De qui se moque-t-on ? C’est la question lancinante, presque douloureuse, qui traverse l’esprit de chaque Sénégalais à la lecture des récentes chroniques de la courtisanerie politique.
L’annonce, en grande pompe ce dimanche 6 septembre 2026 à Rufisque, de l’entrée en politique du Directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, sous la bannière de KIIRAAY – Les Patriotes républicains, relève d’une farce tragique.
Cet ingénieur du dimanche, qui feint aujourd'hui de découvrir les vertus de la vision « Sénégal 2050 », se croit-il donc plus intelligent que le président Bassirou Diomaye Faye ? Pense-t-il sincèrement que l'appareil d'État est dupe de cette génuflexion tardive, véritable danse du ventre devant l'autel du pouvoir ? Après plus de vingt ans passés dans les couloirs feutrés de la société nationale d'électricité à observer passivement, tel un sphinx immobile, les dérives du système, pourquoi avoir attendu l'hiver de sa disgrâce annoncée pour professer sa foi de militant ?
La réponse est d'une affligeante banalité : l'homme n’a pas de base politique, il n'a qu'un instinct de survie. Sentant le vent du limogeage tourner et son fauteuil de velours s’éjecter, il s'est précipité vers les rives du parti présidentiel, jetant sa compétence défaillante dans le grand fleuve de l'opportunisme pour troquer ses fautes contre une immunité partisane.
Pendant que Monsieur Gaye peaufine ses hymnes à la loyauté et à la vérité à Rufisque, le commun des Sénégalais boit le calice jusqu'à la lie. La Senelec, tristement rebaptisée « Coupelec » par la vox populi, enfonce le pays dans les limbes d'une nuit artificielle. Depuis plusieurs semaines, les coupures intempestives d'électricité agissent comme un nœud coulant qui paralyse les PME, étouffe les ménages sous une chape de plomb et transforme les maigres victuailles des familles en denrées de la pourriture.
C’est un rationnement de la misère, mais une misère asymétrique. Car, dans ce Sénégal que d’aucuns décrivent à juste titre comme une bulle irréelle, le délestage obéit à une géographie du privilège.
La Présidence de la République, les avenues huppées du Plateau, les palais feutrés de Fann Résidence, les villas insolentes des Almadies ou de la Pointe des Almadies, où dorment ministres et directeurs généraux, ignorent superbement le deuil de la lumière. Là-bas, les générateurs ronronnent comme des félins repus et les lignes prioritaires veillent sur le sommeil des puissants. Le peuple, lui, paie l'impôt des ténèbres au cœur de la banlieue dakaroise et des régions oubliées.
Si Papa Toby Gaye échappe pour l'instant au couperet de la sanction qu'exige sa gestion calamiteuse, c'est uniquement par l'alchimie de cette adhésion de convenance, métamorphosant un naufrage technique en bouclier politique. Sacré pays où le service public s'efface devant le salut du prince.
C'est ici, sur cette terre de paradoxes, que l'on voit des hauts fonctionnaires se muer en alchimistes modernes, transformant le plomb de leurs fonctions en lingots d'or pour devenir milliardaires spontanés.
Promus non pour l'éclat de leur CV mais pour la ferveur de leur allégeance, certains de ces cadres véreux considèrent l'État comme une vache à lait qu'il faut traire jusqu'au sang, siphonnant sans vergogne le blé du contribuable.
Combien d’entre eux, formellement épinglés par les corps de contrôle, ont vu leurs dossiers s'ensabler dans les labyrinthes de Dame Justice, lavés de leurs péchés par de subtils calculs politiciens ?
L'engagement de Papa Toby Gaye n'est ni une illumination ni un élan patriotique ; c'est le baisemain d'un condamné en sursis qui cherche un asile politique pour ne pas avoir à répondre du grand black-out qu'il inflige à toute une nation.
L’annonce, en grande pompe ce dimanche 6 septembre 2026 à Rufisque, de l’entrée en politique du Directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, sous la bannière de KIIRAAY – Les Patriotes républicains, relève d’une farce tragique.
Cet ingénieur du dimanche, qui feint aujourd'hui de découvrir les vertus de la vision « Sénégal 2050 », se croit-il donc plus intelligent que le président Bassirou Diomaye Faye ? Pense-t-il sincèrement que l'appareil d'État est dupe de cette génuflexion tardive, véritable danse du ventre devant l'autel du pouvoir ? Après plus de vingt ans passés dans les couloirs feutrés de la société nationale d'électricité à observer passivement, tel un sphinx immobile, les dérives du système, pourquoi avoir attendu l'hiver de sa disgrâce annoncée pour professer sa foi de militant ?
La réponse est d'une affligeante banalité : l'homme n’a pas de base politique, il n'a qu'un instinct de survie. Sentant le vent du limogeage tourner et son fauteuil de velours s’éjecter, il s'est précipité vers les rives du parti présidentiel, jetant sa compétence défaillante dans le grand fleuve de l'opportunisme pour troquer ses fautes contre une immunité partisane.
Pendant que Monsieur Gaye peaufine ses hymnes à la loyauté et à la vérité à Rufisque, le commun des Sénégalais boit le calice jusqu'à la lie. La Senelec, tristement rebaptisée « Coupelec » par la vox populi, enfonce le pays dans les limbes d'une nuit artificielle. Depuis plusieurs semaines, les coupures intempestives d'électricité agissent comme un nœud coulant qui paralyse les PME, étouffe les ménages sous une chape de plomb et transforme les maigres victuailles des familles en denrées de la pourriture.
C’est un rationnement de la misère, mais une misère asymétrique. Car, dans ce Sénégal que d’aucuns décrivent à juste titre comme une bulle irréelle, le délestage obéit à une géographie du privilège.
La Présidence de la République, les avenues huppées du Plateau, les palais feutrés de Fann Résidence, les villas insolentes des Almadies ou de la Pointe des Almadies, où dorment ministres et directeurs généraux, ignorent superbement le deuil de la lumière. Là-bas, les générateurs ronronnent comme des félins repus et les lignes prioritaires veillent sur le sommeil des puissants. Le peuple, lui, paie l'impôt des ténèbres au cœur de la banlieue dakaroise et des régions oubliées.
Si Papa Toby Gaye échappe pour l'instant au couperet de la sanction qu'exige sa gestion calamiteuse, c'est uniquement par l'alchimie de cette adhésion de convenance, métamorphosant un naufrage technique en bouclier politique. Sacré pays où le service public s'efface devant le salut du prince.
C'est ici, sur cette terre de paradoxes, que l'on voit des hauts fonctionnaires se muer en alchimistes modernes, transformant le plomb de leurs fonctions en lingots d'or pour devenir milliardaires spontanés.
Promus non pour l'éclat de leur CV mais pour la ferveur de leur allégeance, certains de ces cadres véreux considèrent l'État comme une vache à lait qu'il faut traire jusqu'au sang, siphonnant sans vergogne le blé du contribuable.
Combien d’entre eux, formellement épinglés par les corps de contrôle, ont vu leurs dossiers s'ensabler dans les labyrinthes de Dame Justice, lavés de leurs péchés par de subtils calculs politiciens ?
L'engagement de Papa Toby Gaye n'est ni une illumination ni un élan patriotique ; c'est le baisemain d'un condamné en sursis qui cherche un asile politique pour ne pas avoir à répondre du grand black-out qu'il inflige à toute une nation.


Papa Toby Gaye rejoint KIIRAAY : le ralliement qui fait grincer des dents

