L’offensive a été aussi soudaine qu’imprévisible en ce début de soirée. Alors que le crépuscule jetait ses voiles sombres sur la frange côtière de Guédiawaye, là où les filaos prêtent d'ordinaire leur ombre bienveillante à une humanité laborieuse, le silence de la nuit naissante a brutalement volé en éclats. Ce n'est plus le murmure sourd de l'angoisse qui habite les trois mille maraîchers, éleveurs et artisans du site, mais le tumulte d'une véritable scène de guerre. La trêve administrative a été piétinée sous l'effet d'une embuscade nocturne.
Une escouade de l'ombre a profité de la pénombre pour fondre sur le littoral. Des nervis armés, arborant des gilets comme s'ils s'achetaient une légitimité de façade, ont débarqué sur les lieux. En éclaireur de ce sinistre cortège, un monstre d'acier : un Caterpillar dépêché en catimini pour raser, broyer et ensevelir les champs et les espoirs de toute une communauté avant l'aube.
Mais face à la force brute et à la surprise de l'assaut, la dignité paysanne s'est érigée en rempart. Refusant de voir le fruit de générations de labeur réduit en poussière, les occupants légitimes de l'emplacement se sont opposés corps et âmes à cette entreprise de démolition sauvage. S'en est suivie une bataille rangée, d'une violence inouïe, où les cris de détresse se mêlaient au fracas des armes de fortune. Le sang a coulé sur le sable des filaos, ultime témoignage d'une résistance désespérée contre la spoliation.
Dans la bouche des habitants meurtris, un nom revient comme une antienne accusatrice : celui du promoteur immobilier. Le sieur Pape Dieng est désigné, sans ambiguïté aucune, comme le grand ordonnateur de cette tentative d'expulsion manu militari. Une agression d'autant plus incompréhensible et pernicieuse que le calendrier institutionnel offrait encore une lueur d'espoir.
En effet, le Préfet du département a officiellement convié l'ensemble des parties ce lundi à une table de négociation, aux fins de trouver une résolution concertée et pacifique à cette douloureuse équation foncière. Comment, dès lors, expliquer un tel passage en force, sinon par la volonté manifeste de piétiner l'autorité de l'État et de devancer la justice des hommes ?
Dans la vidéo que nous publions aujourd'hui, les visages portent les stigmates de la fureur et de l'incompréhension. Les voix, étranglées par l'émotion mais fermes dans la justice de leur cause, dénoncent cet acte de banditisme d'un autre âge.
Tournant leurs regards vers le sommet de l'État, ces pères et mères de famille lancent un appel pressant et solennel aux plus hautes autorités du pays.
Alors que le couperet des sommations planait déjà sur la banlieue laborieuse , l'irruption de ces milices privées au coucher du soleil vient de franchir le rubicon.
La République saura-t-elle faire respecter le temps du dialogue contre la loi de la pelleteuse ? Les filaos attendent que justice soit faite.
Affaire à suivre...
clounjay@yahoo.fr
Une escouade de l'ombre a profité de la pénombre pour fondre sur le littoral. Des nervis armés, arborant des gilets comme s'ils s'achetaient une légitimité de façade, ont débarqué sur les lieux. En éclaireur de ce sinistre cortège, un monstre d'acier : un Caterpillar dépêché en catimini pour raser, broyer et ensevelir les champs et les espoirs de toute une communauté avant l'aube.
Mais face à la force brute et à la surprise de l'assaut, la dignité paysanne s'est érigée en rempart. Refusant de voir le fruit de générations de labeur réduit en poussière, les occupants légitimes de l'emplacement se sont opposés corps et âmes à cette entreprise de démolition sauvage. S'en est suivie une bataille rangée, d'une violence inouïe, où les cris de détresse se mêlaient au fracas des armes de fortune. Le sang a coulé sur le sable des filaos, ultime témoignage d'une résistance désespérée contre la spoliation.
Dans la bouche des habitants meurtris, un nom revient comme une antienne accusatrice : celui du promoteur immobilier. Le sieur Pape Dieng est désigné, sans ambiguïté aucune, comme le grand ordonnateur de cette tentative d'expulsion manu militari. Une agression d'autant plus incompréhensible et pernicieuse que le calendrier institutionnel offrait encore une lueur d'espoir.
En effet, le Préfet du département a officiellement convié l'ensemble des parties ce lundi à une table de négociation, aux fins de trouver une résolution concertée et pacifique à cette douloureuse équation foncière. Comment, dès lors, expliquer un tel passage en force, sinon par la volonté manifeste de piétiner l'autorité de l'État et de devancer la justice des hommes ?
Dans la vidéo que nous publions aujourd'hui, les visages portent les stigmates de la fureur et de l'incompréhension. Les voix, étranglées par l'émotion mais fermes dans la justice de leur cause, dénoncent cet acte de banditisme d'un autre âge.
Tournant leurs regards vers le sommet de l'État, ces pères et mères de famille lancent un appel pressant et solennel aux plus hautes autorités du pays.
Alors que le couperet des sommations planait déjà sur la banlieue laborieuse , l'irruption de ces milices privées au coucher du soleil vient de franchir le rubicon.
La République saura-t-elle faire respecter le temps du dialogue contre la loi de la pelleteuse ? Les filaos attendent que justice soit faite.
Affaire à suivre...
clounjay@yahoo.fr


Guédiawaye : affrontements nocturnes sur le littoral, les maraîchers et artisans dénoncent une tentative d’expulsion forcée
