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Succession de Guterres: Grynspan vacille, Macky Sall reste dans le jeu

Rédigé par Dakarposte le Mercredi 7 Octobre 2026 à 18:45 modifié le Mercredi 7 Octobre 2026 - 18:48

Le cinquième scrutin indicatif organisé par le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas livré le verdict que certains attendaient. Loin de refermer le jeu, cette nouvelle consultation confirme au contraire que la course à la succession d’António Guterres demeure ouverte, même si la candidate costaricienne Rebeca Grynspan conserve une position de tête.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais ils doivent être lus avec toute la prudence qu’impose un processus à huis clos. Rebeca Grynspan recueille désormais 9 voix favorables, 6 défavorables et aucune abstention, contre 10 voix favorables lors du précédent tour. Rafael Grossi obtient 6 voix favorables, 7 défavorables et 2 sans opinion exprimée. Carolyn Rodrigues-Birkett recueille 5 voix favorables, 9 défavorables et 1 sans opinion, tandis qu’Olara Otunnu obtient 3 voix favorables et 12 défavorables.

Quant à Macky Sall, il conserve ses cinq soutiens favorables, mais voit son nombre de voix défavorables passer à dix. Le candidat sénégalais reste donc à distance de la tête de course, mais son maintien à cinq voix favorables signifie aussi que sa candidature n’est pas sortie du jeu.

Le recul de Rebeca Grynspan constitue, à première vue, l’un des enseignements majeurs de ce cinquième tour. La candidate qui avait franchi la barre symbolique des neuf voix favorables au précédent scrutin ne progresse plus et perd même un soutien. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle est en difficulté irréversible. Avec neuf voix favorables, elle demeure la seule candidate à avoir atteint le seuil théorique permettant à un prétendant de disposer d’une majorité au Conseil.

Mais cette avance est loin de constituer une victoire. Le nombre élevé de votes défavorables rappelle que parvenir à neuf soutiens ne suffit pas nécessairement à dégager le consensus indispensable. La véritable équation se trouve précisément là : transformer une avance numérique en capacité de rassemblement.

Et c’est ici que le dossier devient particulièrement intéressant pour Macky Sall.

Avec cinq voix favorables, le candidat sénégalais ne peut évidemment pas se prévaloir d’une position comparable à celle de Grynspan. L’écart demeure substantiel. Toutefois, dans une procédure où aucun candidat ne semble encore avoir verrouillé le consensus, la photographie du jour ne saurait être confondue avec le résultat final.

La difficulté majeure tient à l’anonymat du scrutin. Les membres du Conseil indiquent leur appréciation par les mentions « encouragé », « découragé » ou « sans opinion », mais l’identité de ceux qui émettent ces appréciations n’est pas révélée. Il est donc impossible de déterminer, à partir de ces seuls chiffres, si l’un des cinq membres permanents — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — a opposé son veto politique à l’un ou l’autre des candidats.

Cette donnée est capitale. Car dans la dernière ligne droite, la course ne se résumera pas à une simple addition de bulletins favorables. Le candidat susceptible d’être recommandé par le Conseil devra pouvoir franchir le seuil des neuf voix tout en évitant l’opposition d’un membre permanent.

Dès lors, le recul de Grynspan peut être interprété de deux manières. Il peut traduire un simple mouvement conjoncturel dans les préférences des membres du Conseil, mais il peut également signaler que son avance n’est pas encore suffisamment consolidée pour être transformée en consensus. À l’inverse, le maintien de Macky Sall à cinq voix favorables montre une certaine stabilité de son socle, même si l’augmentation des avis défavorables constitue indéniablement un signal moins favorable.

La question est désormais de savoir si le candidat sénégalais dispose encore d’une réserve diplomatique susceptible de lui permettre d’élargir son soutien. Pour revenir dans la bataille, il lui faudrait non seulement conserver ses cinq voix, mais surtout conquérir plusieurs soutiens supplémentaires auprès des membres du Conseil. Une équation difficile, mais que l’anonymat des consultations rend impossible à trancher définitivement à partir des seuls résultats publiés.

La candidature de Grynspan apparaît donc aujourd’hui comme la mieux placée sur le plan arithmétique, sans que cette avance puisse être assimilée à une désignation acquise. Macky Sall, pour sa part, demeure en retrait mais pas mathématiquement éliminé. Entre les deux se joue désormais une bataille de diplomatie, de compromis et de capacité à convaincre les acteurs déterminants.

Le cinquième « straw poll » n’a donc pas fermé la porte. Il l’a entrouverte davantage.

Grynspan conserve la lumière, Macky Sall conserve une fenêtre. Reste à savoir lequel des prétendants saura transformer son capital diplomatique en véritable consensus au Conseil de sécurité.
Mamadou Ndiaye

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