Rétropédalage de la FIFA : Gianni Infantino renonce aux capitaux privés face au tollé général

Rédigé par Dakarposte le Samedi 1 Aout 2026 à 21:51 modifié le Samedi 1 Aout 2026 23:51

Devant l'accumulation des réprobations, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a acté ce samedi l'abandon définitif de son projet d'ouverture de l'institution aux investisseurs privés. Cette initiative particulièrement controversée laissait craindre une mercantilisation outrancière du football mondial, exacerbée par des suspicions latentes de conflits d'intérêts.

« Après avoir examiné avec la plus grande attention l'ensemble des positions exprimées, il appert que ce projet a suscité des clivages profonds, désormais inconciliables avec l'ambition initiale », a confessé Gianni Infantino par voie de communiqué. Le dirigeant se trouve d'autant plus déstabilisé que cette crise coïncide avec la démission récente de son conseiller principal, Carlos Cordeiro. « Notre vocation cardinale demeure d'unifier la communauté footballistique et de veiller à son intégrité. En conséquence, cette proposition est officiellement écartée », a-t-il conclu.

Introduit le mardi 28 juillet à la stupéfaction générale, ce plan stratégique ambitionnait de porter à dix milliards de dollars les fonds alloués au développement du football pour le prochain quadriennat. Il s'est toutefois heurté à une levée de boucliers quasi unanime, tant sur la méthode employée que sur sa substance éthique. Gianni Infantino projetait de fonder une entité idoine – la FIFA Forward Enterprise (FFE) – adossée à des capitaux privés, qui aurait assumé la régie exclusive des activités commerciales et événementielles de la haute instance. Une perspective qui faisait redouter à de nombreux observateurs une dénaturation profonde des compétitions.



La fronde menée contre le projet prit initialement corps sous la forme d'une menace de boycott des Coupes du monde, brandie par l'UEFA. Cette contestation gagna en ampleur le vendredi suivant, trouvant un écho solennel dans l’opposition affirmée de la Confédération asiatique (AFC), ainsi que dans la démission de Carlos Cordeiro, alors conseiller principal du président Gianni Infantino. Cet ancien banquier formula une critique acerbe, estimant que l'aliénation d'une part permanente de l'actif le plus précieux du football, aux fins de lever 4,2 milliards de dollars, manquait singulièrement de pertinence, s'apparentant ainsi à une hypothèque injustifiée sur l'avenir de cette discipline.

De son côté, la Concacaf, qui fédère quarante et une institutions d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, opposa un rejet catégorique à la proposition. L'AFC s'unit alors aux positions de l'UEFA et de la Concacaf, arguant que le projet de la Fifa Forward Enterprise (FFE) — entité ouverte aux capitaux privés pour régir les activités commerciales et événementielles de l'instance suprême — ne saurait recueillir le large consensus et l'unité indispensables à sa réalisation. Forte de ses quarante-sept membres, dont quarante-six relèvent de la Fifa, la confédération asiatique enjoignit en outre à une refonte urgente du cadre de gouvernance de l'institution mondiale.

À l'inverse, les confédérations africaines et océaniennes adoptèrent une posture plus mesurée, invitant leurs associations membres à mener une évaluation scrupuleuse du projet. Quelques heures avant les déclarations de Gianni Infantino, la Conmebol avait quant à elle sollicité de la Fifa des éclaircissements majeurs quant à la portée, la structure, la gouvernance et les répercussions potentielles de cette entreprise, exhortant la communauté du football à préserver son unité et à placer le sport au-dessus de tout intérêt mercantile. Enfin, le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, qualifiant la proposition de proprement scandaleuse, jugea que Gianni Infantino n'avait plus la légitimité requise pour présider aux destinées du football mondial.
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