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CARNAGE À FASS MBAO : TROIS SUPPORTERS DE SIGGIL YEUMBEUL TUÉS, LA LUTTE SÉNÉGALAISE RATTRAPÉE PAR SES DÉRIVES MEURTRIÈRES !

Rédigé par Dakarposte le Lundi 2 Novembre 2026 à 06:43 modifié le Lundi 2 Novembre 2026 - 10:47

L’arène nationale sénégalaise vient une nouvelle fois de troquer le sable de ses combats contre le rouge sang de la tragédie. Trois vies humaines — deux jeunes hommes et une jeune fille — se sont brutalement éteintes à Fass Mbao, fauchées dans la fleur de l’âge par la folie meurtrière qui escorte désormais ce que d'aucuns persistent à appeler le « sport national ».

Les victimes, infortunés supporters du lutteur Siggil Yeumbeul (dont une femme), ont rencontré la mort sous ses formes les plus cruelles : l'un a eu le cou tranché par une machette vengeresse, tandis qu'un autre a succombé à la violence d'un projectile reçu en pleine nuque.

Ce drame, loin d'être un accident isolé, porte les stigmates d'une embuscade minutieusement orchestrée sur fond de vendetta inter-quartiers.

Les Échos rapportent qu'à la suite d'un précédent affrontement s'étant terminé en eau de boudin à Yeumbeul, des fanatiques de Fass Mbao s'étaient jurés de laver l’affront. Tapies dans l’ombre du rond-point Tally Mame Diarra, des bandes organisées attendaient de pied ferme le convoi du lutteur rival qui faisait route vers l'Arène nationale sous escorte policière. À l'apparition du cortège, le piège s'est refermé.

Cris de guerre et pluies de projectiles ont immédiatement transformé la chaussée en un champ de bataille rangée, obligeant les forces de l'ordre à intervenir massivement à coups de grenades lacrymogènes dans une confusion indescriptible.

Si les caméras de surveillance sont aujourd'hui passées au crible par la police technique pour identifier les meurtriers, le mal est déjà fait. Le deuil a envahi les foyers.

Face à cette horreur, un constat lucide et sévère s'impose : c’est ce déferlement chronique de violence, inhérent à la lutte avec frappe, qu’il convient désormais d’interdire sans concession. Jusqu'ici, aucun gouvernement n’a eu le courage politique de poser cet acte de salubrité publique, reculant systématiquement devant la popularité factice de cette discipline. Pourtant, le bilan est accablant.

Quand ce ne sont pas les rues qui s'embrasent au passage des cortèges, ce sont les acteurs de ce milieu eux-mêmes qui défraient la chronique judiciaire, arborant hors de l'arène des comportements de voyous incompatibles avec les valeurs de la République.


Il est temps de lever le voile sur cette immense supercherie culturelle. Cette prétendue communion populaire n'est en réalité qu'une tragédie sociale lucrative, un système pervers où seule une poignée d'individus et des promoteurs aux capitaux profondément suspects tirent profit du chaos.

Pendant que les affaires prospèrent à l'ombre de l'argent sale, la jeunesse se mutile et meurt pour la gloire éphémère de gladiateurs des temps modernes. Le sport élève l'homme ; la lutte sénégalaise, dans sa dérive actuelle, ne fait plus que creuser des tombes.

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