Il y avait, ce mardi 29 septembre 2026, quelque chose de plus qu’une cérémonie officielle au Grand Théâtre de Dakar. Il y avait une rencontre entre une génération et celui qui, à sa tête, avait choisi de lui parler non pas comme à un public, mais comme à une génération appelée à prendre sa part de l’histoire.
Lorsque Bassirou Diomaye Faye s’est avancé pour prononcer son discours à l’occasion de l’installation officielle du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal, la salle lui a réservé une ovation. Puis une autre. Et encore une autre.
Avant même qu’il ne commence, au fil de son allocution et à son terme, le chef de l’État a été longuement applaudi par une assistance majoritairement jeune, composée notamment des membres du nouveau Conseil consultatif, de représentants des organisations de jeunesse, d’étudiants, d’apprenants de la formation professionnelle et technique, ainsi que de nombreux acteurs de la jeunesse venus des différentes composantes du pays. Cette nouvelle instance, créée par le décret n°2025-1962 du 5 décembre 2025, a précisément vocation à donner aux jeunes une place plus directe dans la réflexion sur les politiques publiques qui les concernent.
Lorsque Bassirou Diomaye Faye s’est avancé pour prononcer son discours à l’occasion de l’installation officielle du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal, la salle lui a réservé une ovation. Puis une autre. Et encore une autre.
Avant même qu’il ne commence, au fil de son allocution et à son terme, le chef de l’État a été longuement applaudi par une assistance majoritairement jeune, composée notamment des membres du nouveau Conseil consultatif, de représentants des organisations de jeunesse, d’étudiants, d’apprenants de la formation professionnelle et technique, ainsi que de nombreux acteurs de la jeunesse venus des différentes composantes du pays. Cette nouvelle instance, créée par le décret n°2025-1962 du 5 décembre 2025, a précisément vocation à donner aux jeunes une place plus directe dans la réflexion sur les politiques publiques qui les concernent.
Mais derrière les applaudissements, il y avait surtout une écoute. Et derrière le protocole, un message.
« Dites-moi quelle jeunesse vous avez, je vous dirai quel pays vous serez », a lancé le président de la République, avant de rappeler cette évidence devenue le fil rouge de son propos : l’avenir d’un pays ne se décrète pas uniquement dans les bureaux de l’État. Il se prépare dans ce que la société transmet à sa jeunesse, dans les responsabilités qu’elle lui confie et dans la confiance qu’elle accepte de lui accorder.
« Dites-moi quelle jeunesse vous avez, je vous dirai quel pays vous serez », a lancé le président de la République, avant de rappeler cette évidence devenue le fil rouge de son propos : l’avenir d’un pays ne se décrète pas uniquement dans les bureaux de l’État. Il se prépare dans ce que la société transmet à sa jeunesse, dans les responsabilités qu’elle lui confie et dans la confiance qu’elle accepte de lui accorder.
L'actuel locataire du convoité palais de Roume a alors choisi une image puisée dans la mémoire profonde du Sénégal. Celle de la case d’initiation.
Il a évoqué ces matins où, dans de nombreuses communautés, les jeunes étaient conduits à l’écart du village ou du quartier par des hommes qu’ils connaissaient depuis toujours. Wolof, Diola, Bassari, Mandingue : les noms variaient selon les terroirs, les rites différaient, mais la finalité demeurait semblable. Une société estimait qu’un enfant avait grandi. Elle le retirait momentanément du monde ordinaire pour lui transmettre ce qui ne s’apprend pas dans les livres : la maîtrise de soi, la solidarité, le courage, le sens du devoir, la parole donnée et la responsabilité envers la communauté.
« La République fait ce que nos ancêtres faisaient à l’écart », a-t-il expliqué en substance.
Cette fois, la case est le Grand Théâtre. Les anciens sont remplacés par les institutions de la République. Et les jeunes qui en sortent ne sont pas seulement des spectateurs d’une cérémonie : ils sont désormais investis d’une charge.
La République, leur a dit le chef de l’État, leur remet aujourd’hui « leur première charge ».
Cette charge est celle du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal. Un conseil qui n’est pas présenté comme une institution décorative, mais comme un espace de dialogue et de responsabilité. Créé en décembre 2025, le CCJS remplace le Conseil national de la jeunesse et doit permettre aux jeunes d’émettre des avis et des recommandations sur les politiques publiques qui les concernent, tout en renforçant leur représentation dans les espaces de décision et de concertation.
Le président de la République a rappelé qu’il avait lui-même annoncé cette évolution quelques mois auparavant, à Thiès, lors de la Semaine nationale de la jeunesse. Le 30 mars, au stade Lat-Dior, il avait dénoncé une pratique ancienne : parler abondamment de la jeunesse tout en décidant trop souvent sans elle. Il avait alors annoncé la mise en place d’un cadre structuré permettant aux jeunes de faire entendre directement leurs idées dans l’élaboration des politiques qui les concernent.
Ce mardi, cette promesse prenait des visages.
Mais le discours présidentiel ne s’est pas arrêté à la politique de jeunesse. Il a voulu placer cette nouvelle génération devant l’un des bouleversements majeurs du siècle : l’intelligence artificielle.
Le ton a changé. Plus grave. Plus prospectif.
Les machines écrivent désormais, calculent, traduisent, dessinent, répondent, analysent et, dans certains domaines, établissent même des diagnostics. Elles peuvent communiquer dans de nombreuses langues et commencent déjà à intégrer certaines langues africaines.
Pour le chef de l’État, cette révolution technologique ne doit pas être regardée avec peur. Elle doit être regardée avec lucidité.
Il a ainsi évoqué le paysan qui pourrait demain interroger une intelligence artificielle dans sa propre langue sur la maladie qui affecte son champ, ou encore l’élève d’une localité éloignée qui pourrait disposer, grâce aux outils numériques, d’un accompagnement pédagogique autrefois réservé aux enfants des milieux les plus favorisés.
Dans un pays comme le Sénégal, a-t-il souligné, cette révolution pourrait permettre de parcourir en quelques années des distances que d’autres sociétés ont mis des siècles à franchir.
Mais le président a immédiatement ajouté une seconde vérité : l’intelligence artificielle transformera profondément le marché du travail. Certains métiers évolueront, certains disparaîtront, tandis que d’autres, encore inconnus, apparaîtront.
Et ceux-là, a-t-il lancé à la jeunesse, seront peut-être précisément les métiers que vous inventerez.
La question n’est donc plus seulement de savoir comment utiliser l’intelligence artificielle. Il s’agit de savoir qui la construira, avec quelles langues, quelles données, quelles références culturelles et quelles valeurs.
« Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence artificielle », a-t-il martelé.
Il veut des ingénieurs, des linguistes, des juristes, des entrepreneurs, des programmeurs, des développeurs capables de produire leurs propres outils, d’adapter l’intelligence artificielle aux réalités du pays, de lui apprendre les langues nationales et de la mettre au service des besoins sénégalais.
Une ambition qui trouve déjà un symbole dans le satellite conçu par de jeunes Sénégalais et placé en orbite quelques mois auparavant : la preuve, selon le président, que cette jeunesse est capable de concevoir des technologies de pointe et de ne plus se contenter de les importer.
Mais c’est ici que le discours a trouvé sa profondeur la plus singulière. Car Bassirou Diomaye Faye a refusé de réduire l’avenir à la technologie.
Il a posé une question : si la machine sait tout, que restera-t-il à l’homme ? La réponse, il est allé la chercher une nouvelle fois dans la case d’initiation.
La machine pourra connaître les livres consacrés au courage. Elle pourra définir la fidélité, expliquer la honte, disserter sur l’honneur. Mais elle n’aura jamais eu à affronter la peur, à tenir une promesse lorsque plus rien ne l’y oblige, à dire la vérité lorsque celle-ci coûte, à partager sa part avec celui qui n’a rien, ni à relever celui qui vient de tomber.
Le savoir peut être artificiel. La vertu, elle, doit être vécue. Et le courage, surtout, ne se mesure que lorsqu’il y a quelque chose à perdre.
C’est pourquoi le chef de l’État a appelé les jeunes à s’armer de courage, d’honnêteté, de fidélité à la parole donnée, de solidarité et de responsabilité. Dans un monde saturé d’images, de faux contenus, de manipulations et de propos instantanés, il les a invités à ne jamais confondre la liberté d’expression avec le droit au mensonge ou à l’injure.
Il leur a également demandé de résister à une autre tentation : celle de l’imitation.
« Si tu ne sais plus où tu vas, retourne d’où tu viens », a-t-il lancé, avant d’en préciser le sens : non pas pour y rester, mais pour retrouver la direction.
Le propos était autant culturel que politique. Il s’agissait de rappeler à une jeunesse connectée au monde qu’elle ne doit pas devenir étrangère à elle-même.
Puis est venu le moment de la charge.
Le chef de l’État a demandé aux nouveaux conseillers de ne pas être de simples relais institutionnels. Il leur a demandé d’aller écouter ceux dont ils portent la voix, y compris ceux qui ne connaissent pas encore l’existence du Conseil et ceux qui ne les ont pas choisis.
« Je ne vous demande pas de m’approuver », leur a-t-il dit en substance.
Une phrase forte, dans un discours consacré à la participation citoyenne.
Il leur demande au contraire de rapporter ce que les rapports officiels ne disent pas, de débattre, de contredire lorsque cela est nécessaire et, surtout, de produire des propositions précises, chiffrées et applicables, susceptibles de nourrir l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Le gouvernement, a-t-il assuré, mettra les moyens nécessaires à leur disposition. Les ministères devront leur ouvrir les espaces de dialogue sur la formation professionnelle, l’emploi, les compétences numériques et les autres politiques qui déterminent l’avenir des jeunes.
L’école territoriale, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers sont également invités à participer à cette dynamique.
Puis le président est revenu à la case. Car, dans son récit, l’initiation ne s’achève jamais avec la sortie de la case. Elle commence véritablement à ce moment-là.
Lorsque les initiés revenaient au village, les tambours résonnaient. Les familles les accueillaient. Ils avaient changé. Ils n’étaient plus seulement ceux qui étaient partis. Ils revenaient investis d’une responsabilité nouvelle.
Le Conseil consultatif des jeunes doit, dans l’esprit du chef de l’État, vivre ce même moment.
Les jeunes conseillers ne sont pas réunis pour recevoir des honneurs. Ils sont appelés à travailler.
Et leur première grande responsabilité se trouve déjà devant eux : les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Le Sénégal s’apprête à accueillir le premier rendez-vous olympique de la jeunesse organisé en Afrique, un événement que le président a présenté comme une responsabilité historique autant qu’une formidable occasion de montrer au monde le visage d’un pays jeune, fier de ses racines et capable de se projeter vers l’avenir.
À mesure que le discours touchait à sa fin, le ton est devenu plus personnel.
Bassirou Diomaye Faye a rappelé qu’il avait été élu président de la République à 44 ans. Il a évoqué l’homme qu’il était en 2014, lorsqu’il s’était engagé dans la vie politique et qu’il avait alors 34 ans.
Il aurait pu, a-t-il expliqué, être assis à la place de ces jeunes si un tel Conseil avait existé à cette époque.
Cette confidence donnait à son adresse une autre dimension : celle d’un homme qui parle à une génération dont il fut lui-même, quelques années plus tôt, l’un des membres.
Et il a parlé aussi en père.
Ses propres enfants, a-t-il dit, grandiront dans ce monde dominé par des technologies que personne ne peut encore entièrement décrire.
Mais il n’a pas dit son inquiétude.
Il a dit sa confiance.
Parce que, selon lui, le Sénégal sait ce qu’il met dans le cœur de ses enfants avant de les laisser partir à la conquête du monde.
Lorsque le chef de l’État a achevé son propos et procédé à l’installation officielle du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal, la salle s’est à nouveau levée.
Une dernière ovation.
Longue, dense, portée principalement par cette jeunesse venue des territoires, des organisations de jeunes, des établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle, mais aussi par les représentants des institutions, du monde économique, de la société civile et des partenaires présents à la cérémonie.
Avant le discours, pendant le discours, après le discours : trois moments, trois ovations, comme trois temps d’une même rencontre.
Il a évoqué ces matins où, dans de nombreuses communautés, les jeunes étaient conduits à l’écart du village ou du quartier par des hommes qu’ils connaissaient depuis toujours. Wolof, Diola, Bassari, Mandingue : les noms variaient selon les terroirs, les rites différaient, mais la finalité demeurait semblable. Une société estimait qu’un enfant avait grandi. Elle le retirait momentanément du monde ordinaire pour lui transmettre ce qui ne s’apprend pas dans les livres : la maîtrise de soi, la solidarité, le courage, le sens du devoir, la parole donnée et la responsabilité envers la communauté.
« La République fait ce que nos ancêtres faisaient à l’écart », a-t-il expliqué en substance.
Cette fois, la case est le Grand Théâtre. Les anciens sont remplacés par les institutions de la République. Et les jeunes qui en sortent ne sont pas seulement des spectateurs d’une cérémonie : ils sont désormais investis d’une charge.
La République, leur a dit le chef de l’État, leur remet aujourd’hui « leur première charge ».
Cette charge est celle du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal. Un conseil qui n’est pas présenté comme une institution décorative, mais comme un espace de dialogue et de responsabilité. Créé en décembre 2025, le CCJS remplace le Conseil national de la jeunesse et doit permettre aux jeunes d’émettre des avis et des recommandations sur les politiques publiques qui les concernent, tout en renforçant leur représentation dans les espaces de décision et de concertation.
Le président de la République a rappelé qu’il avait lui-même annoncé cette évolution quelques mois auparavant, à Thiès, lors de la Semaine nationale de la jeunesse. Le 30 mars, au stade Lat-Dior, il avait dénoncé une pratique ancienne : parler abondamment de la jeunesse tout en décidant trop souvent sans elle. Il avait alors annoncé la mise en place d’un cadre structuré permettant aux jeunes de faire entendre directement leurs idées dans l’élaboration des politiques qui les concernent.
Ce mardi, cette promesse prenait des visages.
Mais le discours présidentiel ne s’est pas arrêté à la politique de jeunesse. Il a voulu placer cette nouvelle génération devant l’un des bouleversements majeurs du siècle : l’intelligence artificielle.
Le ton a changé. Plus grave. Plus prospectif.
Les machines écrivent désormais, calculent, traduisent, dessinent, répondent, analysent et, dans certains domaines, établissent même des diagnostics. Elles peuvent communiquer dans de nombreuses langues et commencent déjà à intégrer certaines langues africaines.
Pour le chef de l’État, cette révolution technologique ne doit pas être regardée avec peur. Elle doit être regardée avec lucidité.
Il a ainsi évoqué le paysan qui pourrait demain interroger une intelligence artificielle dans sa propre langue sur la maladie qui affecte son champ, ou encore l’élève d’une localité éloignée qui pourrait disposer, grâce aux outils numériques, d’un accompagnement pédagogique autrefois réservé aux enfants des milieux les plus favorisés.
Dans un pays comme le Sénégal, a-t-il souligné, cette révolution pourrait permettre de parcourir en quelques années des distances que d’autres sociétés ont mis des siècles à franchir.
Mais le président a immédiatement ajouté une seconde vérité : l’intelligence artificielle transformera profondément le marché du travail. Certains métiers évolueront, certains disparaîtront, tandis que d’autres, encore inconnus, apparaîtront.
Et ceux-là, a-t-il lancé à la jeunesse, seront peut-être précisément les métiers que vous inventerez.
La question n’est donc plus seulement de savoir comment utiliser l’intelligence artificielle. Il s’agit de savoir qui la construira, avec quelles langues, quelles données, quelles références culturelles et quelles valeurs.
« Je ne veux pas d’une jeunesse sénégalaise cliente de l’intelligence artificielle », a-t-il martelé.
Il veut des ingénieurs, des linguistes, des juristes, des entrepreneurs, des programmeurs, des développeurs capables de produire leurs propres outils, d’adapter l’intelligence artificielle aux réalités du pays, de lui apprendre les langues nationales et de la mettre au service des besoins sénégalais.
Une ambition qui trouve déjà un symbole dans le satellite conçu par de jeunes Sénégalais et placé en orbite quelques mois auparavant : la preuve, selon le président, que cette jeunesse est capable de concevoir des technologies de pointe et de ne plus se contenter de les importer.
Mais c’est ici que le discours a trouvé sa profondeur la plus singulière. Car Bassirou Diomaye Faye a refusé de réduire l’avenir à la technologie.
Il a posé une question : si la machine sait tout, que restera-t-il à l’homme ? La réponse, il est allé la chercher une nouvelle fois dans la case d’initiation.
La machine pourra connaître les livres consacrés au courage. Elle pourra définir la fidélité, expliquer la honte, disserter sur l’honneur. Mais elle n’aura jamais eu à affronter la peur, à tenir une promesse lorsque plus rien ne l’y oblige, à dire la vérité lorsque celle-ci coûte, à partager sa part avec celui qui n’a rien, ni à relever celui qui vient de tomber.
Le savoir peut être artificiel. La vertu, elle, doit être vécue. Et le courage, surtout, ne se mesure que lorsqu’il y a quelque chose à perdre.
C’est pourquoi le chef de l’État a appelé les jeunes à s’armer de courage, d’honnêteté, de fidélité à la parole donnée, de solidarité et de responsabilité. Dans un monde saturé d’images, de faux contenus, de manipulations et de propos instantanés, il les a invités à ne jamais confondre la liberté d’expression avec le droit au mensonge ou à l’injure.
Il leur a également demandé de résister à une autre tentation : celle de l’imitation.
« Si tu ne sais plus où tu vas, retourne d’où tu viens », a-t-il lancé, avant d’en préciser le sens : non pas pour y rester, mais pour retrouver la direction.
Le propos était autant culturel que politique. Il s’agissait de rappeler à une jeunesse connectée au monde qu’elle ne doit pas devenir étrangère à elle-même.
Puis est venu le moment de la charge.
Le chef de l’État a demandé aux nouveaux conseillers de ne pas être de simples relais institutionnels. Il leur a demandé d’aller écouter ceux dont ils portent la voix, y compris ceux qui ne connaissent pas encore l’existence du Conseil et ceux qui ne les ont pas choisis.
« Je ne vous demande pas de m’approuver », leur a-t-il dit en substance.
Une phrase forte, dans un discours consacré à la participation citoyenne.
Il leur demande au contraire de rapporter ce que les rapports officiels ne disent pas, de débattre, de contredire lorsque cela est nécessaire et, surtout, de produire des propositions précises, chiffrées et applicables, susceptibles de nourrir l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Le gouvernement, a-t-il assuré, mettra les moyens nécessaires à leur disposition. Les ministères devront leur ouvrir les espaces de dialogue sur la formation professionnelle, l’emploi, les compétences numériques et les autres politiques qui déterminent l’avenir des jeunes.
L’école territoriale, le secteur privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers sont également invités à participer à cette dynamique.
Puis le président est revenu à la case. Car, dans son récit, l’initiation ne s’achève jamais avec la sortie de la case. Elle commence véritablement à ce moment-là.
Lorsque les initiés revenaient au village, les tambours résonnaient. Les familles les accueillaient. Ils avaient changé. Ils n’étaient plus seulement ceux qui étaient partis. Ils revenaient investis d’une responsabilité nouvelle.
Le Conseil consultatif des jeunes doit, dans l’esprit du chef de l’État, vivre ce même moment.
Les jeunes conseillers ne sont pas réunis pour recevoir des honneurs. Ils sont appelés à travailler.
Et leur première grande responsabilité se trouve déjà devant eux : les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Le Sénégal s’apprête à accueillir le premier rendez-vous olympique de la jeunesse organisé en Afrique, un événement que le président a présenté comme une responsabilité historique autant qu’une formidable occasion de montrer au monde le visage d’un pays jeune, fier de ses racines et capable de se projeter vers l’avenir.
À mesure que le discours touchait à sa fin, le ton est devenu plus personnel.
Bassirou Diomaye Faye a rappelé qu’il avait été élu président de la République à 44 ans. Il a évoqué l’homme qu’il était en 2014, lorsqu’il s’était engagé dans la vie politique et qu’il avait alors 34 ans.
Il aurait pu, a-t-il expliqué, être assis à la place de ces jeunes si un tel Conseil avait existé à cette époque.
Cette confidence donnait à son adresse une autre dimension : celle d’un homme qui parle à une génération dont il fut lui-même, quelques années plus tôt, l’un des membres.
Et il a parlé aussi en père.
Ses propres enfants, a-t-il dit, grandiront dans ce monde dominé par des technologies que personne ne peut encore entièrement décrire.
Mais il n’a pas dit son inquiétude.
Il a dit sa confiance.
Parce que, selon lui, le Sénégal sait ce qu’il met dans le cœur de ses enfants avant de les laisser partir à la conquête du monde.
Lorsque le chef de l’État a achevé son propos et procédé à l’installation officielle du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal, la salle s’est à nouveau levée.
Une dernière ovation.
Longue, dense, portée principalement par cette jeunesse venue des territoires, des organisations de jeunes, des établissements d’enseignement supérieur et de formation professionnelle, mais aussi par les représentants des institutions, du monde économique, de la société civile et des partenaires présents à la cérémonie.
Avant le discours, pendant le discours, après le discours : trois moments, trois ovations, comme trois temps d’une même rencontre.
Ce mardi au Grand Théâtre, Bassirou Diomaye Faye n’a donc pas seulement installé une nouvelle institution. Il a tenté d’installer une idée : celle d’une jeunesse qui ne doit plus attendre son tour, parce que son tour est déjà venu.
Et lorsqu’il a finalement lancé son appel à la jeunesse, à la République et au Sénégal, la salle semblait avoir compris le sens profond de son message.
La République avait ouvert la porte de la case. Elle venait de remettre une charge à ses enfants.
À eux désormais de sortir, de se tenir debout et de montrer ce qu’ils sauront faire du pays qui les attend dehors.
Et lorsqu’il a finalement lancé son appel à la jeunesse, à la République et au Sénégal, la salle semblait avoir compris le sens profond de son message.
La République avait ouvert la porte de la case. Elle venait de remettre une charge à ses enfants.
À eux désormais de sortir, de se tenir debout et de montrer ce qu’ils sauront faire du pays qui les attend dehors.


« La République vous remet votre première charge » : au Grand Théâtre, Diomaye Faye parle à une génération qui refuse d’attendre




