Le paysage médiatique sénégalais vient de perdre l'une de ses plus belles constellations, une icône dont le nom seul évoque l'âge d'or du journalisme de notre pays.
Élisabeth Ndiaye, l'indétrônable et légendaire présentatrice de la télévision nationale, a été rappelée à Dieu.
Avec sa disparition, c’est un pan entier de l’histoire de l'audiovisuel qui s’affaisse, laissant le Sénégal orphelin d’une voix, d’un visage et d’une élégance qui ont bercé des générations de téléspectateurs.
La rédaction de Dakarposte, profondément affligée par cette douloureuse perte, s'incline devant la mémoire de cette illustre disparue et présente ses condoléances les plus émues à sa famille, à ses proches ainsi qu'à l'ensemble de la communauté des médias.
Avant de prêter ses traits d'une beauté sculpturale et mémorable aux lucarnes du Journal Télévisé, Élisabeth Ndiaye fut d’abord une voix.
C’est en octobre 1970 qu’elle franchit le seuil de l’Office de radiodiffusion télévision du Sénégal (ORTS). Animée par une passion dévorante et un respect sacré du métier, elle gravit les échelons marche après marche, refusant les raccourcis faciles et les éclats éphémères.
Animatrice des programmes radio, puis téléspeakerine virtuose, elle apprit l’art journalistique dans l'ombre feutrée des studios avant de s'imposer sous la lumière incandescente des plateaux.
Pour parfaire son art et hisser son niveau d'exigence au firmament, elle alla chercher le savoir par-delà les océans, notamment à Radio Nederland Hilversum en Hollande, à l’Institut national de l'audiovisuel (INA) à Paris, au prestigieux CFPJ de la rue du Louvre, sans oublier d'enrichissants voyages d’études aux États-Unis. Cette ouverture internationale rare conférait à sa présence à l'antenne une assurance tranquille, une sérénité impériale qui subjuguait quiconque la regardait.
Être une femme de télévision dans les années 1980 relevait d'une véritable épopée. Dans le sillage de Sokhna Dieng Mbacké — première femme à présenter le JT en 1972 —, Élisabeth Ndiaye fit partie de cette poignée de pionnières qui enfoncèrent les portes d’un bastion alors farouchement masculin.
Nos confrères du site Senenews, dont les précieuses recherches ont mis en lumière des pans mémorables de sa noble trajectoire, nous rappellent à quel point son magistère fut empreint d'une sororité sans faille.
Adrienne Diop, arrivée en 1981 en tant que troisième femme de la rédaction, gardait d’elle le souvenir ému d’une aînée protectrice, une authentique grande sœur.
Cette bienveillance légendaire fut également saluée par la journaliste Jacqueline Fatima Bocoum, qui s’était souvenue avec émotion de l'accueil chaleureux que lui avait réservé cette icône absolue, laquelle avait choisi de se retirer plus tard avec une discrétion royale.
Derrière le charme magnétique de la présentatrice se cachait également une redoutable pédagogue, une esthète de la prose journalistique.
L'ancien journaliste Martin Faye aimait à rappeler que c’est elle qui lui insuffla ses premières leçons d'écriture, lui martelant inlassablement la règle d'or : le sujet, le verbe, le complément.
Elle proscrivait les subordonnées sinueuses qui égarent l'esprit, prônant une clarté limpide. Cette obsession de la simplicité faisait tout le sel de ses apparitions. Aux côtés de monstres sacrés tels qu'Yves Jack Sow, Sada Kane ou Daouda Ndiaye, Élisabeth Ndiaye transformait le rituel du 20 heures en une messe familiale courue et incontournable.
Les enfants d’alors guettaient l’instant magique où cette souveraine de la parole apparaissait à l’écran. Son éloquence, sa pertinence et sa distinction naturelle lui valurent le titre ô combien mérité de « Reine du JT », une distinction couronnée par son élévation dans l’Ordre national du mérite.
Puis, en 2001, au zénith de sa gloire, elle décida de s’en aller. Sans fracas, sans larmes de crocodile ni polémique, elle se retira du tumulte médiatique pour se consacrer exclusivement aux siens. Ce départ volontaire, qui intrigua longtemps le grand public, fut la plus belle de ses leçons de classe : savoir quitter la scène lorsque le rideau est au plus haut et laisser l’œuvre parler pour soi.
La transmission, toutefois, ne s'est jamais interrompue ; son fils, Malick Ndiaye, perpétua le flambeau à la RTS à travers l'émission « Citizen Match ». En décembre 2023, la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) l’avait honorée lors du Sargal national de la presse, preuve vibrante que les nouvelles générations gardaient intact le culte de son excellence.
Aujourd’hui, le Sénégal pleure une étoile qui a su marquer son époque sans jamais mendier la lumière.
Que la terre lui soit légère, et que son âme repose en paix.
Élisabeth Ndiaye, l'indétrônable et légendaire présentatrice de la télévision nationale, a été rappelée à Dieu.
Avec sa disparition, c’est un pan entier de l’histoire de l'audiovisuel qui s’affaisse, laissant le Sénégal orphelin d’une voix, d’un visage et d’une élégance qui ont bercé des générations de téléspectateurs.
La rédaction de Dakarposte, profondément affligée par cette douloureuse perte, s'incline devant la mémoire de cette illustre disparue et présente ses condoléances les plus émues à sa famille, à ses proches ainsi qu'à l'ensemble de la communauté des médias.
Avant de prêter ses traits d'une beauté sculpturale et mémorable aux lucarnes du Journal Télévisé, Élisabeth Ndiaye fut d’abord une voix.
C’est en octobre 1970 qu’elle franchit le seuil de l’Office de radiodiffusion télévision du Sénégal (ORTS). Animée par une passion dévorante et un respect sacré du métier, elle gravit les échelons marche après marche, refusant les raccourcis faciles et les éclats éphémères.
Animatrice des programmes radio, puis téléspeakerine virtuose, elle apprit l’art journalistique dans l'ombre feutrée des studios avant de s'imposer sous la lumière incandescente des plateaux.
Pour parfaire son art et hisser son niveau d'exigence au firmament, elle alla chercher le savoir par-delà les océans, notamment à Radio Nederland Hilversum en Hollande, à l’Institut national de l'audiovisuel (INA) à Paris, au prestigieux CFPJ de la rue du Louvre, sans oublier d'enrichissants voyages d’études aux États-Unis. Cette ouverture internationale rare conférait à sa présence à l'antenne une assurance tranquille, une sérénité impériale qui subjuguait quiconque la regardait.
Être une femme de télévision dans les années 1980 relevait d'une véritable épopée. Dans le sillage de Sokhna Dieng Mbacké — première femme à présenter le JT en 1972 —, Élisabeth Ndiaye fit partie de cette poignée de pionnières qui enfoncèrent les portes d’un bastion alors farouchement masculin.
Nos confrères du site Senenews, dont les précieuses recherches ont mis en lumière des pans mémorables de sa noble trajectoire, nous rappellent à quel point son magistère fut empreint d'une sororité sans faille.
Adrienne Diop, arrivée en 1981 en tant que troisième femme de la rédaction, gardait d’elle le souvenir ému d’une aînée protectrice, une authentique grande sœur.
Cette bienveillance légendaire fut également saluée par la journaliste Jacqueline Fatima Bocoum, qui s’était souvenue avec émotion de l'accueil chaleureux que lui avait réservé cette icône absolue, laquelle avait choisi de se retirer plus tard avec une discrétion royale.
Derrière le charme magnétique de la présentatrice se cachait également une redoutable pédagogue, une esthète de la prose journalistique.
L'ancien journaliste Martin Faye aimait à rappeler que c’est elle qui lui insuffla ses premières leçons d'écriture, lui martelant inlassablement la règle d'or : le sujet, le verbe, le complément.
Elle proscrivait les subordonnées sinueuses qui égarent l'esprit, prônant une clarté limpide. Cette obsession de la simplicité faisait tout le sel de ses apparitions. Aux côtés de monstres sacrés tels qu'Yves Jack Sow, Sada Kane ou Daouda Ndiaye, Élisabeth Ndiaye transformait le rituel du 20 heures en une messe familiale courue et incontournable.
Les enfants d’alors guettaient l’instant magique où cette souveraine de la parole apparaissait à l’écran. Son éloquence, sa pertinence et sa distinction naturelle lui valurent le titre ô combien mérité de « Reine du JT », une distinction couronnée par son élévation dans l’Ordre national du mérite.
Puis, en 2001, au zénith de sa gloire, elle décida de s’en aller. Sans fracas, sans larmes de crocodile ni polémique, elle se retira du tumulte médiatique pour se consacrer exclusivement aux siens. Ce départ volontaire, qui intrigua longtemps le grand public, fut la plus belle de ses leçons de classe : savoir quitter la scène lorsque le rideau est au plus haut et laisser l’œuvre parler pour soi.
La transmission, toutefois, ne s'est jamais interrompue ; son fils, Malick Ndiaye, perpétua le flambeau à la RTS à travers l'émission « Citizen Match ». En décembre 2023, la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS) l’avait honorée lors du Sargal national de la presse, preuve vibrante que les nouvelles générations gardaient intact le culte de son excellence.
Aujourd’hui, le Sénégal pleure une étoile qui a su marquer son époque sans jamais mendier la lumière.
Que la terre lui soit légère, et que son âme repose en paix.


La « Reine du JT » n’est plus : Élisabeth Ndiaye, l’icône qui a marqué l’âge d’or de la télévision sénégalaise s’en est allée
