Travail au noir à l’Hôtel Pullman de Dakar – Viré après 9 ans de travail, Abdou Coly dénonce un licenciement abusif et des conditions de travail …« indignes »

Rédigé par Dakarposte le Mardi 3 Mars 2026 à 02:30 modifié le Mardi 3 Mars 2026 03:37

Dans le secteur de l'hôtellerie, le travail dissimulé (au noir) expose les employés à une exploitation sévère, incluant des horaires abusifs et l'absence de contrats légaux. Les travailleurs qui réclament de meilleures conditions sont fréquemment licenciés abusivement, comme observé récemment à Diamniadio, bafouant leurs droits et le code du travail. C’est le cas du sieur Abdou Coly, comptabilisant presque une décennie de service à l’hôtel Pullman ex Téranga, sans contrat formel ( appelé travail dissimulé) a été licencié pour avoir réclamé ses droits.


C'est comme un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages. Le fameux complexe hôtelier le Pullman, anciennement appelé hôtel Téranga, réputé pour la qualité de son accueil et de ses chambres de luxe est dans une mauvaise passe.
En d’autres termes, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, ce palace, assez couru, lieu prestigieux, constamment animé et prisé par une clientèle fortunée, synonyme de raffinement et de grande affluence, projetant une image publique éthique ou bienveillante, traite mal ses employés.

En effet, ce haut lieu de l’hôtellerie, niché en plein cœur du centre-ville de Dakar, à un jet de pierre du Palais Présidentiel, pratique ce que la langue de Shakespeare appelle le « Employee Washing » ou une forme de fausse responsabilité sociale d'entreprise (RSE). Une déconnexion, en dépit des apparences, qui a fini de créer un malaise, une culture toxique, causant du stress, des risques de harcèlement notamment psychologique, bref des dommages à la réputation.

En réalité, plusieurs employés – à l’image du sieur Abdou Coly- dénoncent un traitement salarial contraire aux dispositions du code du travail, notamment l'absence de contrat en bonne et due forme, le non reversement des cotisations sociales et, pire, l'existence de plusieurs employés qui ont le statut de ''journaliers'' depuis plusieurs années. Ce qui a conduit certains d'entre eux à saisir l'inspection du travail. Sans succès. Car, la direction de l'hôtel refuse de reconnaître un lien de travail avec les plaignants et par conséquent elle refuse de régulariser leur situation. Qui plus est, ils sont virés illico presto s'ils osent réclamer leurs droits.

Dakarposte a d’ailleurs, reçu copie d'une lettre de réclamation de l'un d'entre eux qui, en l’occurrence Abdou Coly, lequel après neuf ans de service dans l'établissement souhaitait qu'on lui établisse un contrat à durée indéterminée conformément à la législation sur le travail. La réponse de l'hôtel (dont nous détenons copie) est tout simplement sidérante. Pullman affirme noir sur blanc que l'homme n'a… jamais travaillé dans l'établissement. Que nenni ! Ce que balaie d’un revers de main Coly . Qui brandit des preuves d’une relation de travail entre son désormais ex employeur et lui.

Il nous revient d’ailleurs de sources judiciaires que même sans contrat écrit, l'employé peut prouver l'existence d'un contrat par des bulletins de paie, des témoignages de collègues, des relevés bancaires de virements, entre autres, notamment des emails/messages…
« Je détiens des preuves qui prouvent ma relation de travail avec le Pullman Hôtel. Les employés du Pullman sont dans ce que je peux appeler une "prison dorée » où l’on travaille le cœur meurtri, dans l’angoisse permanente » glisse Abdou Coly. Qui a été récemment viré pour avoir réclamé ses droits après neuf ans de service.

Tout en gardant sa sérénité, il laisse entendre : « Cet hôtel fait du travail au noir qui consiste à employer quelqu’un sans le déclarer du tout. Cela veut dire que la personne employée n’a donc ni contrat de travail ni contrat de prestation. Elle ne bénéficie d’aucune protection sociale et n’est pas protégée en cas d’accident du travail. Je dénonce une gestion opaque de la structure et je saisis l’opportunité pour réclamer l’intervention des corps de contrôle de l’État. Ceux qui dirigent l’hôtel bafouent les droits des travailleurs dans une impunité totale. Cette situation est inacceptable. Il est temps que cela cesse. »

Pour contourner l'inspection du travail, l'hôtel fait appel à des agences d'intérim qui n'ont en réalité aucun lien avec ces employés qui travaillent au noir.
Pour l'heure le plaignant dont nous avons reçu copie de la lettre de réclamation est obligé de s'adresser aux tribunaux pour recouvrer ses droits. Une bataille qui risque d'être longue car l'hôtel ne veut pas courir le risque de payer des dizaines de millions de nos sous pour régulariser ses travailleurs au noir surtout qu'il ne reconnaît pas être dans l'illégalité.

En tous les cas, sans cause réelle et sérieuse, le licenciement ouvre droit à des indemnités pour le préjudice subi et le travail au noir expose l'employeur à des amendes et peines d'emprisonnement.
Triste pour un établissement de réputation internationale !
Dakarposte, qui suit comme de l’huile sur le feu l’évolution de ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Pullman/ Abdou Coly », promet d’y revenir avec une ébauche de détails !

Mamadou L. Ndiaye

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