Sanction de Samuel Eto’o : La Fecafoot révèle au grand jour les dérives totalitaires de la CAF

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 23 Janvier 2026 à 17:21 modifié le Vendredi 23 Janvier 2026 17:24

La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a levé un coin du voile sur ce qu’elle qualifie de dérives profondes au sein de la Confédération africaine de football (CAF) et de ses instances juridiques et disciplinaires. Dans un communiqué, l’instance camerounaise met en cause les méthodes et le fonctionnement d’une organisation qu’elle juge désormais éloignée de tout cadre légal.


Au cœur de la polémique figure la suspension de quatre matches infligée à Samuel Eto’o, président de la Fecafoot. Une sanction dont la CAF n’a, à ce jour, toujours pas communiqué les motifs ni la base juridique. Une opacité troublante, d’autant plus que, comme nous le révélions jeudi, aucune notification officielle et argumentée n’a été transmise non plus à l’Algérie après les sanctions qui ont été infligées à la FAF et à deux joueurs de l’équipe nationale.

La Fecafoot va plus loin en rappelant qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Dans une affaire antérieure, l’instance panafricaine aurait mis pas moins de neuf mois avant de motiver une décision émanant de sa commission disciplinaire. Un délai jugé inacceptable au regard des standards juridiques les plus élémentaires, limités, une fois la demande formulée dans les délais impartis, à soixante-douze heures.

« La Fecafoot s’étonne du contraste entre la célérité observée dans la prononciation de la sanction – moins de deux heures après l’audience – et les délais prolongés, voire indéterminés, constatés dans la communication des motifs d’une décision qui affecte la réputation et l’honneur d’un président dans l’exercice de ses fonctions », souligne le communiqué de la fédération camerounaise.

Au-delà du cas Eto’o, c’est tout le système disciplinaire de la CAF qui est mis en accusation. En effet, nombre de décisions seraient prises sans fondement juridique clair, dans une logique davantage répressive que réglementaire. Une analyse que partage visiblement la Fédération algérienne de football (FAF), laquelle a, elle aussi, exigé que la CAF lui précise la base juridique des sanctions prononcées à son encontre.

Cette gestion autoritaire et opaque expliquerait pourquoi une large partie des décisions de la CAF est régulièrement annulée par le Tribunal arbitral du sport (TAS), véritable recours face aux excès d’un appareil disciplinaire qui cogne d’abord et discute après. Les affaires camerounaise, algérienne et celle du Sénégal annoncée à l’horizon érodent un peu plus la crédibilité d’une confédération déjà fragilisée. Elles posent surtout une question fondamentale : comment prétendre faire respecter le règlement lorsque celui-ci est lui-même allègrement contourné ?

À cet égard, la situation du secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo-Omba, toujours en fonction malgré le dépassement de l’âge légal fixé par les statuts, illustre un malaise profond. Une anomalie qui en dit long sur la conception du droit et de la gouvernance dans les couloirs feutrés du siège du Caire.


Comme à chaque fois, la CAF s’embourbe dans des affaires qui ternissent un peu plus son image. Ou du moins ce qu’il en reste. Et à force de décisions sans fondement, c’est toute l’architecture institutionnelle du football africain qui risque de s’effondrer.

Recommandé Pour Vous