Les arcanes de la gestion du patrimoine immobilier de l'État sénégalais révèlent peu à peu leurs secrets les plus sombres, mettant en lumière un système de prébendes et de cessions à l'opacité manifeste. Entendu dans le cadre d'investigations rigoureuses, Yaya Abdoul Kane, ancien Directeur général du Patrimoine bâti de l'État puis de la SOGEPA d'avril 2019 à mai 2024, a livré un témoignage édifiant.
Devant les enquêteurs, le haut fonctionnaire s'est mué en témoin passif de transactions d'envergure, affirmant avec une constance désarmante que ses services avaient été systématiquement tenus à l'écart des plus prestigieuses aliénations du domaine public.
Au cœur de ce grand déballage fiscal et foncier figure la cession hautement polémique de la résidence officielle affectée à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette demeure de prestige est mystérieusement tombée dans l'escarcelle de la SCI Ding Ding, une entité privée appartenant au richissime homme d'affaires Tahirou Sarr.
Yaya Abdoul Kane a confessé avoir reçu une surprenante missive de cette société réclamant la mise à disposition des lieux, tandis que le président de la République lui-même l'informait des doléances du chef du Parlement, inquiet de voir son logement de fonction ainsi bradé.
Face à des acquéreurs munis de documents officiels délivrés par le ministère des Finances, le directeur s'est avoué impuissant, contraint d'alerter le président de l'institution parlementaire sur l'imminence de son expulsion juridique.
L’audition a également pris les contours d'un scandale financier majeur lors de l'évocation du sort de la Cité Cheikh Amar. Quelque 52 villas de ce complexe résidentiel ont été cédées au même Tahirou Sarr pour la somme de 7 milliards de francs CFA, alors que leur coût de revient pour le Trésor public s’élevait à 10 milliards de francs CFA. Sur cette transaction se soldant par une perte sèche de 3 milliards pour l'État, l'ancien directeur a réitéré son ignorance, confirmant l'existence d'un circuit parallèle de liquidation des biens nationaux.
Enfin, le rideau s'est levé sur les privilèges accordés à la haute magistrature, à travers le cas de Serigne Bassirou Guèye. L'ancien procureur s'est vu octroyer un bail emphytéotique exceptionnel de 99 ans sur deux luxueuses villas nichées au Point E, pour une redevance annuelle dérisoire de 100 000 francs CFA. Yaya Abdoul Kane a révélé avoir découvert l'existence même de ces propriétés, opportunément omises du recensement du patrimoine public, avant de recevoir l'ordre direct du chef de l'État de régulariser cette faveur princière.
Ces révélations dessinent ainsi la chronique d'une dépossession orchestrée au sommet, où la raison d'État s'est trop souvent effacée devant les intérêts particuliers.
Devant les enquêteurs, le haut fonctionnaire s'est mué en témoin passif de transactions d'envergure, affirmant avec une constance désarmante que ses services avaient été systématiquement tenus à l'écart des plus prestigieuses aliénations du domaine public.
Au cœur de ce grand déballage fiscal et foncier figure la cession hautement polémique de la résidence officielle affectée à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette demeure de prestige est mystérieusement tombée dans l'escarcelle de la SCI Ding Ding, une entité privée appartenant au richissime homme d'affaires Tahirou Sarr.
Yaya Abdoul Kane a confessé avoir reçu une surprenante missive de cette société réclamant la mise à disposition des lieux, tandis que le président de la République lui-même l'informait des doléances du chef du Parlement, inquiet de voir son logement de fonction ainsi bradé.
Face à des acquéreurs munis de documents officiels délivrés par le ministère des Finances, le directeur s'est avoué impuissant, contraint d'alerter le président de l'institution parlementaire sur l'imminence de son expulsion juridique.
L’audition a également pris les contours d'un scandale financier majeur lors de l'évocation du sort de la Cité Cheikh Amar. Quelque 52 villas de ce complexe résidentiel ont été cédées au même Tahirou Sarr pour la somme de 7 milliards de francs CFA, alors que leur coût de revient pour le Trésor public s’élevait à 10 milliards de francs CFA. Sur cette transaction se soldant par une perte sèche de 3 milliards pour l'État, l'ancien directeur a réitéré son ignorance, confirmant l'existence d'un circuit parallèle de liquidation des biens nationaux.
Enfin, le rideau s'est levé sur les privilèges accordés à la haute magistrature, à travers le cas de Serigne Bassirou Guèye. L'ancien procureur s'est vu octroyer un bail emphytéotique exceptionnel de 99 ans sur deux luxueuses villas nichées au Point E, pour une redevance annuelle dérisoire de 100 000 francs CFA. Yaya Abdoul Kane a révélé avoir découvert l'existence même de ces propriétés, opportunément omises du recensement du patrimoine public, avant de recevoir l'ordre direct du chef de l'État de régulariser cette faveur princière.
Ces révélations dessinent ainsi la chronique d'une dépossession orchestrée au sommet, où la raison d'État s'est trop souvent effacée devant les intérêts particuliers.


Patrimoine bâti de l’État : villas bradées, résidence officielle cédée et privilèges dorés, les révélations explosives de Yaya Abdoul Kane

