Tribunal de Dakar : Nogaye Thiam « Bété Bété » et ses co-déférés face au procureur, une affaire entourée de lourdes interrogations

Rédigé par Dakarposte le Vendredi 4 Septembre 2026 à 13:55 modifié le Vendredi 4 Septembre 2026 15:55

L’affaire de la soirée privée organisée au Pullman de Dakar, révélée en exclusivité par notre confrère Seneweb, a désormais franchi le seuil de l’enquête pour entrer dans l’enceinte judiciaire.

L’actrice Ndeye Ndaw Thiam, plus connue sous le sobriquet de « Nogaye » dans la série Bété Bété, ainsi que deux de ses amies et deux hommes, dont un ressortissant mauritanien, ont été déférés ce vendredi matin devant le parquet de Dakar.


Dakarposte a appris que Lle groupe se trouve actuellement à la cave du tribunal, dans l’attente de sa présentation au procureur de la République, maître des poursuites, qui devra apprécier les suites judiciaires à donner à cette affaire et, le cas échéant, déterminer les qualifications pénales susceptibles d’être retenues.

Selon les éléments rapportés dans le cadre de l’enquête, Nogaye Thiam et ses deux amies seraient poursuivies pour des faits présumés de vol, de détention et d’usage de stupéfiants. Les deux hommes, quant à eux, seraient visés pour détention et usage de drogue.

Les faits remontent au week-end dernier. Les trois jeunes femmes auraient été conviées à une soirée privée dans un établissement hôtelier de la place par un ressortissant mauritanien, identifié sous le prénom de Sidy, et l’un de ses compagnons.

Après avoir séjourné durant trois jours sur les lieux, les jeunes femmes auraient quitté l’hôtel.
C’est peu après leur départ que Sidy a constaté la disparition d’une montre de marque Rolex, dont la valeur alléguée avoisinerait dix millions de francs CFA. Se considérant lésé, il a saisi les services de la gendarmerie d’une plainte.

Les investigations diligentées par la brigade de la maréchaussée de Dakar-Ville appelé « Thionk » ont ensuite conduit les enquêteurs sur la piste de faits liés à la consommation et à la détention de stupéfiants.

Au-delà du seul dossier du vol présumé, cette affaire soulève désormais une série de questions qui ne manqueront certainement pas d’être examinées par la justice.

Dans certains milieux, l’évocation d’une variété de drogue communément désignée sous le nom de « Ballon » alimente notamment les inquiétudes.

Il nous revient que cette substance est parfois présentée, dans certains récits de faits divers, comme pouvant être utilisée à l’insu de personnes ciblées afin de les rendre vulnérables avant la commission de vols.



Il convient toutefois de souligner qu’aucun élément établi à ce stade ne permet d’affirmer que cette substance aurait été administrée à la victime dans la présente affaire, ni qu’elle aurait servi à commettre le vol allégué.

Dès lors, plusieurs interrogations demeurent en suspens : si le vol de la Rolex devait être judiciairement établi, qui aurait matériellement soustrait la montre ? Où celle-ci aurait-elle été conservée ou éventuellement remise ? Quelle serait, le cas échéant, la provenance de la substance découverte au cours de l’enquête et qui l’aurait fournie ? Les personnes présentes lors de cette soirée, ainsi que leurs rôles respectifs, devront-elles être entendues plus longuement ?

D’autres zones d’ombre pourraient également intéresser les enquêteurs et le parquet : qui sont précisément les personnes ayant participé à ces retrouvailles privées ? Dans quelles circonstances les protagonistes se sont-ils rencontrés ? Quelle est l’origine des importantes sommes d’argent qui auraient été évoquées dans le cadre de l’enquête ? Et surtout, existe-t-il un quelconque lien entre la consommation présumée de stupéfiants et la disparition de la montre ?

Autant de questions auxquelles seule une investigation rigoureuse, contradictoire et respectueuse des droits de chaque personne mise en cause pourra apporter des réponses.

Pour l’heure, la présomption d’innocence demeure pleinement applicable à Nogaye Thiam comme à l’ensemble des personnes déférées.

Mais la gravité potentielle des faits allégués explique que l’affaire suscite une attention particulière et que certains observateurs redoutent que les intéressés ne connaissent une suite judiciaire particulièrement lourde si les accusations venaient à être corroborées par les éléments matériels de l’enquête.

Il appartiendra désormais à Dame Justice, à travers le parquet puis, le cas échéant, les juridictions compétentes, de démêler l’écheveau des déclarations, des témoignages et des éléments matériels afin d’établir ce qui s’est réellement passé derrière les portes closes de cette soirée privée.

Car derrière la disparition alléguée d’une montre estimée à dix millions de francs CFA et la découverte de stupéfiants se profile une affaire dont les ramifications pourraient être bien plus vastes qu’il n’y paraît.

Mamadou Ndiaye
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