VDN3 : menacés d’expulsion, les artisans de l’automobile réclament leurs sept hectares

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 14 Octobre 2026 à 20:40 modifié le Mercredi 14 Octobre 2026 22:40

L'amertume et l'incompréhension consument aujourd'hui le cœur des artisans de l'automobile, installés de longue date sur la VDN3.

Face à la menace imminente d'une expulsion, ces travailleurs de la mécanique se dressent pour réclamer la sécurisation définitive de leur site, un espace qu'ils considèrent comme un rempart essentiel contre le chômage et un pôle vital pour la formation professionnelle.

Portant la voix du collectif coordonnateur de l'unité des artisans de l'automobile, leur porte-parole s'est exprimé avec gravité livrant un plaidoyer vibrant : « L'on affecte aujourd'hui de vouloir nous chasser. Pourtant, qui sommes-nous en réalité ? Nous ne sommes point des parias ni des délinquants. Nous sommes des bâtisseurs d'avenir, des formateurs qui transmettent un savoir-faire. Chaque atelier ici présent a vu grandir et s'émanciper une multitude de jeunes citoyens, désormais actifs et intégrés. Notre rôle dépasse la technique : nous sommes des éducateurs. Nous enseignons à nos apprentis les vertus cardinales de la ponctualité, du respect mutuel et de l'amour du travail bien fait. Nous sommes des hommes d'honneur et de dignité, qui refusent de tendre la main"

"Pourtant, aujourd'hui, poursuit-il, au mépris de tout dialogue et en l'absence de toute alternative, l'injonction nous est faite de déguerpir. L'on cède nos terres à de riches promoteurs privés, condamnant à l'exil des Sénégalais qui œuvrent ici à la sueur de leur front depuis des décennies. Face à cette injustice, notre conscience s'insurge : le seuil du tolérable a été franchi. Nous lançons un appel solennel aux autorités compétentes de l'État, et plus particulièrement à la haute bienveillance du Président de la République. Si notre déplacement s'avère impérieux, qu'on nous octroie au préalable un site d'accueil digne de ce nom avant de détruire nos outils de travail. Nous ne plierons pas sans qu'une solution viable ne soit opposée à notre détresse. Notre revendication est claire : nous exigeons la restitution des sept hectares initiaux. Cette superficie, jadis promise par le chef de l'État, suffirait amplement à reloger l'ensemble des artisans de cette zone. Alors que s'ouvre l'année scolaire et que chaque parent d'élève ploie sous le fardeau financier de l'achat des fournitures, l'administration nous accable de sommations d'huissier. Pour quel dessein ? Pour anéantir nos efforts et nous priver des ressources nécessaires à la scolarisation de nos fils et de nos filles. Nous ne demandons rien d'autre que la sanctuarisation de nos ateliers, la pérennisation de nos activités et l'accompagnement de la puissance publique, car nous sommes les fils légitimes de cette nation. Que l'on nous restitue nos terres, et qu'on nous laisse travailler en paix, à l'abri des menaces. Briser le destin de pères de famille responsables, qui arrachent la jeunesse à la dérive, est une infamie que nous ne saurions tolérer. »

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