Youssou Ndour et son mythique orchestre, le Super Étoile, ont offert hier au public dakarois un concert d'une intensité rare, véritable prélude à la communion attendue samedi prochain à l'Accor Arena de Paris.
Pour ce dernier rendez-vous en terre Sénégalaise, le cadre enchanteur du Grand Théâtre National s'est métamorphosé en un temple de la célébration culturelle.
C’est sous la menace d’orages diluviens, qui malmènent ces derniers temps les cieux de la capitale, que les organisateurs ont sagement pris le parti de sanctuariser l'événement à l'abri de cette somptueuse salle fermée. Une intuition salvatrice : le théâtre a affiché complet dès les premières lueurs de la soirée.
Pour l’occasion, l’ingénierie visuelle et acoustique s'est hissée au niveau des plus grandes scènes internationales. Les jeux de lumière, portant l'illustre signature des techniciens du « Roi du Mbalax », nimbaient la scène d'une aura spectaculaire, tandis qu'un son d'une limpidité absolue flattait les tympans des mélomanes.
Audace majeure de la mise en scène, une tribune d'honneur exclusive a été aménagée à l’arrière-plan immédiat des planches, plaçant quelques privilégiés à un mètre à peine de l'idole et de ses musiciens. Dans le public, une touchante unanimité esthétique s'était imposée : des aïeux aux enfants, toutes les générations s’étaient parées de leurs plus beaux atours, rivalisant d'élégance vestimentaire.
Aux confins de minuit, l'enfant prodige de la Médina fit une entrée triomphale, précédé de quelques instants par son alter ego artistique, l'inoxydable Mbaye Dièye Faye. Ce dernier embrasa la salle d’une ferveur rythmique avant que la voix d'or de Youssou Ndour n'entonne une version magnifiquement réorchestrée du morceau Sénégal. Comme mus par une force invisible, les spectateurs se levèrent d'un seul élan, s'abandonnant à des chorégraphies improvisées tout en reprenant en chœur chaque strophe déclamée.
Vêtus de tuniques traditionnelles d'un raffinement impeccable, l’Empereur de la musique africaine et ses maestros ont enchaîné les titres à un rythme effréné. Des classiques intemporels aux compositions récentes, à l'instar de l'hommage vibrant dédié à Serigne Fallou et Serigne Babacar Sy, chaque note fut sublimée par l'organe vocal unique du chanteur.
Cette fresque vivante s'est enrichie de la contribution magistrale d'un corps de ballet d'hommes et de femmes, transcendé par les pas hardis dictés par les chorégraphes Pape Moussa et « Riche » Niang Faye.
La soirée a été également marquée par le retour triomphal d’Aïda Samb au pupitre des chœurs. Déployant un registre d’une plasticité rare, elle a magistralement navigué des profondeurs chaleureuses du contralto aux nuances veloutées du mezzo-soprano, affirmant une prestance digne des plus illustres cantatrices. À ses côtés, les choristes Djiby Sèye et Birame Dieng ont livré une réplique vocale de haute volée.
Il fallut trois heures d'une mémorable performance pour épuiser ce voyage sensoriel. Au terme de cette veillée artistique, le professionnalisme infaillible du Super Étoile et la direction magistrale de son leader ont définitivement assis, s'il en était encore besoin, la suprématie de Youssou Ndour au sommet de l'art africain.
clounjay@yahoo.fr
Pour ce dernier rendez-vous en terre Sénégalaise, le cadre enchanteur du Grand Théâtre National s'est métamorphosé en un temple de la célébration culturelle.
C’est sous la menace d’orages diluviens, qui malmènent ces derniers temps les cieux de la capitale, que les organisateurs ont sagement pris le parti de sanctuariser l'événement à l'abri de cette somptueuse salle fermée. Une intuition salvatrice : le théâtre a affiché complet dès les premières lueurs de la soirée.
Pour l’occasion, l’ingénierie visuelle et acoustique s'est hissée au niveau des plus grandes scènes internationales. Les jeux de lumière, portant l'illustre signature des techniciens du « Roi du Mbalax », nimbaient la scène d'une aura spectaculaire, tandis qu'un son d'une limpidité absolue flattait les tympans des mélomanes.
Audace majeure de la mise en scène, une tribune d'honneur exclusive a été aménagée à l’arrière-plan immédiat des planches, plaçant quelques privilégiés à un mètre à peine de l'idole et de ses musiciens. Dans le public, une touchante unanimité esthétique s'était imposée : des aïeux aux enfants, toutes les générations s’étaient parées de leurs plus beaux atours, rivalisant d'élégance vestimentaire.
Aux confins de minuit, l'enfant prodige de la Médina fit une entrée triomphale, précédé de quelques instants par son alter ego artistique, l'inoxydable Mbaye Dièye Faye. Ce dernier embrasa la salle d’une ferveur rythmique avant que la voix d'or de Youssou Ndour n'entonne une version magnifiquement réorchestrée du morceau Sénégal. Comme mus par une force invisible, les spectateurs se levèrent d'un seul élan, s'abandonnant à des chorégraphies improvisées tout en reprenant en chœur chaque strophe déclamée.
Vêtus de tuniques traditionnelles d'un raffinement impeccable, l’Empereur de la musique africaine et ses maestros ont enchaîné les titres à un rythme effréné. Des classiques intemporels aux compositions récentes, à l'instar de l'hommage vibrant dédié à Serigne Fallou et Serigne Babacar Sy, chaque note fut sublimée par l'organe vocal unique du chanteur.
Cette fresque vivante s'est enrichie de la contribution magistrale d'un corps de ballet d'hommes et de femmes, transcendé par les pas hardis dictés par les chorégraphes Pape Moussa et « Riche » Niang Faye.
La soirée a été également marquée par le retour triomphal d’Aïda Samb au pupitre des chœurs. Déployant un registre d’une plasticité rare, elle a magistralement navigué des profondeurs chaleureuses du contralto aux nuances veloutées du mezzo-soprano, affirmant une prestance digne des plus illustres cantatrices. À ses côtés, les choristes Djiby Sèye et Birame Dieng ont livré une réplique vocale de haute volée.
Il fallut trois heures d'une mémorable performance pour épuiser ce voyage sensoriel. Au terme de cette veillée artistique, le professionnalisme infaillible du Super Étoile et la direction magistrale de son leader ont définitivement assis, s'il en était encore besoin, la suprématie de Youssou Ndour au sommet de l'art africain.
clounjay@yahoo.fr