Le Sénégal se réveille une nouvelle fois meurtri, le corps plongé dans la boue et le regard suspendu à des cieux implacables.
Ce lundi 5 octobre 2026, face à l’apocalypse pluvieuse qui a fait plier le pays sous des cumuls dépassant les 100 millimètres en 48 heures, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou LO a convoqué une réunion de crise à la Primature.
L’ordre du jour affiche une gravité solennelle : coordonner la riposte d'un État pris de court et panser les plaies d’une nation qui pleure déjà au moins cinq morts, victimes d’effondrements et de crues dévastatrices. Mais au-delà du ballet protocolaire des secours, c'est le procès d'un système qui s'ouvre dans le cœur des Sénégalais.
Une question lancinante, presque révoltante, s’impose désormais au sommet de la République : que sont devenus les centaines de milliards de francs CFA pompeusement dégagés, année après année, pour prétendument terrasser le monstre des inondations ?
Derrière la fatalité du dérèglement climatique se cache le spectre d'une immense faillite managériale. Le temps des concessions est révolu. Du ministère de l'Assainissement aux bureaux dorés de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), la chaîne de responsabilité des quinze dernières années doit être passée au crible de la reddition de comptes. Où sont passés les budgets pharaoniques alors que le moindre hivernage tardif replonge la capitale et les régions dans une détresse moyenâgeuse ?
Une enquête judiciaire et administrative indépendante, rigoureuse et sans complaisance, s’impose comme une urgence morale. Le peuple sénégalais ne peut plus se contenter de communiqués lénifiants alors que l’argent public semble s’être dissous dans les mêmes eaux stagnantes qui asphyxient ses enfants.
Cette faillite financière s’adosse à une incurie structurelle révoltante. Qu’attend l’État pour résoudre, une bonne fois pour toutes, l’équation d’un réseau d’évacuation moribond ? La quasi-totalité des canaux de la métropole, conçue à l'époque coloniale, accuse plus d'un demi-siècle de vétusté. Prévus pour une agglomération infiniment moins dense, ces ouvrages d'un autre âge, saturés et sous-dimensionnés, témoignent d'un déficit chronique de prospective urbaine. Moderniser ces artères souterraines n’est plus un simple projet d'aménagement, c'est une urgence de sécurité nationale.
L'heure est d'autant plus grave que le répit n'est pas à l'ordre du jour. Selon les dernières prévisions météorologiques de Riad, les dix prochains jours s'annoncent lourds de menaces, avec des risques de pluies intermittentes mais potentiellement violentes qui planent sur des sols déjà gorgés de désespoir.
Le gouvernement LO joue sa crédibilité dans les salons de la Primature. Entre la gestion de l'urgence humanitaire et l'exigence absolue de vérité sur les gestions passées, l’exécutif n'a plus le droit à l'erreur.
Le ciel gronde, et la colère populaire, elle, commence à déborder.
Ce lundi 5 octobre 2026, face à l’apocalypse pluvieuse qui a fait plier le pays sous des cumuls dépassant les 100 millimètres en 48 heures, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou LO a convoqué une réunion de crise à la Primature.
L’ordre du jour affiche une gravité solennelle : coordonner la riposte d'un État pris de court et panser les plaies d’une nation qui pleure déjà au moins cinq morts, victimes d’effondrements et de crues dévastatrices. Mais au-delà du ballet protocolaire des secours, c'est le procès d'un système qui s'ouvre dans le cœur des Sénégalais.
Une question lancinante, presque révoltante, s’impose désormais au sommet de la République : que sont devenus les centaines de milliards de francs CFA pompeusement dégagés, année après année, pour prétendument terrasser le monstre des inondations ?
Derrière la fatalité du dérèglement climatique se cache le spectre d'une immense faillite managériale. Le temps des concessions est révolu. Du ministère de l'Assainissement aux bureaux dorés de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), la chaîne de responsabilité des quinze dernières années doit être passée au crible de la reddition de comptes. Où sont passés les budgets pharaoniques alors que le moindre hivernage tardif replonge la capitale et les régions dans une détresse moyenâgeuse ?
Une enquête judiciaire et administrative indépendante, rigoureuse et sans complaisance, s’impose comme une urgence morale. Le peuple sénégalais ne peut plus se contenter de communiqués lénifiants alors que l’argent public semble s’être dissous dans les mêmes eaux stagnantes qui asphyxient ses enfants.
Cette faillite financière s’adosse à une incurie structurelle révoltante. Qu’attend l’État pour résoudre, une bonne fois pour toutes, l’équation d’un réseau d’évacuation moribond ? La quasi-totalité des canaux de la métropole, conçue à l'époque coloniale, accuse plus d'un demi-siècle de vétusté. Prévus pour une agglomération infiniment moins dense, ces ouvrages d'un autre âge, saturés et sous-dimensionnés, témoignent d'un déficit chronique de prospective urbaine. Moderniser ces artères souterraines n’est plus un simple projet d'aménagement, c'est une urgence de sécurité nationale.
L'heure est d'autant plus grave que le répit n'est pas à l'ordre du jour. Selon les dernières prévisions météorologiques de Riad, les dix prochains jours s'annoncent lourds de menaces, avec des risques de pluies intermittentes mais potentiellement violentes qui planent sur des sols déjà gorgés de désespoir.
Le gouvernement LO joue sa crédibilité dans les salons de la Primature. Entre la gestion de l'urgence humanitaire et l'exigence absolue de vérité sur les gestions passées, l’exécutif n'a plus le droit à l'erreur.
Le ciel gronde, et la colère populaire, elle, commence à déborder.


Inondations meurtrières : la réunion de crise de la Primature face à la colère sur la gestion des milliards de l’assainissement
