L’Assemblée nationale du Sénégal s’est muée, en cette semaine cruciale du 12 au 16 octobre 2026, en un véritable tribunal de la gouvernance passée.
Les projecteurs de l'hémicycle éclairent désormais un ballet incessant de hauts fonctionnaires, d’anciens ministres et de directeurs généraux, sommés de s'expliquer devant deux commissions d'enquête parlementaires majeures : l'une scrutant les méandres du programme « Un étudiant, un ordinateur », l'autre disséquant les abandons de recettes et la gestion des exonérations fiscales au sein de la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID).
De M. Malick Sow à l'ancien ministre Cheikh Oumar Hanne, en passant par le Directeur général d'Ecobank Sénégal, M. Sahid Yallou, ou le patron actuel de la DGID, M. Jean Koné, le défilé est total. Pourtant, derrière la solennité de ces convocations et le déploiement de ces grands outils de contrôle, une interrogation fondamentale s'empare de l'opinion publique : quelle est l'utilité réelle de ces auditions tous azimuts, si le regard de la justice parlementaire refuse de se porter sur le présent ?
Au Sénégal, la mise en place simultanée de six commissions d'enquête parlementaires suscite de vifs débats. Si la volonté d'élucider la gestion du foncier, de la pêche ou du matériel informatique universitaire est louable, de nombreuses voix s’élèvent au sein de l'opposition et de la société civile pour dénoncer une démarche jugée « très orientée ».
Pour éviter le piège des règlements de comptes politiques et de la justice sélective, le Forum Civil et diverses coalitions réclament un élargissement immédiat des investigations aux dossiers brûlants de l'actualité récente.
Au cœur des récriminations figure en première ligne l'ex Premier ministre Ousmane Sonko. L'opposition exige que le chef de file des "patriotes" soit lui-même auditionné sur des dossiers d'une extrême gravité.
Les projecteurs sont notamment braqués sur les fameux « fonds de la Casamance », une enveloppe d'environ 30 milliards de francs CFA initialement allouée à la recherche de la paix dans cette région meurtrie, et qui aurait été détournée pour l'achat de véhicules haut de gamme au profit de la Primature.
De plus, les graves accusations portées par le journaliste Madiambal Diagne concernant l'exploitation du Zircon et les concessions minières continuent de nourrir les soupçons d'une opacité au sommet de l'État.
La liste des zones d'ombre que la majorité parlementaire semble vouloir ignorer s'allonge de jour en jour. Le collectif citoyen « Sunu 37 Milliards » et l'organisation Kiiraay – Les Patriotes Républicains exigent toute la lumière sur le contrat d'électrification rurale de l'ASER avec l'entreprise AEE Power EPC.
Initié par les révélations du député Thierno Alassane Sall, ce dossier de 37 milliards de francs CFA est marqué par des accusations de surfacturation et de fausses quittances, bien que la majorité se retranche derrière la saisine parallèle du Pool judiciaire financier (PJF) pour refuser l'enquête parlementaire.
De même, une exigence absolue de transparence est réclamée sur l'utilisation des 8 milliards de Bakel et Matam destinés aux sinistrés des crues du fleuve Sénégal, tandis que des éclaircissements profonds sont attendus sur la gestion des infrastructures portuaires avec DP World et le dossier Kosmos Energy, actuellement sous le coude de l'Inspection générale d'État (IGE).
Le Forum Civil invite enfin à balayer devant sa propre porte en demandant l'audit des conditions d'achat des véhicules des députés et de la gestion globale par l'ONRAC.
En définitive, le Sénégal se trouve à la croisée des chemins de sa démocratie. Le débat actuel oppose un camp présidentiel protecteur de son propre calendrier et soucieux de dissocier le temps judiciaire du temps parlementaire, à une frange de l'opposition et de la société civile qui milite pour une reddition des comptes globale, immédiate et impartiale.
Le contrôle de la transparence ne saurait être un miroir déformant, braqué uniquement sur le passé des adversaires déchus, tout en plongeant dans l'obscurité les actes des gouvernants d'aujourd'hui.
Les projecteurs de l'hémicycle éclairent désormais un ballet incessant de hauts fonctionnaires, d’anciens ministres et de directeurs généraux, sommés de s'expliquer devant deux commissions d'enquête parlementaires majeures : l'une scrutant les méandres du programme « Un étudiant, un ordinateur », l'autre disséquant les abandons de recettes et la gestion des exonérations fiscales au sein de la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID).
De M. Malick Sow à l'ancien ministre Cheikh Oumar Hanne, en passant par le Directeur général d'Ecobank Sénégal, M. Sahid Yallou, ou le patron actuel de la DGID, M. Jean Koné, le défilé est total. Pourtant, derrière la solennité de ces convocations et le déploiement de ces grands outils de contrôle, une interrogation fondamentale s'empare de l'opinion publique : quelle est l'utilité réelle de ces auditions tous azimuts, si le regard de la justice parlementaire refuse de se porter sur le présent ?
Au Sénégal, la mise en place simultanée de six commissions d'enquête parlementaires suscite de vifs débats. Si la volonté d'élucider la gestion du foncier, de la pêche ou du matériel informatique universitaire est louable, de nombreuses voix s’élèvent au sein de l'opposition et de la société civile pour dénoncer une démarche jugée « très orientée ».
Pour éviter le piège des règlements de comptes politiques et de la justice sélective, le Forum Civil et diverses coalitions réclament un élargissement immédiat des investigations aux dossiers brûlants de l'actualité récente.
Au cœur des récriminations figure en première ligne l'ex Premier ministre Ousmane Sonko. L'opposition exige que le chef de file des "patriotes" soit lui-même auditionné sur des dossiers d'une extrême gravité.
Les projecteurs sont notamment braqués sur les fameux « fonds de la Casamance », une enveloppe d'environ 30 milliards de francs CFA initialement allouée à la recherche de la paix dans cette région meurtrie, et qui aurait été détournée pour l'achat de véhicules haut de gamme au profit de la Primature.
De plus, les graves accusations portées par le journaliste Madiambal Diagne concernant l'exploitation du Zircon et les concessions minières continuent de nourrir les soupçons d'une opacité au sommet de l'État.
La liste des zones d'ombre que la majorité parlementaire semble vouloir ignorer s'allonge de jour en jour. Le collectif citoyen « Sunu 37 Milliards » et l'organisation Kiiraay – Les Patriotes Républicains exigent toute la lumière sur le contrat d'électrification rurale de l'ASER avec l'entreprise AEE Power EPC.
Initié par les révélations du député Thierno Alassane Sall, ce dossier de 37 milliards de francs CFA est marqué par des accusations de surfacturation et de fausses quittances, bien que la majorité se retranche derrière la saisine parallèle du Pool judiciaire financier (PJF) pour refuser l'enquête parlementaire.
De même, une exigence absolue de transparence est réclamée sur l'utilisation des 8 milliards de Bakel et Matam destinés aux sinistrés des crues du fleuve Sénégal, tandis que des éclaircissements profonds sont attendus sur la gestion des infrastructures portuaires avec DP World et le dossier Kosmos Energy, actuellement sous le coude de l'Inspection générale d'État (IGE).
Le Forum Civil invite enfin à balayer devant sa propre porte en demandant l'audit des conditions d'achat des véhicules des députés et de la gestion globale par l'ONRAC.
En définitive, le Sénégal se trouve à la croisée des chemins de sa démocratie. Le débat actuel oppose un camp présidentiel protecteur de son propre calendrier et soucieux de dissocier le temps judiciaire du temps parlementaire, à une frange de l'opposition et de la société civile qui milite pour une reddition des comptes globale, immédiate et impartiale.
Le contrôle de la transparence ne saurait être un miroir déformant, braqué uniquement sur le passé des adversaires déchus, tout en plongeant dans l'obscurité les actes des gouvernants d'aujourd'hui.


Commissions d’enquête parlementaires au Sénégal : reddition des comptes ou justice sélective ? L’opposition réclame que les dossiers du pouvoir actuel soient aussi passés au crible

