Le dossier du Programme spécial de désenclavement (PSD) prend une tournure qui devrait interpeller au plus haut sommet de l’État. Au cœur des révélations et documents publiés ces dernières semaines, deux noms reviennent avec insistance : Moustapha Sow, patron de SF Capital, et le Britannique Paul Woodman, alors dirigeant d’ASGC UK.
Leur proximité professionnelle autour du PSD n’est pas anodine. Les investigations publiées par Dakaractu font apparaître ASGC UK, ASGC Sénégal et des structures liées à SF Capital dans un enchevêtrement de flux financiers et de commissions dont la justification, les bénéficiaires et les conditions d’exécution méritent d’être tirés au clair.
Le chiffre de 95 milliards de francs CFA concentre une partie des interrogations. Des informations et documents publiés par Dakaractu, il ressort que cette somme liée à un premier décaissement du PSD a été orientée vers ASGC Sénégal plutôt que de transiter par les livres du Trésor public. L’enquête évoque également d’importantes commissions versées à ASGC UK et des sommes qui ont ensuite bénéficié à Moustapha Sow.
Paul Woodman n’est, lui, pas un figurant dans cette mécanique. Ancien cadre de KIER, il avait pris les commandes d’ASGC UK avec notamment pour mission de développer les financements soutenus par UK Export Finance et l’expansion du groupe en Afrique.
Or, selon des documents rapportés par Dakaractu, plus de 34 millions d’euros ont été versés à ASGC UK en deux opérations, alors que l’Ageroute a relevé des problèmes liés à la certification des services faits et aux garanties contractuelles.
À cela s’ajoutent des flux financiers rapportés entre ASGC UK et des structures de SF Capital à Maurice, ainsi qu’un versement présenté comme un « bonus de paiement » au bénéfice de Moustapha Sow.
En tous les cas, une chose est certaine : le PSD n’est pas une affaire privée. Il engage des financements publics, la signature de l’État et, in fine, le contribuable sénégalais.
Dès lors, les autorités — au premier rang desquelles le président de la République, le Premier ministre, le ministère des Finances, le ministère des Infrastructures et les organes de contrôle — seraient bien inspirés de regarder ce dossier sans complaisance.
Qui a autorisé les décaissements ? Pour quels services ? Sur quelles certifications ? Qui a perçu les commissions ? Quels en sont les bénéficiaires effectifs ? Et pourquoi des fonds liés à un programme public apparaissent-ils dans des circuits financiers internationaux aussi complexes ?
Leur proximité professionnelle autour du PSD n’est pas anodine. Les investigations publiées par Dakaractu font apparaître ASGC UK, ASGC Sénégal et des structures liées à SF Capital dans un enchevêtrement de flux financiers et de commissions dont la justification, les bénéficiaires et les conditions d’exécution méritent d’être tirés au clair.
Le chiffre de 95 milliards de francs CFA concentre une partie des interrogations. Des informations et documents publiés par Dakaractu, il ressort que cette somme liée à un premier décaissement du PSD a été orientée vers ASGC Sénégal plutôt que de transiter par les livres du Trésor public. L’enquête évoque également d’importantes commissions versées à ASGC UK et des sommes qui ont ensuite bénéficié à Moustapha Sow.
Paul Woodman n’est, lui, pas un figurant dans cette mécanique. Ancien cadre de KIER, il avait pris les commandes d’ASGC UK avec notamment pour mission de développer les financements soutenus par UK Export Finance et l’expansion du groupe en Afrique.
Or, selon des documents rapportés par Dakaractu, plus de 34 millions d’euros ont été versés à ASGC UK en deux opérations, alors que l’Ageroute a relevé des problèmes liés à la certification des services faits et aux garanties contractuelles.
À cela s’ajoutent des flux financiers rapportés entre ASGC UK et des structures de SF Capital à Maurice, ainsi qu’un versement présenté comme un « bonus de paiement » au bénéfice de Moustapha Sow.
En tous les cas, une chose est certaine : le PSD n’est pas une affaire privée. Il engage des financements publics, la signature de l’État et, in fine, le contribuable sénégalais.
Dès lors, les autorités — au premier rang desquelles le président de la République, le Premier ministre, le ministère des Finances, le ministère des Infrastructures et les organes de contrôle — seraient bien inspirés de regarder ce dossier sans complaisance.
Qui a autorisé les décaissements ? Pour quels services ? Sur quelles certifications ? Qui a perçu les commissions ? Quels en sont les bénéficiaires effectifs ? Et pourquoi des fonds liés à un programme public apparaissent-ils dans des circuits financiers internationaux aussi complexes ?
Ces questions exigent des réponses documentées
Il ne s’agit pas de condamner avant de juger, mais d’empêcher que les zones d’ombre ne deviennent des angles morts. Si les opérations sont parfaitement régulières, les pièces doivent pouvoir le démontrer. Si des irrégularités ou des infractions sont établies, les responsabilités doivent être situées.
Car derrière les montages, les sociétés et les commissions, il y a une réalité beaucoup plus prosaïque : ce sont les finances du Sénégal qui sont engagées et le contribuable qui paiera la facture.
Le tandem Sow-Woodman mérite donc, à tout le moins, un examen approfondi de la justice et des organes de contrôle. Dans une affaire qui se chiffre en dizaines de milliards, la République n’a pas le droit de détourner le regard.
Il ne s’agit pas de condamner avant de juger, mais d’empêcher que les zones d’ombre ne deviennent des angles morts. Si les opérations sont parfaitement régulières, les pièces doivent pouvoir le démontrer. Si des irrégularités ou des infractions sont établies, les responsabilités doivent être situées.
Car derrière les montages, les sociétés et les commissions, il y a une réalité beaucoup plus prosaïque : ce sont les finances du Sénégal qui sont engagées et le contribuable qui paiera la facture.
Le tandem Sow-Woodman mérite donc, à tout le moins, un examen approfondi de la justice et des organes de contrôle. Dans une affaire qui se chiffre en dizaines de milliards, la République n’a pas le droit de détourner le regard.


PSD : 95 milliards, des commissions et un tandem qui interpelle

