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Retrait de Kosmos du bloc de Cayar : Alioune Guèye contre-attaque et revendique pleinement sa signature

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 9 Septembre 2026 à 12:26 modifié le Mercredi 9 Septembre 2026 - 14:27

Le dossier du retrait du bloc de Cayar Offshore Profond est loin d’avoir livré tous ses secrets. Accusé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô d’avoir conclu un acte « illégal » avec la compagnie américaine alors qu’il dirigeait, l’ancien directeur général de la société pétrolière publique, Alioune Guèye, est monté au créneau pour livrer sa propre lecture du dossier.

Dans une publication diffusée sur Facebook, l’ancien patron de PETROSEN revendique sans détour la décision prise le 22 avril 2026 et affirme en assumer « entièrement » la signature. Dès l’entame de son propos, il entend replacer le débat sur le terrain des faits et des textes. « Le PM me reproche aujourd’hui d’avoir signé, en tant que Directeur Général de PETROSEN, un acte “illégal” avec Kosmos. Les Sénégalais ont droit aux faits. Les voici, textes à l’appui », écrit-il.



« Kosmos est partie sans un franc de compensation »

Au cœur de sa défense figure l’accord de retrait conjoint conclu entre PETROSEN et Kosmos. Alioune Guèye insiste notamment sur le fait que la compagnie américaine aurait quitté le périmètre « sans un franc de compensation » versé à l’État sénégalais.

L’ancien directeur général s’appuie surtout sur la clause 8 de l’accord, qu’il présente comme une disposition destinée à préserver intégralement les intérêts de l’État. Selon lui, cette clause stipule expressément que l’accord « ne porte préjudice à aucun droit de la République du Sénégal au titre du CRPP ».

Pour Alioune Guèye, la portée juridique de cette disposition est sans ambiguïté : le retrait de Kosmos n’aurait entraîné aucune renonciation de l’État à ses droits au titre du contrat de recherche et de partage de production (CRPP). « Cet accord n’a donc rien retiré à l’État. Il a expressément préservé tous ses droits », soutient-il.



La question des 55 millions de dollars

L’ancien responsable de PETROSEN s’attarde également sur les 55 millions de dollars évoqués par le Premier ministre. Il conteste l’idée selon laquelle cette somme constituerait automatiquement une créance exigible de la part de l’État.

Il rappelle que l’article 19 du Code pétrolier de 1998 ne fixerait aucun montant forfaitaire d’indemnisation, mais prévoirait une compensation proportionnelle aux travaux qui n’auraient pas été exécutés.
Or, selon sa lecture du dossier, les engagements contractuels auraient été largement remplis. Il cite notamment le forage de trois puits ainsi qu’une campagne sismique 3D, pour un investissement global qu’il évalue à plus de 300 millions de dollars. Dès lors, estime-t-il, aucune pénalité ne serait due au titre de travaux inexécutés.



La garantie de la maison mère au centre du débat

Alioune Guèye soulève par ailleurs une autre question, qu’il considère comme déterminante : celle de l’existence éventuelle d’une garantie de la maison mère exigée lors de la prorogation du contrat, en mars 2024.
S’adressant implicitement aux autorités, il demande que cette garantie soit produite si elle existe et, le cas échéant, qu’elle soit appelée conformément aux dispositions contractuelles. Il affirme que l’accord de retrait signé avec Kosmos n’aurait en aucune manière empêché l’État de faire valoir ce droit.
L’ancien DG de PETROSEN récuse ainsi l’idée selon laquelle sa signature aurait privé la République de moyens juridiques pour défendre ses intérêts. À ses yeux, le débat doit être tranché à la lumière des contrats et des textes applicables, plutôt que sur la base d’affirmations générales.



« J’assume entièrement cette signature »

Au terme de sa démonstration, Alioune Guèye adopte un ton particulièrement ferme. Loin de prendre ses distances avec l’accord du 22 avril 2026, il en revendique au contraire pleinement la responsabilité.

« J’assume donc entièrement cette signature dont je suis très fier », affirme-t-il, avant d’ajouter qu’il est prêt à répondre de ses actes devant toute institution de la République qui souhaiterait l’entendre.
Cette sortie publique ouvre ainsi un nouveau front dans le débat autour du retrait de Kosmos du bloc de Cayar Offshore Profond. D’un côté, le gouvernement soulève des interrogations sur la légalité et les conséquences financières de l’accord ; de l’autre, l’ancien dirigeant de PETROSEN défend une décision qu’il estime conforme aux textes et protectrice des intérêts de l’État.

Au-delà de la controverse politique, une question demeure désormais au centre des regards : l’accord du 22 avril 2026 a-t-il réellement privé l’État sénégalais de droits ou de ressources, ou a-t-il, comme le soutient Alioune Guèye, explicitement préservé l’ensemble de ses prérogatives ? La réponse pourrait se trouver dans l’examen minutieux des clauses contractuelles et des garanties évoquées par les deux parties.

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