Sommet Africa Forward: Emmanuel Macron annonce 23 milliards d'euros d'investissements français et africains

Rédigé par Dakarposte le Lundi 11 Mai 2026 à 21:30 modifié le Lundi 11 Mai 2026 23:32

Le président français Emmanuel Macron a annoncé, ce lundi 11 mai, "23 milliards d'euros d'investissements pour l'Afrique" en clôture du forum des affaires du sommet Africa Forward à Nairobi, au Kenya. Ce montant additionne 14 milliards d'euros de financements français et 9 milliards apportés par des investisseurs africains, selon l’AFP.


Les 14 milliards d'euros français comprennent des investissements d'acteurs privés, notamment des entreprises, mais aussi des fondations et fonds d'investissement, et des projets portés par les opérateurs publics de l'aide au développement: l'Agence française de développement (AFD, Proparco et la Direction générale du Trésor), selon l’Élysée. Ces montants couvrent tous types d'instruments financiers, des prêts aux subventions, en passant par les prises de participation. Les neuf milliards restants viennent d'investisseurs africains.

Les secteurs prioritaires identifiés par l'Élysée sont la transition énergétique (4,3 milliards d'euros), le numérique et l'intelligence artificielle (3,76 milliards), l'"économie bleue" (3,3 milliards) et l'agriculture (1 milliard). La santé bénéficie, quant à elle, de 942 millions d'euros d'engagements, l'industrialisation de 300 millions et enfin le secteur bancaire et financier de 250 millions, toujours selon AFP. Le tout, promet le président français, "va créer plus de 250.000 emplois directs en France en Afrique".

Organisé lundi 11 et mardi 12 mai dans la capitale kényane, le sommet Africa Forward est le premier du genre que la France tient dans un pays anglophone. Plus de 30 chefs d'État et de gouvernement africains y participent aux côtés de dirigeants de grandes entreprises françaises, dont TotalEnergies et Orange, ainsi que d'Aliko Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique.

Reuters nous apprend que parmi les annonces concrètes, le groupe maritime français CMA-CGM a confirmé un investissement de 700 millions d'euros pour moderniser un terminal du port kényan de Mombasa.

Un "combat commun" face aux États-Unis et à la Chine

Lors d'une table ronde sur la technologie et l'intelligence artificielle, le président français a développé un argumentaire géopolitique : "Beaucoup de solutions sont fabriquées aux États-Unis ou en Chine", a-t-il déclaré selon Reuters. "Je pense que nous avons un combat commun : construire notre autonomie stratégique pour l'Europe et l'Afrique. Et si nous la construisons ensemble, nous serons bien plus forts." Emmanuel Macron a plaidé pour un "changement de logique" dans la relation franco-africaine et a également soutenu que l'Afrique avait "besoin d'investissements" plutôt que d'aide publique, que “l'Europe n'est de toute manière plus en mesure de lui fournir en abondance", selon l'AFP.



Le président kényan, William Ruto a formulé des attentes précises. "Nous voulons une architecture financière internationale fonctionnelle, représentative et équitable, qui reconnaisse nos opportunités et qui ne juge pas injustement les économies africaines", a-t-il déclaré lors du sommet, nous informe reuters. Le président kényan participera, d’ailleurs, au prochain sommet du G7, prévu à Évian-les-Bains, à l'invitation de la France. William Ruto a prévu d’y plaider pour un meilleur accès du continent au crédit international.

La France tient ce sommet alors que son influence recule dans plusieurs pays, notamment d'Afrique de l'Ouest. Depuis 2020, des coups d'État au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont porté au pouvoir des officiers militaires qui ont expulsé les troupes françaises et fait appel à des mercenaires russes.

En juillet dernier, Paris a rétrocédé le contrôle de sa dernière installation militaire majeure au Sénégal, après que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a déclaré que les bases françaises étaient incompatibles avec la souveraineté de son pays, rappelle Reuters.

Au Kenya même, la France a également essuyé un revers commercial conséquent, récemment. Le gouvernement de William Ruto a mis fin à un contrat d'élargissement d'autoroute de 1,5 milliard de dollars avec un consortium dirigé par le groupe français Vinci SA pour le confier à des entreprises chinoises, après que les autorités kényanes ont estimé qu'il leur imposait trop de risques, selon Reuters.

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