Scandale à Air Sénégal : le « Xar Matt » au cœur d’une vaste opération de suspension

Rédigé par Dakarposte le Samedi 26 Septembre 2026 à 14:37 modifié le Samedi 26 Septembre 2026 16:40

Le pavillon national traverse une zone de turbulences inédite, non point suspendu aux caprices des cieux ou aux avaries des réacteurs, mais terrassé au sol par le dévoilement d’un secret de polichinelle devenu scandale d'État.

L’onde de choc qui secoue les coursives d'Air Sénégal, singulièrement sur l’axe névralgique reliant Dakar à Paris, charrie avec elle le discrédit d'une corporation tout entière.

Par une décision radicale et sans précédent, l'ensemble du personnel navigant commercial — stewards aux sourires policés et hôtesses à l'élégance coutumière — s’est vu brutalement débarqué, suspendu à la lisière du tarmac, sous le poids d'accusations infamantes.

Il leur est reproché d’avoir transformé les soutes et les cabines de la compagnie en d'indécentes officines mercantiles, s'adonnant à ce que le jargon populaire désigne sous le nom de « Xar Matt », une pratique que l’on traduirait en français par le convoyage clandestin de colis de tiers, ou plus prosaïquement, par la contrebande de bagages à des fins lucratives individuelles.

Ce système interlope, communément baptisé « activité GP » ou de « Gratuité Passager », détournait les privilèges exclusifs accordés aux agents de franchise douanière et d'exemption de poids pour orchestrer un commerce parallèle d'une efficacité redoutable.

Des tonnes de marchandises privées voyageaient ainsi sous le couvert de la gratuité statutaire, privant la compagnie de précieuses recettes et transformant chaque rotation aérienne en une foire d'empoigne souterraine.

Ce qui stupéfie les observateurs et consterne, nous revient-il, la haute hiérarchie réside dans l'universalité et la verticalité de cette dérive. Ce trafic d'influence et de fret ne relevait plus de l'expédient marginal d'un agent aux abois, mais s'était mué en une institutionnalisation de la fraude, enracinée à des niveaux hiérarchiques jusque-là insoupçonnés du personnel de bord.

L’élégance des uniformes masquait en réalité une logistique occulte où s'échangeaient d'importantes prébendes, hors de tout contrôle douanier et réglementaire.
En coupant le mal à la racine par ce débarquement massif, la direction tente une manœuvre de la dernière chance pour sauver ce qui reste de l'intégrité de son blason, rappelant que la souveraineté aérienne ne saurait s'accommoder des arrangements de soute.

Mamadou Ndiaye
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