Analyse
Macky vs Khalifa Sall – La bataille de trop pour le patron de l’Apr ?
L’arrestation de Bamba Fall, maire de la Médina est sans doute la bataille la plus inopportune que le Président Macky Sall est en train de livrer contre "son" opposition. Car sa liaison dangereuse avec Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse, deux caciques du Parti socialiste sous Abdou Diouf pour l’un et sous Senghor pour  l’autre, l’aura conduit à se faire de nouveaux adversaires auprès de proches de ceux-ci, pour cause de désaccord avec une bonne  frange de leurs militants et responsables dans leur manière de gérer le Ps et l’Afp.
Malick Gakou a quitté le parti de Moustapha Niasse en emportant beaucoup de jeunes de ce parti, déçus par l’allégeance totale de leur leader à Macky Sall. Aujourd’hui le Parti socialiste est en train de connaître la plus grave crise de son histoire avec la presque sécession de Khalifa Sall et de plusieurs jeunes du parti qui ne cautionnent pas la décision de leur leader de ne pas présenter un candidat socialiste contre Macky Sall à la prochaine présidentielle.

Dans cette bataille interne de partis alliés, Macky Sall a naturellement choisi le camp des leaders, en l’occurrence Niasse et Tanor, en ignorant que la côte de popularité de ces derniers est en train de dégringoler gravement auprès de l’opinion. C’est ainsi qu’en facilitant l’arrestation de Bamba Fall dans une affaire strictement socialo-socialiste qui aurait pu être réglée dans l’enceinte de la Maison du Ps par les sages de cette formation politique, le président de la République donne du grain à moudre à tous ceux qui pensent qu’il poursuit le funeste dessein de casser tous ses opposants en utilisant la justice contre eux.
Car la plupart des Sénégalais considèrent que l’emprisonnement de Bamba Fall et compagnie est une manière de punition contre le maire de Dakar, Khalifa Sall qui est quasiment entré en rébellion contre la direction du Ps depuis que celle-ci a décidé de soutenir la candidature de Macky Sall pour la prochaine présidentielle en contrepartie du poste juteux de Président du Haut conseil pour les collectivités territoriales. Car il est évident qu’une simple plainte d’un leader politique contre des militants de son parti ne peut aboutir à un emprisonnement aussi léger sans le coup de pouce salutaire des alliés au pouvoir qui, seuls peuvent mettre en branle leur ministère de la Justice.

Mais dans le cas Bamba Fall et compagnie, l'Establishment (Macky, Tanor...) se fourvoient  totalement. "En les envoyant à Reubeuss, Macky  se met à dos toute la population de la région de Dakar" qui commence d’ailleurs à faire circuler l’idée selon laquelle les "villageois" qui gèrent ce pays ne veulent pas de l’émergence de cette capitale où ils ne sont pas nés. En cherchant à s’emparer de la mairie de Dakar, sans succès, ils cherchent par tous les moyens à écarter le charismatique maire de la ville en mettant en prison ses adjoints qui se montrent les plus virulents contre Ousmane Tanor Dieng. C’est du moins la perception de l’homme de la rue. Car les échauffourées survenues à la maison de Ps sont de loin moins graves que les récents événements de Fatick, au cours desquelles le siège local de l’Apr a échappé de peu à un incendie et des vies sauvées de justesse grâce à la prompte intervention des forces de l’ordre. Dans ce cas précis il s’agissait de jeunes de l’Apr qui auraient pu être poursuivis par une plainte de leurs responsables mais il n’en a rien été. Aussi le Président Macky Sall gagnerait à être plus prudent dans son traitement des opposants à son régime, fussent-ils des dissidents du camp de ses alliés car, en se comportant de la sorte, il agrandit davantage le gouffre qui le sépare des Sénégalais qui détestent l’injustice. Et il met en danger ses possibilités d’avoir un second mandat. Les prochaines législatives risquent d’ailleurs d’être périlleuses pour son parti car s’il se met à dos les populations dakaroises, le reste suivra. A bon entendeur…

Ci dessous, dakarposte.com publie in extenso l'article tiré de la dernière parution (Hors-Série) de Jeune Afrique, portant la signature du Dr Cheikh Diallo


Un plan Merkel  pour l’Afrique (Cheikh Omar Diallo)
 Angela Merkel, la femme la plus puissante d’Europe, a courageusement décidé de faire de l’Afrique la priorité du douzième sommet du G20, les 7 et 8 juillet 2017 à Hambourg. Alors que le continent compte plus de 1,2 milliard d’habitants dont la plupart vivent sous le seuil de pauvreté et dont certains sont tentés de rejoindre une Europe en crise, la chancelière allemande n’aura pas de mal à convaincre les dirigeants des 20 premières puissances mondiales – dont la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, mais aussi l’Afrique du Sud – de convenir d’un plan de (re)construction en faveur de l’Afrique. Avec, en toile de fond, la réparation des erreurs considérables commises lors de la conférence de Berlin (1884-1885). 
Pour rappel, à l’époque, quatorze puissances s’étaient invitées autour d’Otto von Bismarck, le chancelier de l’empire allemand, pour édicter les règles de partage de l’Afrique. Ce « banquet », qui consacra le saucissonnage de l’Afrique, permit à Jules Ferry de renforcer l’expansion coloniale nécessaire au redressement de la France, tandis que le Premier ministre britannique William Ewart Gladstone consolidait les territoires ultramarins du royaume victorien et que le roi des Belges, Léopold II, recevait à titre personnel les 2,3 millions de kilomètres carrés de ce qui deviendra, jusqu’en 1908, « l’État indépendant du Congo ». C’est également plongés dans cette fièvre prédatrice que l’Italie, le Portugal, l’Espagne et l’Allemagne conçurent leur doctrine coloniale. 
Aujourd’hui, moins d’un siècle et demi plus tard, on peut espérer qu’autour de « Merkel l’Africaine », les 20 premières puissances mondiales entameront une juste réparation à travers un « plan Marshall » pour l’Afrique. Exactement comme en 1947, lorsque le président américain Harry Truman fit dégager 13 milliards de dollars (l’équivalent d’environ 150 milliards d’euros aujourd’hui) en faveur de seize États européens dévastés par la Seconde Guerre mondiale. Ce fut l’acte fondateur de la construction européenne. En 2017, soit soixante-dix ans plus tard, pourquoi refuser à l’Afrique ce qui fut fait pour l’Europe, quitte à conditionner l’aide au développement économique à la lutte contre les migrations de masse ? On passerait ainsi dignement de la conférence de Berlin à celle de Hambourg… et du plan Marshall au plan Merkel.

ANALYSE DU PLAN SENEGAL EMERGENT : DES INVESTISSEMENTS SOMPTUAIRES A LA PLACE D’ INVESTISSEMENTS PRIORITAIRES INCAPABLES D’IMPULSER L’EMERGENCE DE NOTRE PAYS

A la lecture des projets initiés par le Président Macky Sall et lancés en grande pompe, je me demande quelquefois si nous vivons dans le même pays, avec les mêmes réalités.
Le Président Macky Sall et son régime sont emportés par des rêves de grandeur dont chaque pan de réalisation nous fait glisser plus surement sur la pente de la faillite économique. En effet, n’oublions jamais que tous ces projets grandiloquents initiés par le Président Macky Sall ne sont pas des projets financés sur fonds propres, au contraire, ce sont des montages financiers des plus complexes avec souvent des taux d’intérêt prohibitifs. Les véritables coûts des infrastructures sont donc souvent cachés à l’opinion publique, et si ce n’est pas le cas, nous nous perdons en conjectures pour connaitre le montant exact de leurs réalisations.
Et quelquefois, ces montages financiers élaborés par la magie du partenariat public privé engendrent des conséquences politiques que les pauvres sénégalais payent malheureusement.
Je n’en veux pour preuve que notre collaboration économique avec la Turquie. Nous lui avons cédé une partie de notre souveraineté économique, en compromettant durablement notre indépendance politique vis-à-vis de ce pays, pour la réalisation d’un centre de conférences dont le coût varie entre 58 et 74 milliards de francs CFA, sur 25 ans. Aujourd’hui nous sommes en train de mettre en péril  le sort de milliers d’élèves car nous n’avons aucune marge de manœuvre nous permettant de nous soustraire au bon vouloir de la Turquie qui nous impose sur notre territoire de lui obéir au doigt et à l’œil, en fermant hic et nunc l’Ecole Yavuz Selim.
Il convient aussi de parler de l’autoroute ILA TOUBA une autoroute qui coutera 440 milliards de francs CFA et sur laquelle n’auront le privilège de rouler que les sénégalais les plus nantis ayant les capacités de payer un prix de péage parmi les plus élevés au monde, avec la complicité silencieuse d’un Macky Sall qui a le don de protester mollement à chaque fois que les sénégalais sont surexploités, du fait des errements dans la finalisation des contrats d’investissement avec des partenaires qui se conduisent chez nous comme un état dans l’état.
Et souvent ces investissements somptuaires comme l’autoroute ILA TOUBA sont l’occasion de refiler de juteux marchés à ses proches ; ainsi l’entreprise ECOTRA d’Abdoulaye Sylla prête-nom de Maréme Faye Sall a remporté le marché de fournitures de gravillons de cette autoroute réalisée grâce à un partenariat public privé aussi avec le géant chinois, dont les entreprises se conduisent comme des négriers des temps modernes au Sénégal.
Notons au passage que la même entreprise ECOTRA  est chargée par la même magie du PPP  du financement et de la vente des espaces industriels aménagés de la zone économique de Diamniadio et de toutes les plateformes industrielles sur le territoire national, sur la base d’une convention de partenariat léonine conclue avec l’agence APROSI.
Nous ne pouvons pas passer sous silence non plus la valorisation du site de Diamniadio au plan immobilier. L’un des plus gros scandales passés sous silence aura été l’octroi à Envol immobilier d’un projet de logement pour 150 milliards de francs CFA, alors que cette entreprise a été créée fort récemment et ses promoteurs sont des étrangers inconnus du bataillon des promoteurs immobiliers au Sénégal.
Dans tous les projets mis en œuvre et exécutés dans le cadre du PSE, l’expertise nationale est ignorée, et la totalité des infrastructures est réalisée par des entreprises étrangères avec des concessions d’au moins 25 ans pour l’entretien.
Et, comme pour le CICAD, la rentabilité de cet investissement est nulle. Les plus hautes autorités de ce pays l’ont reconnu. C’est un cas d’échec patent d’un partenariat public privé mal ficelé, car la volonté politique  a écrasé la lucidité économique pour imposer sa réalisation en perspective de l’organisation du sommet de la Francophonie. C’est donc le peuple sénégalais qui va rembourser ce caprice présidentiel, érigé à la gloire du Président Abdou Diouf, dont il porte le nom. 
Si nous ajoutons le montant exorbitant des taux d’intérêt au coût final des infrastructures et autres projets réalisés jusqu’ici par le Président Macky Sall,  nous nous rendons compte qu’il est en train de bâtir une économie virtuelle censée apporter l’émergence en 2035, c’est à dire bien après son départ du pouvoir en 2024, alors qu’à cette date, nous serons toujours en train de rembourser les emprunts abyssaux qu’il aura contractés pour cette émergence promise à cette date si lointaine, et pour laquelle notre souveraineté économique est durablement engagée.
Les quelques investissements qui présentent un retour sur investissement quelque peu capable de supporter le remboursement  de leur coût sont gérés par des sociétés étrangères aussi, à l’exemple de l’autoroute cédée à Eiffage pour trois décennies. L’exploitation de ces infrastructures échappe à notre pays, obligé de regarder impuissant les populations se faire racketter impitoyablement. Ou expulsées manu militari des sites cédés à des conditions absolument préjudiciables à notre économie. Il en est ainsi du terminal Vraquier cédé à la société Necotrans pour 25 ans, et du port sous la coupe réglée d’un Bolloré revanchard qui y règne en maitre. 
Aujourd’hui donc nous avons une économie extravertie avec un tissu économique contrôlé par l’Etranger, qui non seulement injecte ses ressources mais réalise aussi les infrastructures prétendument structurantes censées porter l’émergence de notre pays. 
Le Sénégal est donc le seul pays au monde qui compte sur l’Etranger pour se développer ! 
Le dernier investissement somptuaire dont le coût est de 568 milliards de F CFA pour une  première phase de 36 Km  ne déroge pas à ce constat accablant. Un TER  dont on nous dit que c’est  « plus qu’une évolution,  [et qu’avec sa réalisation] le Sénégal entame une révolution technologique ». Elle est censée la conduire où, au bout de 36 Kms ?
On ne peut pas construire un pays en prétendant le mettre sur les rails de l’émergence par une course effrénée à l’emprunt, par une inféodation de son économie aux intérêts de puissances étrangères. Toute notre économie est en effet aux mains des puissances étrangères qui se sont pour ainsi dire partagé nos richesses nationales. Même le secteur bancaire est contrôlé par l’Etranger, le Maroc et la France principalement. A  propos de la France justement,  Jacques Habib Sy,  ancien allié du Président Macky Sall déclarait dernièrement que  « notre problème, c’est la France. Elle est la puissance étrangère économiquement dominante au Sénégal et la croissance dont on parle n’est pas une croissance pour nourrir le Sénégal, mais une croissance plutôt appauvrissante. Depuis 350 ans, la France nous tient comme son objet, comme sa chose, son capital humain et matériel à gérer pour son profit. Il y a 30000 ressortissants économiques français présents au Sénégal qui détiennent les usines et qui pilotent tous les grands projets économiquement signifiant comme celui du Train Express régional ».

Le Sénégal ne se limite ni à Dakar ni à Diamniadio ; notre économie est aux trois quart portée par le secteur informel, et notre croissance est tirée pour l’essentiel par le secteur primaire, avec l’agriculture ; 65% des populations vivent dans les campagnes, et sont la grande masse des paysans qui produisent donc l’essentiel de la richesse nationale. 
Aujourd’hui la pêche est pillée par les navires de l’Union européenne qui viennent racler nos océans tandis que les captures de la pêche artisanale chutent à moins de 300 000 tonnes l’an, le tonnage qu’un seul des bateaux usines  de l’UE peut capturer en une campagne de pêche dans nos eaux surexploitées.
Pour en revenir au monde rural je ne crois pas qu’il soit impacté par ces investissements somptuaires qui sont loin des investissements prioritaires attendus pour intensifier notre agriculture,  par le renouvellement des équipements bien plus obsolètes que les rails dont le Président Macky Sall  a décrié la vétusté préhistorique. Peut-on véritablement conduire une politique d’émergence de notre pays avec des investissements de plusieurs milliers de milliards  de francs CFA qui ne prennent aucunement en compte 65%  de la population évoluant dans le principal secteur créateur de vraie croissance, l’agriculture ? Je ne le crois pas.
S’il s’était souvenu des masses paysannes  dignes et éplorées  qu’il a rencontrées durant son périple dans le pays profond, le candidat Macky Sall devenu Président aurait su que ces paysans peinent à manger à leur faim, et que leurs récoltes sont structurellement insuffisantes pour leur assurer une vie décente tout au long de l’année. Il aurait alors constaté que les bourses de sécurité familiale qui constituent un complément financier pour soulager leur indigence chronique sont insuffisantes pour leur apporter l’émergence. Notre agriculture est  depuis l’indépendance une agriculture de subsistance qui  maintient les populations rurales dans une gêne qui les condamne tôt ou tard à crever d’inanition.
Réorganiser les filières agricoles, mettre fin au deal des opérateurs semenciers qui se partagent plus de quarante milliards de francs CFA chaque année au détriment des paysans, asseoir une véritable politique agricole pour permettre une réelle valorisation de la filière agro forestière à travers la mise en place d’une forte chaine de valeur capable d’impulser un développement endogène, voila la politique que nous croyons capable de faire émerger notre pays. Et pour ce, la réalisation d’investissements prioritaires pour porter la vraie croissance, celle que l’on voit et celle que l’on mange est primordiale, en lieu et place des investissements somptuaires sans impact sur les 65% de  la population.
On ne peut pas sauter les étapes du développement. Il ne s’agit pas de réinventer la roue. Il s’agit de partir du secteur primaire, puis d’arriver au secteur secondaire pour enfin aller vers le tertiaire.

Intensifier l’agriculture par une politique volontariste de mécanisation et d’encadrement technique pour la valorisation des filières à forte valeur ajoutée, voilà un des défis à relever. En effet, tant que le monde paysan croupira dans la misère et dans l’indigence, il n’y a aucune politique d’émergence qui soit pertinente et à même  de développer le Sénégal. Comment peut-on développer un pays en laissant  de côté les besoins primordiaux de 65 % de  la population ? Cela n’a pas de sens !
Et surtout, que l’on  ne nous parle pas du PUDC. Nous savons tous que ce programme a des moyens absolument limités, et il est frappé par la même tare que les investissements somptuaires réalisés entre Dakar et Diamniadio. Pour la première fois dans notre histoire, la réalisation  d’un programme de développement destiné à la valorisation de nos terroirs est confiée au PNUD, tandis que les collectivités locales des zones bénéficiaires choisies pourtant  en fonction de leur appartenance majoritaire à l’APR ne sont pas impliquées dans la mise en œuvre des projets censés leur apporter l’émergence. Spectateurs passifs, les élus et leurs administrés regardent Macky Sall faire leur bonheur et s’en enorgueillir avec fatuité, au point de leur lancer, narquois, qu’il est en train de leur tailler un bilan sur mesure en perspective des prochaines locales. Le PUDC étale au grand jour l’échec patent de l’Acte III de la Décentralisation, et la vacuité  de son slogan creux.
Nos masses paysannes et l’essentiel de la population urbaine en sont donc  à la première strate de la Pyramide de Maslow. Ils croupissent dans la même misère et sont frappés par le même désœuvrement chronique durant presque toute l’année.
Tant qu’il n’y aura pas une véritable politique d’accès à l’eau productive, tant qu’il n’y aura pas une véritable politique de valorisation de notre cheptel par une intensification de l’élevage et une mécanisation plus poussée du secteur afin de professionnaliser ses acteurs sans oublier de mettre en place les infrastructures de  conservation et de  valorisation de nos produits laitiers, tant que les récoltes de fruits continueront de pourrir en Casamance faute de moyens de transformation par la création d’une véritable  chaine de valeurs de nos richesses nationales, tant que notre bois sera pillé et exporté par des exploitants véreux qui sèment la désolation dans nos forets, au lieu d’être valorisé par nos artisans, tant que l’or sera transporté directement à l’étranger alors que nos bijoutiers et nos créateurs artistiques le payent à prix coûtant sur les comptoirs internationaux, il n’y aura aucun investissement de nature à conduire le Sénégal vers l’émergence.
Je l’ai dit en plusieurs endroits. Le développement économique du Sénégal de manière endogène ne se fera qu’avec la réalisation du Canal  du Cayor. Et la revitalisation des vallées fossiles. Avec ses formidables perspectives : le reverdissement du sahel, la souveraineté alimentaire. Premier pas vers la vraie indépendance. L’intensification de notre agriculture avec la disponibilité suffisante d’eau et de terres arables. L’intensification de l’élevage et cerise sur le gâteau, Saint Louis, notre patrimoine historique inestimable sauvé des eaux !
Cela coûte t’il plus cher que l’autoroute ILA TOUBA ? Cela coûtera t’il plus cher que le projet de dessalement de l’eau de mer pour étancher la soif de la seule population de Dakar ?
Etre visionnaire et avoir le courage de marquer l’Histoire, c’est poser des actes fondateurs. Désengorger Dakar n’est pas une solution à sa surpopulation et à ses multiples problèmes. La macrocéphalie qui caractérise le développement débridé de cette ville ne peut être réglée par des solutions du type TER ou aménagement de Diamniadio avec un programme immobilier que seuls les caciques du régime et autres spéculateurs marchands de sommeil ont les moyens d’acquérir. 
Il faut créer une autre ville capitale.
A défaut de réaliser le  projet de nouvelle ville de Me Wade, le Président Macky Sall devrait porter alors une initiative personnelle et faire pour le Sénégal ce que les ivoiriens ont fait avec Yamoussoukro, et que  les nigérians ont réalisé avec Abuja.
Voilà des projets de haute facture qui seraient porteurs de croissance, d’emplois à flux continu et dont l’impact se fera sentir durant de très longues décennies et ainsi porter une véritable croissance soutenue, et durable.
Notre pays est jeune. Notre pays a soif d’ambitions portées par une vision généreuse de notre avenir que nous souhaitons radieux. 
Le Président Macky Sall devrait porter son regard bien plus haut  que des réalisations éparses qui ne constituent que des solutions précaires à nos grands défis, et ressemblent par là à des arrangements entre copains pour enrichir des proches avec des retro commissions dont la destination est aux antipodes d’un patriotisme économique qui devrait pourtant commander une probité morale à toute épreuve devant toutes les tentations, tellement l’espoir est grand. Et il n’a pas le droit d’en éteindre la flamme.
Notre peuple exsangue a besoin de  challenge pour participer à la construction de notre pays. Pendant que les étrangers financent, réalisent, exploitent, la jeunesse se tourne les pouces et les entreprises sénégalaises se contentent bien malgré elles de  ramasser les quelques sous tombés de leur escarcelle. 
Le PSE doit être revu et corrigé. Le Président Macky Sall doit revoir son ambition à la hausse, encore une fois. 
Nous avons du pétrole. Nous avons du gaz. Nous avons de l’or. Nous avons du zircon. Nous avons des phosphates. Nous sommes jeunes. Nous sommes motivés. Nous sommes déterminés.
Avant de parler de fonds souverains pour l’intérêt des générations futures, réalisons pour elles les infrastructures qu’elles n’auront pas besoin de réaliser, construisons pour elles la capitale administrative nouvelle qu’elles n’auront pas besoin de construire, garantissons une exploitation équitable, démocratique et honnête de  nos richesses nationales, et veillons à ce qu’elles ne soient la chasse  gardée d’aucune  frange de la population. 
C’est cela qui développera le Sénégal, à notre sens.
Cissé Kane NDAO
Président A.DE.R 

Le maillon faible : Moi, Président, collabo !
Il fallait s’y attendre. Ce que d’aucuns redoutaient est finalement arrivé. Le Sénégal de Macky Sall s’est plié en quatre, à genoux, pour cirer les bottes du président Erdogan, pour les raisons que l’on connait. En décidant de placer, sous l’autorité de la Fondation de l’Education turque les six écoles du groupe scolaire Yavuz Sélim, le Sénégal rejoint le cercle restreint des Etats collabos qui jouent au jeu du maillon faible, sur la scène internationale. Certains de nos hommes politiques sont à plaindre. Ils affichent une fermeté de façade, jouent les durs quand il s’agit de mater leurs opposants politiques, mais font montre d’une faiblesse notoire devant leurs pairs sur la scène internationale.
Rien de surprenant. Inutile de rappeler que c’est sous le magistère de Macky Sall que le pays de la téranga a signé, en mai 2016, un accord autorisant «la présence permanente de militaires américains au Sénégal», pour une «durée indéterminée». Il en est de même pour la réouverture, un an après son arrivée au pouvoir, des bases militaires françaises à Dakar, symbole d’un impérialisme auquel un certain Abdoulaye Wade avait mis fin. Entre un «nationalisme mal placé» et un atlantisme irréfléchi, des pantins ont opté pour le second. Aptes qu’ils sont, à bénir toutes les exigences des pays du Nord.
Abdoulaye Wade, au moins, avait des convictions et y tenait. Il savait se faire respecter par ses homologues qui le considéraient comme un alter ego, un interlocuteur crédible prêt à leur porter la contradiction. Un président respecté aussi pour son courage politique quand il s’agit de défendre des valeurs auxquelles il tient… Ce même Sénégal, aujourd’hui entre les mains de son successeur, perd la face. L’Etat a fini de se muer un Etat collaborationniste, un Etat faible qui rapatrie des expatriés venus chercher refuge sur son sol. Car Macky Sall n’a pas hésité à faire expulser de Dakar le blogueur tchadien Malaika Nguebela.
Tout comme l’a été l’opposant gambien Cheikh Sidya Bayo, devant les pressions du président Jammeh qui, malgré ses manquements, tenait au moins à ses convictions, quelles qu’elles aient été. Pour avoir chassé de Dakar un opposant gambien en 2015, le chef de l’Etat sénégalais est aujourd’hui très mal placé pour se solidariser de l’opposition gambienne, victorieuse de la présidentielle du 1er décembre. Enfin, malgré les pressions, l’administration Obama a jusqu'ici refusé de se soumettre aux caprices du président turc qui exige l’extradition du leader du mouvement Gulen.
Et le choix fait par le régime de Macky Sall de placer les six écoles du groupe scolaire Yavuz Sélim au Sénégal, désormais sous la tutelle de la Fondation de l’Education turque, n’est pas le choix des Sénégalais. Un choix qui intervient, curieusement, quelques jours après les assurances données par le Khalife général des mourides aux responsables de ces écoles composées de 99% d’élèves sénégalais. Ce qui dénote du peu de considération dont le pouvoir fait montre, à l’endroit des chefs religieux, à l’heure où des opérations de corruption d’envergure sont entamées dans des citées religieuses à moderniser soi-disant, une manière d’enrichir des personnes influentes dans le seul but de s’adjuger des voix aux prochaines consultations électorales. Après la Gambie, la Somalie et la Guinée Conakry, Ankara qui cherchait des Etats à domestiquer, est tombé sur un autre maillon faible : le Sénégal de Macky Sall.

Auteur:Seneweb.com

En a-t-on vraiment fini avec Jammeh ?
Le scénario est trop lisse pour être vrai ! Yaya Jammeh qui promettait de réaliser son plus gros raz de marrée électoral, a été littéralement battu par un illustre inconnu. Adama Barrow – c’est son nom - n’aura donc fait qu’une bouchée de l’intraitable boucher de Banjul.  Surgi de nulle part il y a à peine deux mois, cet ancien garde du corps reconverti dans l’immobilier a recueilli en effet 45,6 % des suffrages contre 36,7 % pour Jammeh qui pensait pourtant faire de ce scrutin du 1er décembre une simple promenade de santé. 

Mais là n’est pas la surprise. Car, à moins d’être des souffre-douleur contents de leur sort, l’on voyait mal les Gambiens ne pas saisir à la volée l’occasion qui leur était offerte de se débarrasser, enfin, de celui qui a régné en tyran sur la Gambie pendant 22 longues années.

Ce qui est en revanche surprenant et imprévisible, c’est que l’homme fort de Kanilaï puisse accepter un verdict des urnes qui ne lui est pas favorable. Et pourtant, Jammeh l’a fait. Il s’est même montré étonnamment fair-play, n’hésitant pas à appeler son tombeur pour reconnaître sa défaite. « Je n’ai aucune arrière-pensée et vous souhaite tout le meilleur », a-t-il assuré à son successeur dans un échange téléphonique diffusé à la télévision nationale. Et de rappeler,  s’adressant  directement au peuple gambien : « J’ai toujours dit que si mon adversaire avait une voix de plus que moi, je respecterais votre vote. »

Seulement voilà,  tout cela est trop beau pour être vrai. Accroché à son fauteuil comme une huitre à son rocher, Jammeh ne peut s’avouer vaincu d’une manière aussi facile sans avoir une idée derrière la tête. Arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat en 1994, il a été élu pour la première fois en 1996, puis réélu tous les cinq ans et s’apprêtait  enchaîner avec un cinquième mandat à la tête de la Gambie. Démontrant ainsi sa soif inextinguible de pouvoir.

Son refus d’accepter la présence d’observateurs étrangers avait même fait craindre sa confiscation du vote en cas de défaite. Et pour cause, ni l’Union européenne, ni la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’avaient reçu son feu vert pour envoyer des observateurs. Seule l’Union africaine a pu envoyer six experts électoraux, sans recevoir en revanche l’autorisation de mandater un seul observateur. Preuve que le désormais ex-Président gambien ne voulait pas que les choses se passent dans la transparence et qu’il n’était guère disposé à accepter une éventuelle défaite.

Qu’est-ce qui a pu donc l’amener à faire contre mauvaise bon cœur ? Jammeh a-t-il voulu éviter une effusion de sang devant la forte mobilisation du peuple gambien à le faire partir pour ne pas corser un dossier suffisamment noirci par 22 années de dérives autocratiques ? A-t-il voulu permettre juste une petite parenthèse démocratique  pour se donner un peu de répit face à la forte pression de la communauté internationale et de la société civile gambienne ? Avec bien sûr l’espoir de revenir plus tard comme l’a déjà fait Denis Sassou Nguesso au Congo. Lui qui se réfugia d’abord dans son village d’Oyo, au nord du pays, après sa défaite électorale en 1992 face à Pascal Lissouba. Avant de s’installer avenue Rapp, à Paris, d’où il lança sa reconquête du pouvoir par les armes en 1997 avec l’appui militaire de l’Angola.

Hélas, ce scénario-là n’est pas à exclure de la part de Jammeh qui n’a pas lâché le pouvoir de gaieté de cœur. Loin de là. Or, pour éviter qu’il ne fasse comme Sassou, il faudra d’abord l’empêcher de faire de son fief de Kanilaï un sanctuaire. Ce qui n’est pas gagné d’avance.

Il faudra aussi opérer une vaste purge dans l’Armée pour en extirper les officiers et hommes de troupe de son clan. Une opération non seulement risquée mais presque impossible tellement l’Armée lui est très majoritairement favorable. Et, signe inquiétant, ses chefs se sont d’ailleurs montrés moins enclins à accepter le résultat des urnes.

Il se murmure même que le Général Saul Badgie et le Général de brigade Umpa Mendy seraient stationnés à «State House». Comme le seraient aussi Borra Colley et Musa Savage dans le fief de Jammeh à Kanilai. Un dispositif d’autant plus inquiétant qu’il a tout d’une veillée d’arme depuis que tous ces officiers se sont sentis trahis par Jammeh pour avoir accepté sa défaite. Ce qui n’exclut pas que les deux mois de transition puissent être mis à profit pour orchestrer un coup d’Etat qui remettrait tout à plat. Et, à défaut d’être en première ligne pour ne pas s’attirer l’hostilité de la communauté internationale, Jammeh pourrait être bien avisé de mettre en avant un de ses officiers. Lequel officier hériterait alors du pouvoir, mais en étant simplement son homme de paille.

Or, cette sombre perspective est d’autant plus probable que Jammeh n’a pas eu de son successeur la garantie de ne pas être l’objet de poursuites pour tout le mal qu’il a fait en 22 ans de règne. Contrairement à ce qu’avait relayé dans un premier temps la presse, le nouvel homme fort de Banjul n'a pas en effet exclu de traduire Yaya Jammeh devant la Cour Pénale Internationale (CPI) que dirige sa compatriote Fatou Bensouda. Adama Barrow a même tenu à apporter ces précisions, non sans s'offusquer que " la presse ait dénaturé " ses propos. A l'en croire, la Gambie fera tout pour reprendre sa place au sein des institutions internationales, y compris la CPI. Et le tombeur de l’homme de Kanilaï de préciser que son action ne vise pas les personnes en tant que telles, mais à ce que justice soit rendue au peuple gambien. « Je n'ai jamais dit que Jammeh ne sera pas traduit devant la justice, c'est la presse qui a déformé mes propos ", a-t-il martelé.

En voilà donc une donne qui change tout et qui pourrait amener Jammeh, réputé imprévisible, à changer de fusil d’épaule. Sous la pression, bien sûr, de ses officiers qui ne veulent pas perdre leurs privilèges, encore moins payer pour leurs exactions. Faisons donc comme Saint Thomas : attendons de voir Jammeh partir pour y croire vraiment !

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