Soutien indéfectible à Ibrahima Lissa Faye : Nouvelles dérives du ministre de la Communication

Rédigé par Dakarposte le Mardi 31 Mars 2026 à 12:37 modifié le Mardi 31 Mars 2026 16:34

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) exprime sa vive préoccupation à la suite de la convocation du confrère Ibrahima Lissa Faye à la Sûreté urbaine, en lien avec ses prises de position sur la gestion scandaleuse et illégale du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) ces deux dernières années.
Le CDEPS tient à rappeler que l’analyse critique de la gestion des ressources publiques relève pleinement de l’exercice du journalisme et de la liberté d’expression, piliers de tout État de droit. En s’exprimant sur la répartition du FADP, notre confrère n’a fait que mettre en lumière des faits chiffrés et vérifiables, qui appellent un débat public transparent et contradictoire, non une intimidation policière ou judiciaire.
L’examen des données disponibles fait apparaître un déséquilibre préoccupant dans l’allocation des ressources du FADP 2025. Sur un montant global de 1,9 milliard, une part de 42,2% du budget global, soit 801,24 millions FCFA, est captée par les médias de service public et les structures de gouvernance. Cette concentration interroge d’autant plus que ces entités bénéficient déjà de financements directs de l’État. À titre illustratif, l’APS, Le Soleil et la RTS cumulent à eux seuls plus d’un quart du budget total.
Parallèlement, les institutions dites de gouvernance, incluant notamment le CESTI, le CORED et la CCNP mobilisent des ressources significatives, renforçant davantage le poids de la sphère publique dans un dispositif censé soutenir l’ensemble de l’écosystème médiatique.
Plus grave encore, des éléments concordants font état d’une ponction de 39,6 millions FCFA opérée par l’administration du FADP sur les allocations destinées à certaines structures, au profit de la Maison de la Presse. Une telle réaffectation, en l’absence de base contractuelle ou réglementaire explicitement prévue par les textes encadrant le fonds, soulève de sérieuses interrogations quant à sa légalité et à sa conformité aux principes de bonne gouvernance.
Dans le même temps, la presse privée, dont seulement 38 entreprises ont pu déposer, ne reçoit que 36,1% du budget, soit 686,55 millions FCFA. Ce déséquilibre est accentué par le fait que le fonds est resté bloqué illégalement pendant une année entière, fragilisant durablement des entreprises déjà confrontées à une raréfaction des ressources publicitaires et à une quasi-disparition des conventions avec l’État.
Le contraste est saisissant. Là où quelques entités publiques et administratives concentrent une part majoritaire des ressources, la presse privée se trouve contrainte de survivre avec des moyens réduits, fragmentés et, dans certains cas, arbitrairement amputés. À l’origine de sa création, le FADP était exclusivement réservé aux entreprises de presse privées pour les soutenir dans leur mission de service public de l’information aux citoyens.


















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