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Le nouveau gouvernement de Moctar O. Diay : un changement de portefeuilles et un test pour les résultats

Rédigé par Dakarposte le Dimanche 11 Octobre 2026 à 22:07 modifié le Lundi 12 Octobre 2026 - 00:07

La Mauritanie est entrée dans une nouvelle phase gouvernementale avec la reconduction de Mokhtar Ould Diay et la formation d’une équipe composée de 29 ministres et ministres délégués, qui allie le maintien de certains responsables à leurs postes, le transfert d’autres entre les différents secteurs, et l’attribution de portefeuilles sensibles à des personnalités qui reviennent ou font leur entrée dans le gouvernement.

La carte des nominations révèle des changements touchant notamment la Défense, l’Intérieur et l’Énergie, tandis que les ministres des Affaires étrangères et des Finances sont maintenus à leur poste, dans une configuration qui suggère une volonté de renouveler l’action tout en assurant la continuité sur un certain nombre de dossiers essentiels.

Ce gouvernement s’inscrit dans un contexte marqué par la pression en faveur d’une amélioration des services publics, à la suite de la crise de l’électricité et des irrégularités techniques et administratives mises au jour par l’enquête sur les incendies des deux postes de transformation de Nouakchott.

Cependant, interpréter cette composition comme une réponse à ce seul dossier reviendrait à en restreindre la portée ; les changements s’étendent en effet aux secteurs économiques, sociaux et administratifs, tandis que l’introduction de l’annonce définit trois priorités claires : le renforcement de la protection sociale, la formation, l’emploi et l’autonomisation des jeunes, ainsi que le développement des villes et des régions de l’intérieur.

La reconduction de Ould Diay après la démission de son gouvernement témoigne d’un renouvellement de la confiance présidentielle dans sa direction de l’exécutif. Elle lui offre l’occasion de poursuivre la mise en œuvre du programme « Ambitieux pour la patrie » avec une équipe au sein de laquelle les responsabilités ont été redistribuées, mais renforce également son obligation de rendre des comptes sur le plan politique quant aux résultats obtenus.

Le maintien du Premier ministre à son poste fait de cette nouvelle phase le prolongement de son expérience au pouvoir et lui confère la responsabilité de remédier aux blocages et d’améliorer la coordination entre les ministres.

Le remaniement au sein des ministères de la Défense et de l’Intérieur apparaît comme l’un des principaux axes de ce gouvernement.

Le ministère de la Défense, des Retraités et des Enfants des martyrs a en effet été confié à Ba Ousmane, tandis que Mokhtar Ould Ahmed Bouceif a pris la tête du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local. En revanche, Mohamed Salem Ould Merzoug conserve les Affaires étrangères, et Mohamed Ould Soueïdatt, la Justice. Cette répartition reflète un changement dans la gestion d’une partie des dossiers souverains, sans pour autant permettre, en soi, de conclure à un changement d’orientation sécuritaire ou diplomatique de l’État.

Le passage de Ould Ahmed Bouceif du ministère de la Pêche à celui de l’Intérieur représente un élargissement important de son champ de compétences. En effet, le ministère de l’Intérieur regroupe la supervision de l’administration territoriale, la sécurité intérieure ainsi que l’accompagnement de la décentralisation et du développement local.

À ses côtés, Yacoub Salem Vall reste ministre délégué chargé de la décentralisation et du développement local, ce qui rend indispensable la coordination entre les deux niveaux ministériels pour traduire la priorité accordée au développement de l’intérieur en projets et en services, et pour définir les responsabilités entre l’administration centrale et les autorités locales.

Sur le plan économique, le gouvernement a reconduit Codioro Moussa N’Guenore au poste de ministre des Finances et a confié les affaires économiques et le développement à Mohamedou Ould M’Haimid, qui était jusqu’à présent ministre de l’Agriculture.

Cette composition allie la continuité de la gestion des finances publiques à un changement à la tête de la politique de développement. Le défi commun auquel seront confrontés les deux ministres consistera à concilier le financement des priorités sociales et des projets, la maîtrise des dépenses et l’accélération de la mise en œuvre, afin d’éviter que le fossé entre les programmes annoncés et les résultats obtenus ne se creuse davantage.

Dans le secteur de l’énergie et du pétrole, Mohamed Abdel Fattah se voit confier un portefeuille qui fait l’objet d’une attention particulière de la part du public.

Le défi du ministère ne se limitera pas à la sécurité de l’approvisionnement, mais englobera également la sécurité des installations, la maintenance préventive, la fiabilité du réseau et le contrôle de l’exécution des contrats. Compte tenu de la crise de l’électricité, la stabilité du service sera l’un des indicateurs les plus immédiats à l’aune desquels les citoyens évalueront le sérieux du changement gouvernemental et la mesure dans laquelle l’administration tirera parti des conclusions de l’enquête.

Le gouvernement maintient Eddi Ould Zein à la tête du ministère des Mines et de l’Industrie, tandis qu’il confie l’Agriculture et la Sécurité alimentaire à Ahmed Baba Ould Ali, l’Élevage à Ahmoudeitt Ould Chein, et la Pêche, les infrastructures maritimes et portuaires à Aissata Lam. Ces secteurs sont directement concernés par l’expansion de la production, la création d’emplois et l’amélioration de l’approvisionnement du marché.

Leur efficacité dépendra de leur capacité à soutenir les producteurs, à développer le stockage, le transport et la transformation, et à accroître la valeur ajoutée locale.

Sur le plan social, Naha Hamdi Mouknass prend la tête du ministère de la Santé après avoir quitté celui du Logement, tandis qu’Amal Mouloud conserve le portefeuille de l’hydraulique et de l’Assainissement.

Houda Babah conserve le portefeuille de l’Éducation et de la Réforme du système éducatif, Yacoub Ould Meïne celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Malainine Ould Eyih, celui de la Formation professionnelle, de l’Artisanat et des Métiers, et Mohamed Abdallah Louli celui de l’Autonomisation des jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique.

Le maintien en fonction de ces ministres offre l’occasion de poursuivre les programmes en cours, mais rend la coordination entre l’éducation, la formation et l’emploi impérative. Le véritable test réside dans la capacité de la formation à déboucher sur des opportunités d’emploi réelles et durables.

En matière d’urbanisme, Yahfadh Cherif Mohamed Cheikh Moulaye Abdel Malick est chargé du logement, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire, tandis que Niang Mamadou Mamadou est nommé Ministre des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme foncière, et Ely Ould El Verick continue d’assumer les fonctions liées à l’équipement et aux transports.

La nature interdépendante de ces secteurs impose une coordination en matière de planification, d’approvisionnement en terrains, de régularisation de leur statut et de raccordement des quartiers et des zones aux services, afin que la multiplicité des compétences ne devienne pas un frein aux projets.

Le gouvernement compte sept femmes, qui représentent environ un quart de ses membres et sont chargées de l’éducation, de la santé, de l’eau, de la fonction publique, de la pêche, du commerce et de l’action sociale. Cette présence couvre des portefeuilles de services et d’économie ayant un impact direct, parallèlement au maintien de Mariem Boydiel à la fonction publique et au travail, de Zeinebou Ahmednah au commerce et au tourisme, et de Savia N’Tahah à l’action sociale, l’enfance et la famille.

La composition du gouvernement est complétée par la nomination de Sidi El Hadj Ould Dah aux Affaires islamiques et à l’enseignement originel, le maintien d’Ahmed Salem Bede à la Transformation numérique et à la Modernisation de l’administration, celle de Mohamed Babana à la Culture, aux Arts, à la Communication, aux Relations avec le Parlement et au poste de porte-parole du gouvernement, ainsi que celle de Massouda Baham à l’Environnement et au Développement durable, tandis que le secrétariat général du gouvernement est confié à Mokhtar Abdallahi.

Cette composition offre à Ould Diay de nouveaux outils pour gérer cette phase, tout en garantissant une continuité considérable au sein de l’équipe.

Selon les analystes, son succès dépendra de la clarté des responsabilités, de la rapidité d’exécution des décisions et de la publication de résultats mesurables.

En effet, le défi auquel le gouvernement est aujourd’hui confronté va au-delà d’un simple renouvellement des noms : il s’agit de restaurer la confiance dans la capacité de l’administration à fournir un service régulier, à protéger les catégories les plus défavorisées et à offrir de réelles opportunités aux jeunes.




















Cridem

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