Il est des communiqués qui, sous couvert d’informer, confessent un aveu de faiblesse lourd de sens.
La récente sortie de la Senelec, déplorant le vandalisme de ses installations stratégiques à Sébikotane et Khodoba au soir du 20 septembre 2026, appartient à cette catégorie d’actes manqués.
L’intention n’est point ici de minorer la gravité de ces sabotages, encore moins d’absoudre leurs auteurs. L'acte est criminel, le constat est sans appel.
Mais une interrogation, presque naïve à force d’être élémentaire, s’impose à l’esprit : comment des sanctuaires de la souveraineté énergétique du pays peuvent-ils être violés, dépouillés et désertés par des tiers sans que l'alerte ne soit instantanément donnée ?
Promettre aujourd'hui des caméras de surveillance là où l'obscurité a déjà triomphé relève d'une rhétorique de pompier pyromane.
Ces infrastructures vitales disposaient-elles seulement d’une protection physique digne de ce nom ? Leurs périmètres étaient-ils étanches, leurs accès verrouillés, leurs alarmes opérationnelles ? Attendre le forfait pour concevoir la parade est une faute de gouvernance. Le vandalisme, si réel soit-il, ne saurait devenir l’alibi commode derrière lequel la compagnie nationale dissimule les failles systémiques de sa gestion.
Le citoyen sénégalais n’est le comptable ni des carences sécuritaires, ni des vétustés du réseau, ni des approximations de la maintenance.
Captif d'un monopole, il s'acquitte de sa facture au prix fort et exige, en contrepartie légitime, la continuité du service. Or, le voilà condamné à payer doublement : en espèces sonnantes d’abord, en désagréments profonds ensuite.
Derrière chaque défaillance du réseau, c’est l’économie du quotidien qui s’effondre : l’artisan dépose ses outils, le commerçant baisse son rideau, l’entreprise enregistre ses pertes et l’étudiant cherche une lueur précaire pour instruire son avenir. Ce n'est plus un dysfonctionnement technique ; c'est un préjudice social.
L'ironie populaire, souvent cruelle mais toujours lucide, a depuis longtemps rebaptisé l’institution du sobriquet de « Coupelec ». Ce mot d’esprit cache mal une exaspération chronique face à une fatalité que l'on tente de lui imposer.
Chercher systématiquement un bouc émissaire extérieur pour justifier le black-out permanent est une stratégie politique à courte vue. Le Sénégal n'a que faire des justifications à géométrie variable ou des dirigeants s'abritant sous un quelconque parapluie partisan pour sauver leur magistère. Le mérite d'une entreprise publique se mesure à l’aune de sa performance, non à sa capacité à polémiquer.
Face à la colère sourde qui gronde dans les foyers, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, se doit d'exiger un inventaire sans concession. Non pas des promesses de circonstances, mais un audit rigoureux de la sécurité et de la résilience du système électrique national.
Monsieur le Président, l’arbitrage qui vous incombe ne se situe pas dans les coulisses des querelles corporatistes. Il appelle à choisir le camp du consommateur, du contribuable, de l’intérêt général.
Protéger les installations et châtier les coupables est un devoir régalien. Garantir aux Sénégalais le droit inaliénable à la lumière en est un autre, tout aussi sacré. Car à force de tolérer que l'électricité vacille, c'est le contrat de confiance entre le citoyen et l'État que l'on achève de consumer.
La récente sortie de la Senelec, déplorant le vandalisme de ses installations stratégiques à Sébikotane et Khodoba au soir du 20 septembre 2026, appartient à cette catégorie d’actes manqués.
L’intention n’est point ici de minorer la gravité de ces sabotages, encore moins d’absoudre leurs auteurs. L'acte est criminel, le constat est sans appel.
Mais une interrogation, presque naïve à force d’être élémentaire, s’impose à l’esprit : comment des sanctuaires de la souveraineté énergétique du pays peuvent-ils être violés, dépouillés et désertés par des tiers sans que l'alerte ne soit instantanément donnée ?
Promettre aujourd'hui des caméras de surveillance là où l'obscurité a déjà triomphé relève d'une rhétorique de pompier pyromane.
Ces infrastructures vitales disposaient-elles seulement d’une protection physique digne de ce nom ? Leurs périmètres étaient-ils étanches, leurs accès verrouillés, leurs alarmes opérationnelles ? Attendre le forfait pour concevoir la parade est une faute de gouvernance. Le vandalisme, si réel soit-il, ne saurait devenir l’alibi commode derrière lequel la compagnie nationale dissimule les failles systémiques de sa gestion.
Le citoyen sénégalais n’est le comptable ni des carences sécuritaires, ni des vétustés du réseau, ni des approximations de la maintenance.
Captif d'un monopole, il s'acquitte de sa facture au prix fort et exige, en contrepartie légitime, la continuité du service. Or, le voilà condamné à payer doublement : en espèces sonnantes d’abord, en désagréments profonds ensuite.
Derrière chaque défaillance du réseau, c’est l’économie du quotidien qui s’effondre : l’artisan dépose ses outils, le commerçant baisse son rideau, l’entreprise enregistre ses pertes et l’étudiant cherche une lueur précaire pour instruire son avenir. Ce n'est plus un dysfonctionnement technique ; c'est un préjudice social.
L'ironie populaire, souvent cruelle mais toujours lucide, a depuis longtemps rebaptisé l’institution du sobriquet de « Coupelec ». Ce mot d’esprit cache mal une exaspération chronique face à une fatalité que l'on tente de lui imposer.
Chercher systématiquement un bouc émissaire extérieur pour justifier le black-out permanent est une stratégie politique à courte vue. Le Sénégal n'a que faire des justifications à géométrie variable ou des dirigeants s'abritant sous un quelconque parapluie partisan pour sauver leur magistère. Le mérite d'une entreprise publique se mesure à l’aune de sa performance, non à sa capacité à polémiquer.
Face à la colère sourde qui gronde dans les foyers, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, se doit d'exiger un inventaire sans concession. Non pas des promesses de circonstances, mais un audit rigoureux de la sécurité et de la résilience du système électrique national.
Monsieur le Président, l’arbitrage qui vous incombe ne se situe pas dans les coulisses des querelles corporatistes. Il appelle à choisir le camp du consommateur, du contribuable, de l’intérêt général.
Protéger les installations et châtier les coupables est un devoir régalien. Garantir aux Sénégalais le droit inaliénable à la lumière en est un autre, tout aussi sacré. Car à force de tolérer que l'électricité vacille, c'est le contrat de confiance entre le citoyen et l'État que l'on achève de consumer.


Senelec : derrière le black-out, les ombres d’une gouvernance à questionner
