La soirée du 7 août 2026 restera longtemps gravée dans la mémoire de Mouhamadou Diop. Ce commerçant de la cité Gabon, à Rufisque, pensait son argent à l’abri sur son compte Orange Money, qu’il utilisait notamment comme une épargne.
Mais en quelques minutes, une partie substantielle de ses économies disparaît. À 21 h 03, 200 000 francs CFA sont retirés. Quelques minutes plus tard, 500 000 francs CFA prennent à leur tour le large. Au total : 700 000 francs CFA.
Le plus troublant est que le propriétaire du compte ne serait à l’origine d’aucune de ces opérations. Lorsqu’il tente d’accéder à son compte, il constate que son code secret a été modifié. Le solde, lui, est sans appel : plus de 850 000 francs CFA étaient disponibles avant les opérations ; il ne reste désormais que 145 526 francs CFA.
Le 22 août, le commerçant se rend au commissariat central de Rufisque et porte plainte. Les enquêteurs plongent alors dans les traces numériques laissées par les opérations. Leur travail va rapidement orienter les soupçons vers un homme qui connaît particulièrement bien les rouages du système : Abdou Karim Sané, 31 ans, administrateur des ventes et commercial à Sonatel.
Une donnée technique aurait constitué l’un des premiers fils tirés par les enquêteurs. Entre 20 h 58 et 21 h 12, le numéro de téléphone du plaignant aurait été utilisé sur un iPhone 16 Pro Max. Un changement d’appareil qui intrigue, puisque la ligne fonctionnait normalement sur le téléphone habituel du client avant et après cette période.
Les vérifications effectuées à partir des données techniques et des cartes SIM associées à l’appareil auraient finalement conduit les enquêteurs jusqu’au commercial de Sonatel.
Confronté aux éléments recueillis, Abdou Karim Sané aurait reconnu avoir eu accès au numéro de la victime. Il aurait expliqué qu’il cherchait au départ à consulter l’identifiant d’un autre client lorsqu’il aurait découvert les informations relatives à Mouhamadou Diop.
Une découverte qui, selon les déclarations qui lui sont attribuées, lui aurait permis de constater que le compte était bien approvisionné.
C’est alors que le scénario présumé de la fraude aurait pris forme. Les enquêteurs soupçonnent le commercial d’avoir exploité plusieurs outils professionnels. « Kibaaru VU 360 » lui aurait permis d’accéder à des informations personnelles du client. Ces données auraient ensuite été utilisées dans le processus de changement de carte SIM via « Simplissimo ». Dernière étape : « BO360 », qui aurait servi à réinitialiser le code secret du compte.
Une fois la nouvelle carte SIM installée sur son téléphone, le suspect aurait alors procédé aux deux retraits : 200 000 francs CFA, puis 500 000 francs CFA. Une mécanique qui, si elle est confirmée par la justice, révèle une exploitation particulièrement préoccupante des données personnelles et des accès professionnels.
Mais que faire de cet argent ? Sur ce point également, les enquêteurs auraient recueilli des déclarations du mis en cause. Abdou Karim Sané aurait évoqué des difficultés financières, notamment une tontine de 50 000 francs CFA, une dette de 20 000 francs CFA envers sa mère et une facture de connexion Wi-Fi du même montant. Il aurait aussi reconnu avoir consacré une partie de ses ressources aux paris sportifs et avoir remis 15 000 francs CFA à sa compagne.
Des explications qui devront désormais être confrontées aux autres éléments du dossier. Car derrière cette affaire, il y a une question centrale : comment un agent disposant d’outils professionnels aurait-il pu utiliser des informations relatives à un client pour prendre le contrôle de son compte et effectuer des retraits ?
Sonatel s’est constituée partie civile. Le dossier dépasse ainsi le simple différend entre un client et un présumé fraudeur. Il pose la question de la sécurisation des données, de la surveillance des accès internes et de la protection des millions d’utilisateurs qui confient quotidiennement leur argent aux services de monnaie électronique.
Déféré devant le tribunal de grande instance de Rufisque, Abdou Karim Sané est notamment poursuivi pour accès et retrait frauduleux dans un système informatique, vol, escroquerie et atteinte aux données personnelles. À ce stade, ces faits demeurent des accusations et c’est à la justice qu’il appartient d’en établir la réalité et les éventuelles responsabilités.
Une chose est toutefois certaine : dans cette affaire, ce ne sont pas seulement 700 000 francs CFA qui ont changé de main. Ce sont aussi les failles potentielles d’un système numérique qui se retrouvent désormais sous la loupe de la justice.
Mais en quelques minutes, une partie substantielle de ses économies disparaît. À 21 h 03, 200 000 francs CFA sont retirés. Quelques minutes plus tard, 500 000 francs CFA prennent à leur tour le large. Au total : 700 000 francs CFA.
Le plus troublant est que le propriétaire du compte ne serait à l’origine d’aucune de ces opérations. Lorsqu’il tente d’accéder à son compte, il constate que son code secret a été modifié. Le solde, lui, est sans appel : plus de 850 000 francs CFA étaient disponibles avant les opérations ; il ne reste désormais que 145 526 francs CFA.
Le 22 août, le commerçant se rend au commissariat central de Rufisque et porte plainte. Les enquêteurs plongent alors dans les traces numériques laissées par les opérations. Leur travail va rapidement orienter les soupçons vers un homme qui connaît particulièrement bien les rouages du système : Abdou Karim Sané, 31 ans, administrateur des ventes et commercial à Sonatel.
Une donnée technique aurait constitué l’un des premiers fils tirés par les enquêteurs. Entre 20 h 58 et 21 h 12, le numéro de téléphone du plaignant aurait été utilisé sur un iPhone 16 Pro Max. Un changement d’appareil qui intrigue, puisque la ligne fonctionnait normalement sur le téléphone habituel du client avant et après cette période.
Les vérifications effectuées à partir des données techniques et des cartes SIM associées à l’appareil auraient finalement conduit les enquêteurs jusqu’au commercial de Sonatel.
Confronté aux éléments recueillis, Abdou Karim Sané aurait reconnu avoir eu accès au numéro de la victime. Il aurait expliqué qu’il cherchait au départ à consulter l’identifiant d’un autre client lorsqu’il aurait découvert les informations relatives à Mouhamadou Diop.
Une découverte qui, selon les déclarations qui lui sont attribuées, lui aurait permis de constater que le compte était bien approvisionné.
C’est alors que le scénario présumé de la fraude aurait pris forme. Les enquêteurs soupçonnent le commercial d’avoir exploité plusieurs outils professionnels. « Kibaaru VU 360 » lui aurait permis d’accéder à des informations personnelles du client. Ces données auraient ensuite été utilisées dans le processus de changement de carte SIM via « Simplissimo ». Dernière étape : « BO360 », qui aurait servi à réinitialiser le code secret du compte.
Une fois la nouvelle carte SIM installée sur son téléphone, le suspect aurait alors procédé aux deux retraits : 200 000 francs CFA, puis 500 000 francs CFA. Une mécanique qui, si elle est confirmée par la justice, révèle une exploitation particulièrement préoccupante des données personnelles et des accès professionnels.
Mais que faire de cet argent ? Sur ce point également, les enquêteurs auraient recueilli des déclarations du mis en cause. Abdou Karim Sané aurait évoqué des difficultés financières, notamment une tontine de 50 000 francs CFA, une dette de 20 000 francs CFA envers sa mère et une facture de connexion Wi-Fi du même montant. Il aurait aussi reconnu avoir consacré une partie de ses ressources aux paris sportifs et avoir remis 15 000 francs CFA à sa compagne.
Des explications qui devront désormais être confrontées aux autres éléments du dossier. Car derrière cette affaire, il y a une question centrale : comment un agent disposant d’outils professionnels aurait-il pu utiliser des informations relatives à un client pour prendre le contrôle de son compte et effectuer des retraits ?
Sonatel s’est constituée partie civile. Le dossier dépasse ainsi le simple différend entre un client et un présumé fraudeur. Il pose la question de la sécurisation des données, de la surveillance des accès internes et de la protection des millions d’utilisateurs qui confient quotidiennement leur argent aux services de monnaie électronique.
Déféré devant le tribunal de grande instance de Rufisque, Abdou Karim Sané est notamment poursuivi pour accès et retrait frauduleux dans un système informatique, vol, escroquerie et atteinte aux données personnelles. À ce stade, ces faits demeurent des accusations et c’est à la justice qu’il appartient d’en établir la réalité et les éventuelles responsabilités.
Une chose est toutefois certaine : dans cette affaire, ce ne sont pas seulement 700 000 francs CFA qui ont changé de main. Ce sont aussi les failles potentielles d’un système numérique qui se retrouvent désormais sous la loupe de la justice.