Le gouvernement a publié hier le Rapport trimestriel d’exécution budgétaire pour le dernier trimestre de 2025 (Rteb25). L’indicateur très important qui ressort de ce rapport est que nous sommes vraiment gouvernés par des percepteurs d’impôts. La capacité de recouvrement des différents impôts et taxes que révèle le rapport est plus qu’admirable. Sur un objectif annuel de 4102, 3 milliards de recettes fiscales attendu, le taux de réalisation a été de 99, 6%, soit 4087, 4, assure le Rteb25. Qui indique que ce montant est d’ailleurs en hausse de 10, 3% par rapport à la même période l’année dernière.
D’ailleurs, en termes de recouvrement de recettes, aucune chronique budgétaire n’a été à la traîne, comme le démontre le rapport. Même les dons budgétaires ou les dons en capital, bien que moins importants que prévu, n’ont pas été médiocres.
Pour autant, la capacité des pouvoirs publics à faire les poches de ses citoyens reste toujours forte. Les impôts directs ont même dépassé l’objectif assigné, permettant aux percepteurs de réaliser un taux de 101, 8%, à 1458 milliards de francs Cfa. Les impôts sur les sociétés ont même fait mieux, avec 463, 4 milliards de Cfa recouvrés, avec un taux d’exécution de 107, 7%, en hausse de plus de 10% en glissement annuel. Les services de l’immeuble Peytavin expliquent cette performance de l’Is par «la montée en régime des activités pétrolières et gazières, la sous-branche extractive affichant une expansion de 77, 2% en 2025».
S’il faut s’arrêter pour relever que ces données datent de la situation d’avant la guerre de Trump et Netanyahu contre l’Iran, qui continue de bouleverser l’économie mondiale, ces chiffres extraordinaires n’avaient pas pour autant signifié une quelconque amélioration de la situation des citoyens sénégalais. Même les entreprises qui étaient autant pressurées par les impôts, n’avaient pas pour autant ressenti un quelconque ruissellement des retombées fiscales. D’ailleurs, le tableau sur la mobilisation des recettes fiscales est tout simplement impressionnant par la largeur du spectre qu’il affecte.
Le document pointe ainsi «l’impôt sur le revenu : 789, 3 milliards recouvrés pour une cible de 851, 6 milliards, soit 92, 7% de réalisation dont 53, 0 milliards au titre des Retenues à la source (Ras) sur les salaires de la Fonction publique payés par la solde (retenus Ccap) ; la contribution forfaitaire à la charge de l’employeur (Cfce) : 59, 7 milliards, soit un taux de recouvrement de 119, 3% de l’objectif et une hausse de 9, 2 milliards (+18, 2%) en glissement annuel. Cette performance serait en lien avec la progression des effectifs de salariés formels, notamment dans le secteur extractif ; l’Impôt sur le revenu des valeurs mobilières et l’Impôt sur les capitaux mobiliers (Irvm/Ircm) : 133, 4 milliards, soit un taux de réalisation de 153, 9% par rapport à l’objectif de 86, 7 milliards, et une hausse de 37, 6 milliards (+39, 2%) en rythme annuel ; la taxe sur la plus-value immobilière : 12, 7 milliards mobilisés pour une cible de 14, 6 milliards, soit un taux de 87, 4%».
Pour ce qui est des impôts indirects, le document du ministère des Finances et du budget souligne que «les impôts indirects (hors Fsipp) sont ressortis à 2396, 2 milliards, représentant 97, 0% de l’objectif annuel de 2470, 2 milliards. En glissement annuel, ils sont en hausse de 11, 5%, soit +247, 1 milliards. Le Fsipp en question, qui est mis ainsi en évidence, est encore plus admirable par le bond qu’il a réalisé.
Parmi les autres prélèvements notables, il y a les Taxes sur les biens et services (Tbs) dont le Rapport trimestriel dit «qu’elles se sont chiffrées à 1864, 8 milliards, soit un taux de réalisation de 95, 7% par rapport à la cible annuelle de 1948, 5 milliards. Elles sont en progression de 219, 3 milliards (+13, 3%) en glissement annuel et se décomposent comme suit :
-la Tva à l’importation s’est établie à 754, 6 milliards, dépassant l’objectif annuel de 724, 5 milliards, soit un taux de réalisation de 104, 2%. En glissement annuel, elle a progressé de 75, 7 milliards (+11, 2%). Ce résultat global favorable reflète les évolutions contrastées de ses deux composantes». En effet, ajoute le document, «la Tva à l’importation sur les produits pétroliers constitue le principal facteur explicatif de la performance relevée, avec 232, 2 milliards recouvrés pour un objectif de 196, 2 milliards, soit un taux de 118, 4%. Ce résultat est dû au renforcement de la cadence de régularisation des enlèvements au Bureau des hydrocarbures et à la régularisation partielle des dettes douanières de la Senelec (17, 7 milliards). A cela, s’ajoute un effet de modification de la structure des importations pétrolières…».
Pour revenir sur le Fsipp, le Rteb25 souligne : «Les recettes issues du Fonds de sécurisation des importations de produits pétroliers (Fsipp) ont été mobilisées pour un montant de 111, 1 milliards, soit 180, 2% de l’objectif annuel de 61, 6 milliards. Cette performance notable est attribuable à la détente des cours internationaux des produits pétroliers par rapport aux prix effectivement appliqués. En effet, lorsque les prix mondiaux de l’énergie sont en baisse, le mécanisme de structure des prix génère un prélèvement additionnel au profit du fonds dont le montant est alors ajusté afin de combler l’écart entre le coût réel d’approvisionnement et le prix à la pompe administré.»
On ne peut, dans ces conditions, s’empêcher de faire le parallèle avec les intentions affichées par le gouvernement, de revoir à la hausse la tarification des produits pétroliers, notamment des hydrocarbures à la pompe. Quand on voit comment, des longs mois durant, les pouvoirs publics se sont sucrés sur le dos des consommateurs, pour à la fin desserrer très légèrement les cordons de la bourse, on voit que l’on n’a pas affaire, à la tête de l’Etat, à des gens dont l’esprit serait orienté vers le social. Cela se remarque dans le Rteb25, s’agissant des dépenses de l’Etat.
En dehors du paiement de la dette extérieure, ainsi que des intérêts dont l’Etat s’acquitte toujours rubis sur l’ongle depuis Léopold Sedar Senghor, les seules dépenses en hausse ne concernent que les salaires et les acquisitions des biens et services. Le niveau d’investissements n’atteint pas 70%, et il faut des ressources extérieures, sous forme de prêts-projets ou de dons en capital, pour voir que les investissements dépassent de peu les 70%.
Il faut néanmoins reconnaître que les transferts en capital, à d’autres démembrements de l’Etat, ont dépassé les 90%. Dommage que l’on ne sache pas exactement les départements qui ont pu ainsi bénéficier des largesses des pouvoirs publics.
Le Quotidien
D’ailleurs, en termes de recouvrement de recettes, aucune chronique budgétaire n’a été à la traîne, comme le démontre le rapport. Même les dons budgétaires ou les dons en capital, bien que moins importants que prévu, n’ont pas été médiocres.
Pour autant, la capacité des pouvoirs publics à faire les poches de ses citoyens reste toujours forte. Les impôts directs ont même dépassé l’objectif assigné, permettant aux percepteurs de réaliser un taux de 101, 8%, à 1458 milliards de francs Cfa. Les impôts sur les sociétés ont même fait mieux, avec 463, 4 milliards de Cfa recouvrés, avec un taux d’exécution de 107, 7%, en hausse de plus de 10% en glissement annuel. Les services de l’immeuble Peytavin expliquent cette performance de l’Is par «la montée en régime des activités pétrolières et gazières, la sous-branche extractive affichant une expansion de 77, 2% en 2025».
S’il faut s’arrêter pour relever que ces données datent de la situation d’avant la guerre de Trump et Netanyahu contre l’Iran, qui continue de bouleverser l’économie mondiale, ces chiffres extraordinaires n’avaient pas pour autant signifié une quelconque amélioration de la situation des citoyens sénégalais. Même les entreprises qui étaient autant pressurées par les impôts, n’avaient pas pour autant ressenti un quelconque ruissellement des retombées fiscales. D’ailleurs, le tableau sur la mobilisation des recettes fiscales est tout simplement impressionnant par la largeur du spectre qu’il affecte.
Le document pointe ainsi «l’impôt sur le revenu : 789, 3 milliards recouvrés pour une cible de 851, 6 milliards, soit 92, 7% de réalisation dont 53, 0 milliards au titre des Retenues à la source (Ras) sur les salaires de la Fonction publique payés par la solde (retenus Ccap) ; la contribution forfaitaire à la charge de l’employeur (Cfce) : 59, 7 milliards, soit un taux de recouvrement de 119, 3% de l’objectif et une hausse de 9, 2 milliards (+18, 2%) en glissement annuel. Cette performance serait en lien avec la progression des effectifs de salariés formels, notamment dans le secteur extractif ; l’Impôt sur le revenu des valeurs mobilières et l’Impôt sur les capitaux mobiliers (Irvm/Ircm) : 133, 4 milliards, soit un taux de réalisation de 153, 9% par rapport à l’objectif de 86, 7 milliards, et une hausse de 37, 6 milliards (+39, 2%) en rythme annuel ; la taxe sur la plus-value immobilière : 12, 7 milliards mobilisés pour une cible de 14, 6 milliards, soit un taux de 87, 4%».
Pour ce qui est des impôts indirects, le document du ministère des Finances et du budget souligne que «les impôts indirects (hors Fsipp) sont ressortis à 2396, 2 milliards, représentant 97, 0% de l’objectif annuel de 2470, 2 milliards. En glissement annuel, ils sont en hausse de 11, 5%, soit +247, 1 milliards. Le Fsipp en question, qui est mis ainsi en évidence, est encore plus admirable par le bond qu’il a réalisé.
Parmi les autres prélèvements notables, il y a les Taxes sur les biens et services (Tbs) dont le Rapport trimestriel dit «qu’elles se sont chiffrées à 1864, 8 milliards, soit un taux de réalisation de 95, 7% par rapport à la cible annuelle de 1948, 5 milliards. Elles sont en progression de 219, 3 milliards (+13, 3%) en glissement annuel et se décomposent comme suit :
-la Tva à l’importation s’est établie à 754, 6 milliards, dépassant l’objectif annuel de 724, 5 milliards, soit un taux de réalisation de 104, 2%. En glissement annuel, elle a progressé de 75, 7 milliards (+11, 2%). Ce résultat global favorable reflète les évolutions contrastées de ses deux composantes». En effet, ajoute le document, «la Tva à l’importation sur les produits pétroliers constitue le principal facteur explicatif de la performance relevée, avec 232, 2 milliards recouvrés pour un objectif de 196, 2 milliards, soit un taux de 118, 4%. Ce résultat est dû au renforcement de la cadence de régularisation des enlèvements au Bureau des hydrocarbures et à la régularisation partielle des dettes douanières de la Senelec (17, 7 milliards). A cela, s’ajoute un effet de modification de la structure des importations pétrolières…».
Pour revenir sur le Fsipp, le Rteb25 souligne : «Les recettes issues du Fonds de sécurisation des importations de produits pétroliers (Fsipp) ont été mobilisées pour un montant de 111, 1 milliards, soit 180, 2% de l’objectif annuel de 61, 6 milliards. Cette performance notable est attribuable à la détente des cours internationaux des produits pétroliers par rapport aux prix effectivement appliqués. En effet, lorsque les prix mondiaux de l’énergie sont en baisse, le mécanisme de structure des prix génère un prélèvement additionnel au profit du fonds dont le montant est alors ajusté afin de combler l’écart entre le coût réel d’approvisionnement et le prix à la pompe administré.»
On ne peut, dans ces conditions, s’empêcher de faire le parallèle avec les intentions affichées par le gouvernement, de revoir à la hausse la tarification des produits pétroliers, notamment des hydrocarbures à la pompe. Quand on voit comment, des longs mois durant, les pouvoirs publics se sont sucrés sur le dos des consommateurs, pour à la fin desserrer très légèrement les cordons de la bourse, on voit que l’on n’a pas affaire, à la tête de l’Etat, à des gens dont l’esprit serait orienté vers le social. Cela se remarque dans le Rteb25, s’agissant des dépenses de l’Etat.
En dehors du paiement de la dette extérieure, ainsi que des intérêts dont l’Etat s’acquitte toujours rubis sur l’ongle depuis Léopold Sedar Senghor, les seules dépenses en hausse ne concernent que les salaires et les acquisitions des biens et services. Le niveau d’investissements n’atteint pas 70%, et il faut des ressources extérieures, sous forme de prêts-projets ou de dons en capital, pour voir que les investissements dépassent de peu les 70%.
Il faut néanmoins reconnaître que les transferts en capital, à d’autres démembrements de l’Etat, ont dépassé les 90%. Dommage que l’on ne sache pas exactement les départements qui ont pu ainsi bénéficier des largesses des pouvoirs publics.
Le Quotidien