Pâques: Léon XIV appelle «ceux qui ont le pouvoir de déclencher les guerres» à «choisir la paix»

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 5 Avril 2026 à 14:17 modifié le Dimanche 5 Avril 2026 16:17

Ce dimanche 5 avril, Léon XIV a appelé « ceux qui ont le pouvoir de déclencher les guerres » à « choisir la paix » au cours de son premier message de Pâques, la fête la plus importante du calendrier chrétien étant assombrie par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.


Au Vatican, ce dimanche 5 avril, sur une place Saint-Pierre ornée de milliers de fleurs et sous un soleil radieux, Léon XIV a célébré la messe de Pâques pour la première fois depuis son élection en mai 2025, dans une ambiance festive, accompagnée des trompettes et de chants liturgiques. Lors de sa traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi » (« à la ville et au monde »), le souverain pontife a dénoncé « l'indifférence » face à la guerre et à ses conséquences.

Du Timor oriental à l'Espagne, les catholiques du monde entier célèbrent cette fête commémorant la résurrection du Christ, dont la tonalité est ternie par la guerre entre l'Iran et Israël et ses répercussions régionales, qui a entraîné de lourdes restrictions pour les chrétiens d'Orient.

Veillée pour la paix

« Nous nous habituons à la violence, nous nous y résignons et nous devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment » et à leurs « conséquences économiques et sociales », a-t-il lancé. Rompant avec la tradition observée depuis des années par ses prédécesseurs, Léon XIV n'a cité aucun pays ni région en crise dans le monde. Il a également annoncé la tenue d'une veillée de prière pour la paix le 11 avril 2026, place Saint-Pierre, à Rome.




Depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre, il a ensuite souhaité « Joyeuses Pâques » à la foule en dix langues, dont l'arabe, le chinois, le polonais et le latin, avant que les cloches ne sonnent à toute volée. Tout au long de la Semaine sainte, l'ombre du conflit au Moyen-Orient a plané sur les célébrations. Samedi soir, lors de la veillée pascale, le chef de l'Église catholique a dénoncé les divisions créées par « la guerre, l'injustice, la fermeture entre les peuples et les nations ».

Appels diplomatiques

Ces derniers jours, le pape, natif de Chicago, a multiplié les appels diplomatiques, allant jusqu'à interpeller Donald Trump qu'il a invité à « chercher une porte de sortie » au conflit. À Rome, Pâques ravive aussi la mémoire du pape François: en 2025, le jésuite argentin avait fait sa dernière apparition publique lors d'un ultime bain de foule sur la place Saint-Pierre le dimanche de Pâques, quelques heures avant sa mort.





À Jérusalem, une messe de Pâques assombrie par la guerre au Moyen-Orient

C'est une fête de Pâques au goût morose dans la Vieille ville de Jérusalem, raconte notre correspondant sur place, Michel Paul. Ce dimanche matin, les ruelles de pierre sont désertes. Ce 5 avril, pas de procession joyeuse, pas de foule de pèlerins, mais des barrages policiers qui filtrent chaque accès.

Une semaine après l’incident diplomatique majeur où le patriarche latin, le cardinal Pizzaballa, s’était vu bloquer l’accès aux Rameaux par les autorités israéliennes, le prélat a pu entrer ce matin pour célébrer la messe, il l’a fait dans une basilique du Saint-Sépulcre quasiment vide pour respecter les directives des autorités israéliennes qui ont limité l'accès aux lieux saints de toutes les religions.

Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre sainte magazine, a pu participer à une partie des célébrations. Son témoignage dit toute la dualité de ce moment : « Faire partie du tout petit nombre de personnes qui a pu rentrer dans la basilique du Saint-Sépulcre. C'est effectivement très émouvant, mais de la trouver vide, en fait, c'est désolant. Ça n'empêche que le message de Pâques est toujours le même. Le Christ est ressuscité et il y a quelque chose dans notre monde qui dépasse tout, y compris les guerres. »

À l’extérieur, la colère gronde chez les fidèles locaux. Alors que les débris de missiles balaient parfois le ciel de la Ville sainte, la communauté chrétienne de Jérusalem se sent plus isolée que jamais dans sa propre cité.





















RFI

Recommandé Pour Vous