L’affaire du Programme spécial de désenclavement (PSD) change de dimension. À mesure que les documents publiés par Dakaractu sont examinés, se dessine une mécanique financière d’une ampleur saisissante, faite de milliards, de sociétés installées sous des cieux offshore et de mouvements de fonds dont la traçabilité livre peu à peu ses secrets.
Au centre de cet échafaudage financier apparaît Moustapha Sow, présenté pendant des années comme un puissant intermédiaire de la finance. Les pièces publiées par nos perspicaces confrères de Dakaractu racontent une tout autre histoire : celle d’un système dans lequel des flux colossaux auraient transité par un réseau de sociétés et de comptes répartis entre plusieurs juridictions.
Les chiffres donnent le vertige. Les opérations documentées portent sur des montants atteignant 4 585 milliards de francs CFA, tandis que les commissions d’intermédiation s’élèvent à 117 milliards de francs CFA, selon les éléments publiés.
Une masse financière considérable, mise en perspective avec des revenus déclarés localement sans commune mesure avec les sommes générées par les opérations.
La géographie des fonds est tout aussi révélatrice. Sénégal, Royaume-Uni, Maurice, Seychelles, Dubaï : les documents font apparaître un véritable parcours transnational de l’argent. Derrière les dénominations savantes de sociétés et les montages internationaux, les relevés bancaires permettent de suivre les mouvements, d’identifier les montants et de retrouver les bénéficiaires.
L’un des éléments les plus saisissants concerne SF Capital Ltd, société établie à l’Île Maurice et titulaire d’un compte auprès d’AfrAsia Bank.
Le 2 février 2024, un virement de 3,6 millions d’euros y est effectué par ASGC UK. Quelques semaines plus tard, le 4 mars, un versement de 700 000 euros, présenté comme un « bonus de paiement », est attribué à Moustapha Sow.
Un autre mouvement attire l’attention : le 6 février 2024, une somme de 321 000 euros provenant de SF Capital SA à Dakar est transférée vers la structure mauricienne. Six jours plus tard, cette somme revient sous la qualification de « bonus », au bénéfice de Lamine Mohamed Seck.
Ces opérations ne sont pas de simples chiffres alignés sur des relevés bancaires. Elles constituent la matière brute d’une enquête financière : dates, montants, comptes émetteurs, comptes bénéficiaires et libellés permettent de reconstituer la circulation de l’argent et d’identifier les différents protagonistes du dispositif.
À cela s’ajoute la question fiscale. Les éléments publiés font ressortir un contraste saisissant entre l’ampleur des commissions générées et les sommes déclarées au Sénégal. Sur plusieurs années, seuls 3,7 milliards de francs CFA auraient été déclarés localement, alors que les commissions évoquées atteignent 117 milliards.
Le différentiel est considérable. Il place au cœur du dossier les questions de déclaration des revenus, de rapatriement des devises, de fiscalité et de conformité aux règles applicables aux opérations financières internationales.
Le patrimoine immobilier attribué à Moustapha Sow vient compléter ce tableau. De Mermoz aux Almadies, jusqu’à la Petite-Côte, les acquisitions et actifs évoqués dans les investigations ajoutent une dimension patrimoniale à une affaire déjà marquée par des flux financiers exceptionnels.
Puis vient la fuite. Avec l’avènement des nouvelles autorités, l’édifice s’est retrouvé sous la pression des investigations. Moustapha Sow a quitté le Sénégal et se trouve désormais hors du territoire national, tandis que les investigations se poursuivent autour de ses sociétés et de ses opérations financières.
L’affaire du PSD ne se résume donc plus à une querelle de chiffres ou à des accusations lancées dans l’espace public. Les documents bancaires, les relevés de comptes et les mouvements financiers constituent désormais le cœur du dossier.
Ce sont eux qui racontent la circulation de milliards entre Dakar, Londres, Maurice et d’autres places financières. Ce sont eux qui font apparaître les commissions, les « bonus », les sociétés intermédiaires et les bénéficiaires. Ce sont eux, enfin, qui permettront à la justice de déterminer les responsabilités et de donner aux faits leur exacte qualification juridique.
Une chose est déjà certaine : derrière les routes promises au désenclavement se profile désormais une autre cartographie, celle des milliards qui ont circulé dans les arcanes de la finance internationale.
Et dans cette affaire, les chiffres ne sont pas muets. Ils ont des dates, des comptes, des bénéficiaires et des traces.
Affaire à suivre ....
Au centre de cet échafaudage financier apparaît Moustapha Sow, présenté pendant des années comme un puissant intermédiaire de la finance. Les pièces publiées par nos perspicaces confrères de Dakaractu racontent une tout autre histoire : celle d’un système dans lequel des flux colossaux auraient transité par un réseau de sociétés et de comptes répartis entre plusieurs juridictions.
Les chiffres donnent le vertige. Les opérations documentées portent sur des montants atteignant 4 585 milliards de francs CFA, tandis que les commissions d’intermédiation s’élèvent à 117 milliards de francs CFA, selon les éléments publiés.
Une masse financière considérable, mise en perspective avec des revenus déclarés localement sans commune mesure avec les sommes générées par les opérations.
La géographie des fonds est tout aussi révélatrice. Sénégal, Royaume-Uni, Maurice, Seychelles, Dubaï : les documents font apparaître un véritable parcours transnational de l’argent. Derrière les dénominations savantes de sociétés et les montages internationaux, les relevés bancaires permettent de suivre les mouvements, d’identifier les montants et de retrouver les bénéficiaires.
L’un des éléments les plus saisissants concerne SF Capital Ltd, société établie à l’Île Maurice et titulaire d’un compte auprès d’AfrAsia Bank.
Le 2 février 2024, un virement de 3,6 millions d’euros y est effectué par ASGC UK. Quelques semaines plus tard, le 4 mars, un versement de 700 000 euros, présenté comme un « bonus de paiement », est attribué à Moustapha Sow.
Un autre mouvement attire l’attention : le 6 février 2024, une somme de 321 000 euros provenant de SF Capital SA à Dakar est transférée vers la structure mauricienne. Six jours plus tard, cette somme revient sous la qualification de « bonus », au bénéfice de Lamine Mohamed Seck.
Ces opérations ne sont pas de simples chiffres alignés sur des relevés bancaires. Elles constituent la matière brute d’une enquête financière : dates, montants, comptes émetteurs, comptes bénéficiaires et libellés permettent de reconstituer la circulation de l’argent et d’identifier les différents protagonistes du dispositif.
À cela s’ajoute la question fiscale. Les éléments publiés font ressortir un contraste saisissant entre l’ampleur des commissions générées et les sommes déclarées au Sénégal. Sur plusieurs années, seuls 3,7 milliards de francs CFA auraient été déclarés localement, alors que les commissions évoquées atteignent 117 milliards.
Le différentiel est considérable. Il place au cœur du dossier les questions de déclaration des revenus, de rapatriement des devises, de fiscalité et de conformité aux règles applicables aux opérations financières internationales.
Le patrimoine immobilier attribué à Moustapha Sow vient compléter ce tableau. De Mermoz aux Almadies, jusqu’à la Petite-Côte, les acquisitions et actifs évoqués dans les investigations ajoutent une dimension patrimoniale à une affaire déjà marquée par des flux financiers exceptionnels.
Puis vient la fuite. Avec l’avènement des nouvelles autorités, l’édifice s’est retrouvé sous la pression des investigations. Moustapha Sow a quitté le Sénégal et se trouve désormais hors du territoire national, tandis que les investigations se poursuivent autour de ses sociétés et de ses opérations financières.
L’affaire du PSD ne se résume donc plus à une querelle de chiffres ou à des accusations lancées dans l’espace public. Les documents bancaires, les relevés de comptes et les mouvements financiers constituent désormais le cœur du dossier.
Ce sont eux qui racontent la circulation de milliards entre Dakar, Londres, Maurice et d’autres places financières. Ce sont eux qui font apparaître les commissions, les « bonus », les sociétés intermédiaires et les bénéficiaires. Ce sont eux, enfin, qui permettront à la justice de déterminer les responsabilités et de donner aux faits leur exacte qualification juridique.
Une chose est déjà certaine : derrière les routes promises au désenclavement se profile désormais une autre cartographie, celle des milliards qui ont circulé dans les arcanes de la finance internationale.
Et dans cette affaire, les chiffres ne sont pas muets. Ils ont des dates, des comptes, des bénéficiaires et des traces.
Affaire à suivre ....


PSD : les milliards, les sociétés offshore et les zones d’ombre d’un dossier qui continue de livrer ses secrets (EPISODE 3)
