Rox et Ramz Yago se réconcilient, la justice poursuit son cours : l’heure de la clémence

Rédigé par Dakarposte le Jeudi 10 Septembre 2026 à 21:45 modifié le Jeudi 10 Septembre 2026 23:45

Le tumulte des écrans a finalement expiré dans le silence solennel des bureaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC), là où la fureur numérique des ego s’est inclinée devant la force de la raison. Par un revirement aussi spectaculaire qu'inattendu, Rokhaya Fall, alias « Rox la Chancelière », et Rama Diaw, dite « Ramz Yago », ont officiellement déposé les armes ce jeudi. À la suite de l'audition de cette dernière, une confrontation décisive a permis aux deux anciennes rivales d'échanger de mutuelles excuses et de formaliser un désistement croisé de leurs plaintes respectives.

Toutefois, en droit pénal sénégalais, le retrait d'une plainte n'éteint pas l'action publique dès lors que la machine judiciaire est enclenchée pour des infractions touchant à la moralité publique. C'est en vertu de cette imprescriptibilité de l'action menée par l'État que, nonobstant leur réconciliation, Rokhaya Fall a dû regagner sa cellule du Camp pénal de Liberté 6, tandis que Rama Diaw demeure sous le coup de la procédure pour discours contraires aux bonnes mœurs et injures publiques. Son déferrement ce vendredi devant le procureur Saliou Dicko du tribunal de Pikine-Guédiawaye marque le passage du dossier entre les mains exclusives du Maître des poursuites, désormais seul arbitre de l'opportunité des poursuites.

Cette donne purement procédurale n'en demeure pas moins un appel à la magnanimité républicaine.

L'épreuve carcérale, bien que brève, a manifestement agi comme un miroir salvateur pour ces égéries du virtuel : ces journées passées sous la contrainte, loin des projecteurs factices des réseaux sociaux, leur ont infligé une leçon de vie indélébile qui les contraindra, à n'en point douter, à revoir définitivement leur copie et à policer leur langage. Dès lors, la justice s’honorerait à faire preuve d'humanité en accordant de larges circonstances atténuantes à ces mères de famille, et singulièrement à « Rox », dont la situation familiale actuelle confine à la tragédie invisible.

Comment ne pas être ému par le sort de ses deux jeunes enfants venus d'Allemagne, dont le séjour de vacances à Dakar s'est transformé en un cruel cauchemar à la suite de l'incarcération subite de leur mère ? Condamnés à regagner l'Europe sans avoir pu jouir de la chaleur maternelle en raison de l'imminence de la rentrée des classes, ces innocents payent un tribut bien trop lourd pour des dérives virtuelles.

Plus alarmant encore, le maintien en détention ou une condamnation ferme de Rokhaya Fall l'exposerait irrémédiablement à la perte de la garde de ses enfants à son retour en Europe, brisant ainsi une cellule familiale que l'État a le devoir de protéger.

C'est pourquoi, tout en s'en remettant à la stricte appréciation du procureur, nous plaidons ardemment pour la libération de « Rox » et la clémence envers « Ramz Yago » : que le parquet entérine ce repentir sincère, car punir au-delà de la leçon reçue ne relèverait plus de la justice, mais du sacrifice d'un avenir familial.

Mamadou Ndiaye
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