SN HLM : le personnel arbore des brassards rouges en signe de protestation tandis que le Directeur général se retranche dans son bureau

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 24 Juillet 2026 à 12:36 modifié le Vendredi 24 Juillet 2026 14:37

Le couperet des licenciements a mis le feu aux poudres. Ce vendredi 24 juillet, la Société nationale des Habitations à Loyer Modéré (SN HLM) est devenue le théâtre d'une confrontation ouverte, marquant l'escalade d'une crise sociale qui couvait depuis plusieurs jours.


L’étincelle est venue de la destitution abrupte de neuf cadres de l'entreprise, une mesure perçue par le personnel comme un affront intolérable. En guise de riposte, l’intersyndicale et les travailleurs avaient orchestré pour ce matin, dès dix heures, un sit-in pacifique mais résolu. Les couloirs de l’institution se sont ainsi drapés de rouge, couleur des brassards arborés par des salariés indignés, symboles d'une fronde qui gagne en intensité.

Cependant, c’est une tout autre stratégie qu'a privilégiée le Directeur général, Pape Abdourahmane Dabo. Soucieux d'éviter la déferlante ou d'anticiper le blocus, le dirigeant a choisi la politique du retranchement, s’enfermant dans ses appartements professionnels dès l'aube, à six heures précises. Pour rompre la cohésion du mouvement et s’assurer une protection physique, la direction n'a pas hésité à faire appel à des forces privées — des « gros bras » — dont la présence sur les lieux n’a fait qu’exacerber des tensions déjà paroxystiques.

Les revendications des grévistes demeurent inflexibles : ils exigent la réintégration pure et simple, sans conditions, de leurs neuf collègues sacrifiés. Face à ce qu’ils qualifient de surdité managériale, les contestataires menacent désormais d’intensifier leur blocage. Le spectre d'une destitution plane sur le Directeur général, le personnel n’excluant plus de réclamer formellement son départ de la tête de la SN HLM si le dialogue reste lettre morte.

Pour sa part, Pape Abdourahmane Dabo justifie la rigueur de sa gouvernance par un argumentaire purement comptable et structurel. Selon la direction, la société subit de plein fouet une dégradation alarmante de ses actifs, amplifiée par une « pollution des assiettes foncières » due à des occupations irrégulières sur l'ensemble du territoire. Évoquant des difficultés financières majeures et un tarissement du volume de travail affecté aux postes supprimés, le Directeur général campe sur ses positions, érigeant ces licenciements en douloureuse nécessité thérapeutique pour la survie de l’entreprise.

Alors que les deux camps se regardent en chiens de faïence, la SN HLM s’enfonce dans une impasse dont l'issue déterminera l'avenir social de cette institution stratégique.

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