Quand l'État dévoile ses ombres

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 30 Juillet 2026 à 14:11 modifié le Jeudi 30 Juillet 2026 16:12

En République, le verbe ministériel exige une rigueur proportionnelle à la gravité de la charge. Lorsqu’un ministre des Forces armées, clé de voûte de la stabilité nationale et dépositaire des secrets de la cité, s’autorise à déclarer : « On a l’avantage d’avoir les renseignements généraux », il commet une entorse majeure aux principes cardinaux de l'État de droit. Une telle légèreté rhétorique ne peut que susciter le trouble et l'indignation.

Ces propos malavisés laissent poindre le spectre d'une instrumentalisation politique des services de renseignement. Or, les structures de la police, de la maréchaussée et de l’armée ne sauraient être réduites à des instruments de police politique au service d'une faction ou d'une ambition électorale. Comme le souligne fort justement le sieur Waly Diouf Bodian, la quête du pouvoir ne saurait tout justifier, et l'horizon de 2029 n'excuse en rien la compromission des institutions.

Afin que nul n’en ignore, voici le post de Waly Diouf Bodiang devenu viral : « On a l’avantage d’avoir les renseignements généraux »: un ministre des forces armées ne doit pas parler comme cela en république.
Ses propos sous-entendent une instrumentalisation et une utilisation politique de structures en charge du renseignement dans la police et dans l’armée.
Politique diaroul li té 2029 c’est déjà demain »

Cela dit, que les gouvernants mènent leurs guerres de l’ombre dans les coulisses de la politique est une chose ; qu'ils y mêlent les « grandes oreilles de l’État » en est une autre, bien plus grave.

Par essence, la force des services secrets réside dans leur invisibilité. Ils doivent demeurer un sanctuaire de mystère, un outil neutre agissant exclusivement sous l'égide de la loi et pour le seul intérêt général.
L’exposition publique de leurs investigations altère la confiance des citoyens, qui est le ciment de notre démocratie.
Le ministère des Forces armées requiert la tempérance d'un homme d'État, non le bavardage d'un tribun en campagne.
En dévoilant les activités de l'ombre, l'autorité s'est rendue coupable d'une imprudence coupable qui fragilise l'appareil sécuritaire.
Mamadou Ndiaye
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