Il y a des retours qui interrogent plus qu’ils ne surprennent. Celui d’Abdoulaye Saydou Sow appartient à cette catégorie. Après avoir quitté le gouvernement au lendemain de l’alternance de mars 2024, l’ancien ministre de l’Urbanisme semble avoir retrouvé toute sa capacité de mouvement.
Maire de Kaffrine, ancien vice-président de la Fédération sénégalaise de football et désormais secrétaire général de la FSF, il a surtout officialisé, le 29 juillet 2026, la création de son propre mouvement politique
Ce retour politique intervient pourtant dans un contexte où la reddition des comptes place sous une lumière crue la gestion foncière de l’ancien régime. Et le nom d’Abdoulaye Sow n’est pas étranger à cette séquence.
Ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique de novembre 2020 à avril 2024, il avait entre ses mains un département au cœur de l’un des secteurs les plus sensibles de l’économie sénégalaise : celui de la terre.
Un document particulièrement troublant mérite, à ce titre, d’être revisité. Le 6 octobre 2023, soit quelques mois avant la présidentielle de mars 2024, plusieurs arrêtés ministériels portant autorisation de lotir ont été pris sous son magistère.
Selon les informations publiées à l’époque par la presse, les arrêtés n°032510 à 032513 concernaient notamment quatre opérations à Daga Kholpa, portant chacune sur environ dix hectares, au profit de sociétés représentées par Ismaïla, qui n’est autre que le frangin de Farba Ngom.
D’autres autorisations, portant notamment sur des parcelles à Bambilor, apparaissent dans la même série.
Le hasard du calendrier interpelle. Le 6 octobre 2023, à moins de six mois d’une élection présidentielle finalement tenue le 24 mars 2024, l’administration de l’Urbanisme validait donc plusieurs opérations foncières d’envergure.
Faut-il y voir de simples actes administratifs conformes aux procédures ? Ou convient-il de regarder de plus près les bénéficiaires, les sociétés concernées, les superficies et les conditions dans lesquelles ces autorisations ont été délivrées ? C’est précisément le genre de questions auxquelles une véritable reddition des comptes devrait permettre de répondre.
Car le foncier n’est pas une affaire secondaire.
Au Sénégal, quelques hectares peuvent représenter des milliards. Derrière chaque titre, chaque lotissement, chaque autorisation administrative, il y a des droits, des intérêts économiques et parfois des destins familiaux.
Lorsque la puissance publique intervient dans cette équation, la transparence ne devrait jamais être une faveur : elle est une obligation.
L’ancien ministre, lui, semble avoir parfaitement compris que la politique offre aussi des chemins de renaissance.
Après avoir officialisé son mouvement en juillet, il a entrepris une tournée de consultations auprès des autorités religieuses de Kaffrine et de Koungheul, avant son lancement public. Le message est limpide : Abdoulaye Sow n’entend manifestement pas rester spectateur de la nouvelle configuration politique.
Voilà donc le paradoxe. Pendant que le Sénégal parle de transparence, de récupération des ressources publiques et d’examen des actes posés sous l’ancien régime, certains de ses anciens responsables réapparaissent sur le devant de la scène, parfois avec une vigueur politique renouvelée. Le débat n’est pas de savoir s’ils ont le droit de revenir. Ils l’ont.
Le véritable enjeu est de savoir si les questions qui entourent leur passage aux affaires doivent, elles aussi, revenir au premier plan.
Abdoulaye Sow bénéficie naturellement de la présomption d’innocence et de son droit à répondre aux interrogations qui peuvent être soulevées sur sa gestion. Mais la République ne peut pas se contenter de tourner la page parce que les protagonistes ont changé de costume.
Quand des autorisations foncières accordées sous un ancien gouvernement suscitent des interrogations, il faut des documents, des explications et, s’il y a lieu, des responsabilités.
Le football lui a offert une seconde pelouse.
La politique lui ouvre désormais un nouveau terrain. Mais entre les deux, il reste une question que le temps ne devrait pas effacer : que s’est-il réellement passé dans la gestion foncière de l’ère Abdoulaye Sow ?
La réponse ne devrait appartenir ni aux rumeurs, ni aux procès d’intention, ni aux règlements de comptes politiques. Elle devrait appartenir aux faits, aux archives et à la justice.
Et c’est peut-être là que commence la véritable reddition des comptes.
Maire de Kaffrine, ancien vice-président de la Fédération sénégalaise de football et désormais secrétaire général de la FSF, il a surtout officialisé, le 29 juillet 2026, la création de son propre mouvement politique
Ce retour politique intervient pourtant dans un contexte où la reddition des comptes place sous une lumière crue la gestion foncière de l’ancien régime. Et le nom d’Abdoulaye Sow n’est pas étranger à cette séquence.
Ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique de novembre 2020 à avril 2024, il avait entre ses mains un département au cœur de l’un des secteurs les plus sensibles de l’économie sénégalaise : celui de la terre.
Un document particulièrement troublant mérite, à ce titre, d’être revisité. Le 6 octobre 2023, soit quelques mois avant la présidentielle de mars 2024, plusieurs arrêtés ministériels portant autorisation de lotir ont été pris sous son magistère.
Selon les informations publiées à l’époque par la presse, les arrêtés n°032510 à 032513 concernaient notamment quatre opérations à Daga Kholpa, portant chacune sur environ dix hectares, au profit de sociétés représentées par Ismaïla, qui n’est autre que le frangin de Farba Ngom.
D’autres autorisations, portant notamment sur des parcelles à Bambilor, apparaissent dans la même série.
Le hasard du calendrier interpelle. Le 6 octobre 2023, à moins de six mois d’une élection présidentielle finalement tenue le 24 mars 2024, l’administration de l’Urbanisme validait donc plusieurs opérations foncières d’envergure.
Faut-il y voir de simples actes administratifs conformes aux procédures ? Ou convient-il de regarder de plus près les bénéficiaires, les sociétés concernées, les superficies et les conditions dans lesquelles ces autorisations ont été délivrées ? C’est précisément le genre de questions auxquelles une véritable reddition des comptes devrait permettre de répondre.
Car le foncier n’est pas une affaire secondaire.
Au Sénégal, quelques hectares peuvent représenter des milliards. Derrière chaque titre, chaque lotissement, chaque autorisation administrative, il y a des droits, des intérêts économiques et parfois des destins familiaux.
Lorsque la puissance publique intervient dans cette équation, la transparence ne devrait jamais être une faveur : elle est une obligation.
L’ancien ministre, lui, semble avoir parfaitement compris que la politique offre aussi des chemins de renaissance.
Après avoir officialisé son mouvement en juillet, il a entrepris une tournée de consultations auprès des autorités religieuses de Kaffrine et de Koungheul, avant son lancement public. Le message est limpide : Abdoulaye Sow n’entend manifestement pas rester spectateur de la nouvelle configuration politique.
Voilà donc le paradoxe. Pendant que le Sénégal parle de transparence, de récupération des ressources publiques et d’examen des actes posés sous l’ancien régime, certains de ses anciens responsables réapparaissent sur le devant de la scène, parfois avec une vigueur politique renouvelée. Le débat n’est pas de savoir s’ils ont le droit de revenir. Ils l’ont.
Le véritable enjeu est de savoir si les questions qui entourent leur passage aux affaires doivent, elles aussi, revenir au premier plan.
Abdoulaye Sow bénéficie naturellement de la présomption d’innocence et de son droit à répondre aux interrogations qui peuvent être soulevées sur sa gestion. Mais la République ne peut pas se contenter de tourner la page parce que les protagonistes ont changé de costume.
Quand des autorisations foncières accordées sous un ancien gouvernement suscitent des interrogations, il faut des documents, des explications et, s’il y a lieu, des responsabilités.
Le football lui a offert une seconde pelouse.
La politique lui ouvre désormais un nouveau terrain. Mais entre les deux, il reste une question que le temps ne devrait pas effacer : que s’est-il réellement passé dans la gestion foncière de l’ère Abdoulaye Sow ?
La réponse ne devrait appartenir ni aux rumeurs, ni aux procès d’intention, ni aux règlements de comptes politiques. Elle devrait appartenir aux faits, aux archives et à la justice.
Et c’est peut-être là que commence la véritable reddition des comptes.


Abdoulaye Sow : le grand retour d’un homme que les scandales fonciers n’ont jamais vraiment quitté

