales nées des tensions géopolitiques entre l'Iran et les États-Unis.

Elle a notamment mis en garde contre le gel dramatique d'une enveloppe de 300 milliards de francs CFA initialement prévue pour apurer les créances des entreprises prestataires, à la suite des audits rigoureux de l'Inspection générale d'État (IGE) ordonnés par le président Bassirou Diomaye Faye.

Enfin, la Haute représentante a conclu son propos en alertant sur le préjudice diplomatique et financier qu'un tel blocage ferait peser sur la crédibilité internationale du Sénégal, menaçant directement les acquis précieux obtenus par le chef de l'État, à l'instar de l'éligibilité du pays au programme de réponse d'urgence (CERC) de la Banque mondiale.

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