Transfert de migrants vers la Sierra Leone : Dakar précise le profil des Sénégalais concernés

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 22 Mai 2026 à 14:56 modifié le Vendredi 22 Mai 2026 17:00

Les États-Unis ont commencé à transférer vers la Sierra Leone des migrants ouest-africains en situation irrégulière, dans le cadre d’un accord conclu entre Washington et Freetown. Un premier groupe de neuf personnes est arrivé mercredi 20 mai à l’aéroport international de Lungi, près de la capitale sierra‑léonaise, selon une information relayée par l’agence de presse Reuters. Parmi ces migrants expulsés figurent un Sénégalais, deux Guinéens, cinq Ghanéens et un Nigérian, a précisé le ministère de l’Intérieur sierra‑léonais.

Face aux inquiétudes suscitées par cette affaire, le consul général du Sénégal à New York, Demba CAMARA, a apporté des éclairages sur le profil des compatriotes concernés. Selon Les Échos, il s’agit de migrants ayant évoqué des menaces pour leur sécurité ou introduit des demandes d’asile aux États‑Unis, ce qui relève de procédures juridiques spécifiques encadrées par le droit international et le principe de non‑refoulement. Ce principe interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle estime risquer des persécutions ou de graves dangers. Le diplomate a également affirmé que les autorités sénégalaises travaillent « en parfaite collaboration » avec les agences américaines chargées de l’immigration, notamment l’ICE et le Département de la Sécurité intérieure, et que le consulat reçoit régulièrement des rapports détaillés concernant les expulsions classiques vers Dakar. À titre d’exemple, un rapport transmis fin avril faisait état de 285 Sénégalais expulsés vers leur pays d’origine au cours du seul mois d’avril.

L’accord signé entre les États‑Unis et la Sierra Leone prévoit l’accueil d’un maximum de 25 migrants par mois, soit jusqu’à 300 personnes par an, exclusivement des ressortissants de la CEDEAO. Les personnes transférées disposent d’un droit de séjour de 90 jours en Sierra Leone, après quoi elles sont censées regagner leur pays d’origine. Le programme est financé par Washington à hauteur de 1,5 million de dollars pour couvrir les frais humanitaires et opérationnels. Les autorités sierra‑léonaises ont indiqué que les migrants, décrits comme « traumatisés » par leur détention aux États‑Unis, seront hébergés dans un hôtel et devraient rejoindre leur pays d’ici deux semaines.






















Walf

Recommandé Pour Vous