Analyse
Mbaye Ndiaye trop bavard sur l’affaire Khalifa Sall - Savoir remuer sept fois la langue…
Témoignage d’un ancien frère de parti, un militant Pds qui se réfugie dans l’anonymat : «Mbaye Ndiaye ? C’est un paysan qui s’est retrouvé du jour au lendemain à la table du roi. Il n’est pas cultivé, il manque d’urbanité et ne sait pas s’exprimer en public.D’ailleurs, son patron, le Président Macky Sall le sait si bien qu’il l’a viré dare-dare du ministère de l’Intérieur dont la gestion s’avérait trop lourde pour le peu d’éducation dont il dispose. Pour tout dire, il n’a pas sa place dans un gouvernement et les responsabilités qui lui sont confiées sont trop lourdes pour lui !». Envoyez, c’est pesé !
Sa ruralité transparait en effet dans son langage et son manque de retenue le conduit à faire des déclarations malheureuses à chaque fois qu’il lui est donné d’ouvrir la bouche.  C’est ainsi qu’il vient de s’attirer les foudres de ses camarades de parti en reconnaissant, le 10 mars dernier, que l’affaire Khalifa Sall est purement politique alors que la thèse officielle de l’Apr dénie à cette affaire tout caractère politique. Il marche à contre-courant sans le savoir et cela lui vaut un retour de bâton douloureux. Sans nuances, voici ce qu’il affirmait :
«Le Président Macky Sall a les moyens de combattre quiconque veut le combattre. Lorsque quelqu'un s'oppose à lui, il a le devoir de répliquer et de faire face. Il ne faut pas avoir honte de dire que Macky Sall a des moyens légitimes d'investiguer, d'auditer les affaires de la République. Il peut l'exercer sur tout dépositaire d'un mandat public, en particulier ceux qui s'opposent à lui. Si l'opposant ne fait pas dans la transparence, le Président peut le contrecarrer en utilisant cela légitimement contre lui». Et d’ajouter, comme pour s’en glorifier : «Un homme (Khalifa Sall) a décidé de renier tout cela alors que le mandat du Président n'est pas terminé. On a voulu tout faire pour le diaboliser et hisser le maire de Dakar au même niveau que l'institution suprême de la République. A partir de ce moment, tout coup donné doit recevoir une réplique». Puis de manière très claire, ce «flibustier de la politique» comme le surnomme notre militant libéral anonyme d’enfoncer le clou : «Si Pape Diop et Mamadou Diop s’étaient opposés au pouvoir, ils auraient subi le même sort».
On comprend pourquoi ses camarades de parti le vouent aux gémonies, eux qui présentent cette affaire comme purement judiciaire, contrairement à la majorité des Dakarois qui n’y voient que des relents politiques. En s’exprimant  de la sorte sans mesurer les conséquences de ses déclarations, Mbaye Ndiaye met ainsi du sable dans le couscous des apéristes et il n’est pas sûr que ceux-ci le lui  pardonneront de sitôt. Comme quoi, il faut savoir remuer sept fois la langue dans la bouche…

Affaire Khalifa Sall – Les "erreurs" d’Al Amine…
En s’exprimant sur l’affaire Khalifa Sall, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine a commis sa première erreur. Car lorsqu’un guide religieux intercède auprès de la plus haute autorité de son pays en faveur d’un des siens, il ne doit pas le révéler en présence de tiers, probablement des adversaires politiques de ce dernier qui pourraient utiliser ces informations de manière tendancieuse.
La deuxième erreur du marabout se trouve dans son appréciation un peu simpliste de la situation : "J’ai instruit Khalifa Sall de ne pas faire de déclaration, de ne pas parler. Il a trop vite parlé et aujourd’hui il s’est empêtré dans ses déclarations…"
Est-ce à dire que lorsqu’il intervenait auprès du président de la République, ce dernier lui avait posé comme condition de l’arrêt des poursuites contre le maire de Dakar, le silence de ce dernier ? Se taire, arrêter ses activités politiques et se faire tout petit en échange de sa liberté ? C’est ce que semble suggérer la déclaration du porte-parole du Khalife général et cette révélation serait une grave erreur s’il s’avère que des conditions ont été posées par le président Macky Sall. Ce serait alors la preuve que le dossier est manipulé depuis la présidence de la République, même si Khalifa Sall n’est pas blanc comme neige.
Erreur également lorsque le marabout affirme qu’il a demandé la libération de Khalifa Sall ne serait-ce que parce qu’il porte le nom de son père… Combien d’homonymes de Khalifa Ababacar Sy ont connu des déboires politico-judiciaires sans qu’il ne lève le plus petit doigt ? Est-ce parce qu’il s’appelle Khalifa Ababacar que le maire de Dakar doit être libéré ou plutôt parce que ce dernier est innocent des accusations portées sur lui ? Le porte-parole devrait peut-être éviter de parler lorsque le Khalife ne le lui commande pas.

Caisse d’avance : A fond la caisse !
C’est, dit-on, pour avoir utilisé la caisse d’avance de la mairie de Dakar de manière peu orthodoxe que Khalifa Sall vient d’être envoyé en prison. Il est accusé de «détournement de deniers publics, complicité de détournement de deniers publics et blanchiment d’argent».

Accusations graves s’il en est, desquelles ce dernier se défend en affirmant avec force que cette caisse d’avance n’est rien d’autre qu’un «fonds politique» à la disposition du maire qui en fait l’usage qu’il veut.
A l’en croire, il s’agit d’une sorte de caisse noire dont l’utilisation n’est susceptible de justifications qu’a posteriori. Depuis plusieurs dizaines d’années, pour ne pas dire depuis toujours, cette caisse d’avance existe et a toujours fonctionné comme des fonds politiques. Si le débat fait rage aujourd’hui sur la légalité ou non de cette caisse, c’est simplement parce que son utilisateur n’est pas du même camp politique que le parti au pouvoir qui considère que les  fonds qui alimentent cette caisse peuvent servir de trésor de guerre à Khalifa Sall, dont la candidature pour les législatives et la présidentielle ne sont plus un secret pour personne. Car, gageons que si le maire de Dakar était un militant apéristes, cette caisse d’avance aurait été utilisée à fond la caisse pour des besoins politiques et l’on n’en aurait jamais entendu parler. Aussi convient-t-il de ramener les choses à leur juste proportion. La caisse d’avance est en vérité une caisse noire, l’on a seulement commis l’erreur de lui conserver l’appellation de caisse d’avance qui, en comptabilité publique, répond à des normes bien précises.
La caisse d’avance est en effet destinée au règlement de petites dépenses urgentes, dont le montant n’excède généralement pas 1 à 2 millions de francs. Mais même si les sommes décaissée ne sont justifiées qu’a posteriori, les dépenses à engager sont énumérées au détail et aucune dépense non inscrite sur la liste ne peut être engagée. De nombreuses administrations possèdent une caisse d’avance mais l’on sait, de source sûre, que les patrons de ces entreprises utilisent tous, ou presque, ces fonds comme des fonds politiques. Sauf que personne ne vient leur chercher des poux sur la tête parce qu’ils son généralement des responsables du parti au pouvoir.
Reste qu’il faut s’entendre sur une nouvelle dénomination de la caisse d’avance dans les mairies, car dans ces institutions décentralisées, toutes les activités sont politiques et aucun maire ne peut travailler, politiquement s’entend, sans avoir une caisse spéciale pour entretenir des militants ou venir en aide à des concitoyens dans le besoin. Les élus devraient avoir le courage de réclamer l’existence d’une caisse noire dans les grandes mairies et exiger qu’elle s’appelle véritablement CAISSE NOIRE au lieu de caisse d’avance. C’est aujourd’hui le combat que doivent mener les hommes politiques,  ceux du pouvoir comme de l’opposition car les activités politiques des élus en dépendent. On ne peut pas être maire de Dakar et ne pas disposer de fonds que l’on peut mettre de façon discrétionnaire à la disposition des populations de la cité qui sont dans le besoin car les budgets réservés aux aides sociales sont tellement insignifiants qu’il faut trouver des voies de contournement pour faire véritablement du social. La caisse d’avance est un instrument politique, c’est une caisse noire qui ne dit pas son nom et il est d’usage courant que les maires en fassent profiter leurs administrés.
Si le président de la République, un élu dispose d’une caisse noire votée à l’Assemblée nationale, si le président de l’Assemblée nationale et le président du Haut conseil pour les collectivités territoriales en disposent, les maires des grandes villes sont en droit de demander à être dotés d’une pareille caisse ou, à défaut, supprimer les caisses noires du président de la République et des présidents de l’Assemblée nationale et du Haut conseil pour les collectivités locales. C’est une question d’équité.

Echec de la candidature de Bathily à la tête de la commission de l’Union africaine – Les dés étaient pipés d’avance
C’est à cause d’un mauvais casting diplomatique que le candidat sénégalais, Abdoulaye Bathily qui briguait le poste prestigieux de Président de la Commission de l’Union africaine a été battu à plate couture. Même si à son retour au Sénégal ce dernier ne manque pas de fanfaronner en clamant que "tout le monde là-bas a dit que j’étais le meilleur candidat…", force est de reconnaître que les dés étaient pipés d’avance.

Les choses se sont gâtées en effet depuis l’introduction, par le Président Macky Sall, de la demande de réintégration du Royaume du Maroc au sein de l’Union africaine. Parce que cette requête était assortie de l’exclusion de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), il était évident qu’elle fâcherait certains gros contributeurs financiers de l’Union africaine, parrains de la RASD au moment où ce bout de désert entre le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie réclamait son indépendance à l’Espagne, pays colonisateur.
Il s’agit principalement de l’Algérie, du Nigeria, de l’Ethiopie et de l’Afrique du sud, chantres du «droit des peuples à l’autodétermination» qui ont toujours considéré l’autorité du Royaume chérifien sur le Sahara Occidental comme une «recolonisation» alors que le colonisateur espagnol lui avait accordé son indépendance.
C’est parce que ces pays (et beaucoup de leurs alliés) ont parrainé l’intégration de la RASD au sein de l’ancienne organisation panafricaine, l’OUA que le Maroc avait décidé, souverainement, de quitter ce cadre.
Pourquoi s’est-il appuyé sur la diplomatie sénégalaise pour le réintégrer au lieu de revenir, souverainement comme il avait quitté ?

Qui plus est, le sport étant une sorte de prolongation de la diplomatie politique, le Maroc a récemment décliné l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football pour cause… d’épidémie de fièvre Ebola, raison que la plupart des pays africains avaient trouvé fallacieuse car, quelques semaines plus tard le royaume organisait la compétition de Coupe du monde des clubs champions.
Alors pourquoi le Sénégal devait-il être le bras diplomatique du Maroc pour chasser la RASD de l’Union africaine ?
Voilà la vraie question qui a fâché tous les pays qui n’ont pas soutenu la candidature d’Abdoulaye Bathily. Si 44 pays sur 54 ont voté contre notre compatriote, c’est véritablement parce que le président Macky Sall et sa diplomatie du «tout la France» , pour reprendre l'autre, n’ont pas bonne presse auprès de l’Union africaine. Surtout que le Maroc est perçu par nombre d’Africains au sud du Sahara comme le petit frère de la France, une sorte de membre occulte de l’Union européenne dont les grandes entreprises de Btp et les banques et établissements financiers appartiennent en majorité à des sociétés françaises…
Et ce sont les mêmes entreprises marocaines qui ont investi massivement au Sénégal, raflant au passage tous les marchés de gré à gré que dénonce l’opposition depuis plusieurs années. Ceci expliquant cela, qu’il ait été le «meilleur candidat» n’était pas le meilleur atout de Bathily, il aurait plutôt fallu qu’il soit aidé par une meilleure attitude diplomatique du Sénégal.

C’est dans une ambiance qui s’annonce déjà électrique que les quarts de finale de la 31e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2017) se joueront avec quatre affiches, (Burkina Faso VS Tunisie, Le Sénégal contre le Cameroun, la RDC face au Ghana et l’Egypte qui sera opposée au Maroc), ces samedi 28 et dimanche 29 janvier.


CAN 2017/ Quarts de finale : Des étincelles dans l’air !
Malgré l’absence du Gabon, pays hôte en quarts de finale de la CAN 2017, la suite de la compétition promet du beau spectacle ce weekend, avec les confrontations Burkina Faso- Tunisie, Sénégal- Cameroun, RDC-Ghana et Egypte-Maroc.
Alors que les deux équipes s’étaient affrontées pour la dernière fois en 1998, le Burkina Faso et la Tunisie ouvriront le bal du deuxième tour de la CAN 2017 au stade d’Angondjé. Sachant que les « Etalons » l’avaient emporté aux tirs au but, les Tunisiens comptent prendre leur revanche pour se qualifier pour le dernier carré. Ce que veut également l’équipe de Paulo Duarte, ancien coach des Panthères du Gabon et qui connaît bien ce stade de l’Amitié.
Comme le Burkina Faso, le Cameroun qui sera face aux Lions de la Téranga, ce samedi 28 janvier au stade de Franceville à 20h00 se présente avec un petit ascendant psychologique. En finale de Coupe d’Afrique en 2002, le Sénégal avait perdu aux tirs au but. Mais au regard du parcours sans faute pendant les éliminatoires et la phase de poules, les ambassadeurs du Sénégal ont les faveurs des pronostics.
Dans tous les cas, il y a du spectacle dans l’air, notamment avec cette rencontre qui mettra aux prises le Ghana, vice-champion d’Afrique face à la RDC, troisième de la CAN Guinée 2015. Les spectateurs du stade de Franceville auront droit à un match de haute facture. D’un côté la RDC très offensive et technique qui a terminé leader de son groupe avec 6 buts marqués et de l’autre, le Ghana qui base son jeu sur le physique et l’aspect défensif qui n’a encaissé qu’un seul but en trois rencontres. Lors de leur dernière confrontation, la RDC avait pris le dessus en finale de la CAN 1968.
Cerise sur le gâteau, le derby entre le Maroc et l’Egypte aura lieu le dimanche 29 janvier 2017 à Port-Gentil. Le Maroc qui a gagné 3 fois sur les 5 dernières confrontations entre les deux équipes et qui a eu le mérite d’éliminer le champion en titre, la Côte d’Ivoire en match de poule de cette CAN semble être favori devant l’Egypte qui est absent de la compétition depuis quelques années. Mais pour plus d’un observateur, les Pharaons qui totalisent 7 sacres africains restent une menace permanente dans cette CAN. Des matchs à dimension et jeux différents certes, mais l’enjeu reste le même, la qualification en demi-finale. Le beau jeu et l’engagement seront inévitablement au rendez-vous.

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