Convenons-en : il est des insolences que le silence ne saurait consacrer, tant elles révèlent le calcul étriqué et la vanité de ceux qui cherchent à s’auréoler d’un mérite qui ne leur appartient pas.
La récente sortie épistolaire de Gaoussou Koma, s’en prenant à mon frère d’armes et ami El Malick Ndiaye, m’oblige à sortir de ma réserve pour répondre à ce que je considère comme une lecture singulièrement arrangée de l’histoire. Je le fais sans animosité personnelle, mais avec cette conviction qu’il existe, dans la vie publique, une distinction essentielle entre avoir quelque chose à raconter et avoir quelque chose de pertinent à dire.
Revenons donc aux faits. Lors de la campagne présidentielle de 2019, Gaoussou Koma affirme avoir permis à El Malick Ndiaye de disposer d’un véhicule pour mener ses activités politiques à Linguère. Si les faits sont exacts, il n’y a aucune raison de les nier. Un service rendu mérite d’être reconnu, et la gratitude n’est certainement pas une faiblesse. Mais il faut également savoir conserver à chaque chose sa juste proportion. Une faveur ponctuelle ne devient pas, avec le temps, un titre de propriété sur le parcours d’un homme.
Prétendre aujourd’hui, au détour d’un pamphlet médiatique opportuniste, avoir forgé le destin ou balisé la trajectoire d’une figure devenue majeure de la scène politique sénégalaise pour le seul fait d’avoir mis à sa disposition un véhicule lors d’une campagne électorale relève, à mes yeux, d’une curieuse conception du mérite et de la reconnaissance.
Une automobile, fût-elle une Mitsubishi L200 flambant neuve, ne saurait tenir lieu d’acte de naissance politique. Elle ne constitue ni un brevet de paternité militante ni un certificat de propriété sur la conscience d’un homme libre. Elle ne saurait davantage effacer des années de combats, de convictions, de sacrifices et d’engagements.
El Malick Ndiaye avait déjà son histoire, ses convictions et ses combats. Son engagement au sein de PASTEF, les responsabilités qu’il a assumées et les choix politiques qui ont jalonné son parcours ne sauraient être ramenés à une assistance logistique apportée au cours d’une campagne.
Et si l’on veut véritablement parler de son mérite, qu’on parle donc de ce qui a précédé et de ce qui a suivi 2019. Qu’on parle des combats menés lorsque la politique était encore, pour beaucoup, une affaire de conviction et de persévérance plutôt qu’un confortable exercice de responsabilités. Qu’on parle de son engagement, de ses renoncements et de la manière dont ses compagnons de route décrivent sa fidélité aux orientations qu’il avait choisies.
Il est surtout un épisode que je considère comme infiniment plus significatif qu’une voiture, qu’un chauffeur ou que quelques litres de carburant. Lorsque les circonstances politiques ont placé El Malick Ndiaye au perchoir de l’Assemblée nationale, il a accepté de laisser cette prestigieuse fonction à Ousmane Sonko. Chacun peut naturellement discuter les circonstances et apprécier ce geste à sa manière. Mais nul ne peut nier que le renoncement volontaire à une position aussi élevée constitue, à tout le moins, un fait politique autrement plus substantiel qu’une anecdote automobile datant de 2019.
C’est précisément là que se trouve, selon moi, la véritable mesure d’un homme politique : dans sa capacité à distinguer l’intérêt personnel de l’intérêt collectif, la fonction de l’ambition, le privilège du devoir.
Pour ceux qui connaissent El Malick Ndiaye et qui l’accompagnent depuis longtemps, cet épisode illustre une conception de la politique dans laquelle la responsabilité collective doit primer sur la quête personnelle de positions. Ses partisans voient en lui un responsable qui ne serait pas mû par le seul carriérisme, encore moins par une quelconque fascination pour les privilèges matériels. Ils soutiennent que ce qui l’anime demeure avant tout l’ambition de contribuer au changement systémique, à l’amélioration des conditions de vie et au mieux-être des Sénégalais.
Je laisse naturellement chacun apprécier cette lecture à l’aune des actes et des résultats. Mais une chose est certaine : pour juger le parcours d’un homme qui a occupé de hautes responsabilités publiques, il faut regarder l’ensemble du chemin, et non isoler opportunément un épisode matériel pour tenter d’en faire une clé de lecture universelle.
J’en appelle également à une autre exigence, trop souvent oubliée dans nos débats : le respect des fonctions républicaines.
El Malick Ndiaye a occupé la présidence de l’Assemblée nationale et exerce aujourd’hui des responsabilités au sein de cette institution. Cela ne le soustrait évidemment ni à la critique ni à la contradiction. Dans une République, aucune fonction ne doit constituer un bouclier contre le débat public. Mais cela commande une chose élémentaire : la mesure dans la manière de s’adresser à celui qui exerce ou a exercé une responsabilité institutionnelle majeure.
La critique est légitime. La mémoire est légitime. Le désaccord est légitime. Mais réduire un parcours politique et institutionnel à une vieille anecdote matérielle est intellectuellement beaucoup plus pauvre que le débat que l’on prétend ouvrir.
Les voitures passent. Les campagnes passent. Les mandats passent. Les fonctions passent. Les institutions, elles, demeurent.
C’est précisément cette distinction que je voudrais rappeler à Gaoussou Koma. Un concours apporté en 2019 peut être reconnu comme tel. Il peut même être rappelé si les circonstances l’exigent. Mais il ne saurait devenir une créance morale perpétuelle, encore moins un instrument destiné à rabaisser celui qui en aurait bénéficié.
Plus encore, celui qui prétend avoir contribué au parcours d’un homme devrait avoir la délicatesse de ne pas chercher, des années plus tard, à l’abaisser publiquement en brandissant le souvenir de cette contribution comme une monnaie d’échange.
Quant à ma propre personne, certains connaissent mon parcours d’homme d’affaires et les réseaux professionnels que mes activités m’ont permis de développer au Sénégal comme à l’international. Mes échanges avec des acteurs économiques et institutionnels, notamment dans les espaces africains et européens, m’ont appris une chose essentielle : les rapports de force ne dispensent jamais de la courtoisie, et la fermeté n’exige pas l’invective.
Dans les milieux où se négocient des partenariats, des investissements et des accords qui engagent parfois des États entiers, on apprend à distinguer l’essentiel de l’accessoire. On apprend également que la parole publique engage celui qui la prononce. On peut être ferme sans être méprisant ; on peut défendre ses intérêts sans réécrire l’histoire ; on peut contester un homme sans chercher à lui dénier son parcours.
C’est dans cet esprit que je réponds aujourd’hui.
Je ne nie donc pas le service qui aurait été rendu en 2019. Je refuse simplement qu’un service ponctuel soit transformé en acte fondateur d’un destin politique. Entre les deux, il y a une différence que la décence intellectuelle commande de respecter.
Et puisque notre contradicteur semble vouloir exhumer les archives de la campagne de Linguère, qu’il ait donc le courage de les ouvrir dans leur entièreté : les faits, les dates, les acteurs, les circonstances, les témoignages et les responsabilités de chacun. Nous n’avons aucune raison de craindre la vérité lorsqu’elle est recherchée avec honnêteté.
Ce que je récuse, c’est la mémoire sélective. Celle qui transforme une solidarité ponctuelle en dette perpétuelle. Celle qui prend un épisode matériel et prétend en faire une justification à la minoration d’un parcours entier.
La reconnaissance n’est pas la servitude. La gratitude n’est pas une hypothèque sur la conscience. Et le soutien matériel apporté hier ne saurait devenir aujourd’hui un instrument de chantage moral.
El Malick Ndiaye n’a pas besoin qu’on lui fabrique un passé. Son parcours appartient désormais à l’espace public et peut être discuté, critiqué, analysé et jugé à l’aune de ses actes. Mais qu’on le fasse avec la hauteur que commande le débat démocratique.
Car l’histoire politique du Sénégal ne s’écrit ni dans les carnets de bord des véhicules de campagne ni dans les factures de carburant. Elle s’écrit dans les combats menés, les convictions assumées, les renoncements consentis et les responsabilités exercées.
Et si l’on veut mesurer la valeur d’un homme, il faut également regarder ce qu’il accepte de perdre au nom de ce qu’il considère comme supérieur à lui-même.
Voilà pourquoi l’épisode de 2019 ne saurait, à lui seul, résumer El Malick Ndiaye.
Pour ses compagnons de route, pour ceux qui disent avoir partagé ses combats et pour ceux qui saluent aujourd’hui son parcours, son mérite réside précisément dans cette conception de l’engagement qui place, avant les honneurs personnels, une certaine idée du Sénégal et de son avenir.
Chacun est libre de partager ou non cette lecture. Mais personne ne devrait avoir le privilège de réécrire seul l’histoire d’un autre.
À Gaoussou Koma, je dirai donc simplement ceci : si vous avez rendu un service, qu’il vous soit reconnu. Si vous avez une critique, qu’elle soit formulée. Si vous détenez des faits, qu’ils soient produits. Mais ne transformez pas une voiture en destin, un concours en dette et une anecdote en acte de naissance politique.
La République mérite mieux.
Elle mérite des débats de fond, des contradictions argumentées et des hommes capables de dépasser leurs susceptibilités personnelles pour regarder plus haut que leurs intérêts immédiats.
Car, au bout du compte, les voitures passent, les campagnes passent, les mandats passent et les hommes eux-mêmes passent. Ce qui demeure, ce sont les actes, les institutions et la trace que chacun laisse dans l’histoire collective.
Par Assane Faye
La récente sortie épistolaire de Gaoussou Koma, s’en prenant à mon frère d’armes et ami El Malick Ndiaye, m’oblige à sortir de ma réserve pour répondre à ce que je considère comme une lecture singulièrement arrangée de l’histoire. Je le fais sans animosité personnelle, mais avec cette conviction qu’il existe, dans la vie publique, une distinction essentielle entre avoir quelque chose à raconter et avoir quelque chose de pertinent à dire.
Revenons donc aux faits. Lors de la campagne présidentielle de 2019, Gaoussou Koma affirme avoir permis à El Malick Ndiaye de disposer d’un véhicule pour mener ses activités politiques à Linguère. Si les faits sont exacts, il n’y a aucune raison de les nier. Un service rendu mérite d’être reconnu, et la gratitude n’est certainement pas une faiblesse. Mais il faut également savoir conserver à chaque chose sa juste proportion. Une faveur ponctuelle ne devient pas, avec le temps, un titre de propriété sur le parcours d’un homme.
Prétendre aujourd’hui, au détour d’un pamphlet médiatique opportuniste, avoir forgé le destin ou balisé la trajectoire d’une figure devenue majeure de la scène politique sénégalaise pour le seul fait d’avoir mis à sa disposition un véhicule lors d’une campagne électorale relève, à mes yeux, d’une curieuse conception du mérite et de la reconnaissance.
Une automobile, fût-elle une Mitsubishi L200 flambant neuve, ne saurait tenir lieu d’acte de naissance politique. Elle ne constitue ni un brevet de paternité militante ni un certificat de propriété sur la conscience d’un homme libre. Elle ne saurait davantage effacer des années de combats, de convictions, de sacrifices et d’engagements.
El Malick Ndiaye avait déjà son histoire, ses convictions et ses combats. Son engagement au sein de PASTEF, les responsabilités qu’il a assumées et les choix politiques qui ont jalonné son parcours ne sauraient être ramenés à une assistance logistique apportée au cours d’une campagne.
Et si l’on veut véritablement parler de son mérite, qu’on parle donc de ce qui a précédé et de ce qui a suivi 2019. Qu’on parle des combats menés lorsque la politique était encore, pour beaucoup, une affaire de conviction et de persévérance plutôt qu’un confortable exercice de responsabilités. Qu’on parle de son engagement, de ses renoncements et de la manière dont ses compagnons de route décrivent sa fidélité aux orientations qu’il avait choisies.
Il est surtout un épisode que je considère comme infiniment plus significatif qu’une voiture, qu’un chauffeur ou que quelques litres de carburant. Lorsque les circonstances politiques ont placé El Malick Ndiaye au perchoir de l’Assemblée nationale, il a accepté de laisser cette prestigieuse fonction à Ousmane Sonko. Chacun peut naturellement discuter les circonstances et apprécier ce geste à sa manière. Mais nul ne peut nier que le renoncement volontaire à une position aussi élevée constitue, à tout le moins, un fait politique autrement plus substantiel qu’une anecdote automobile datant de 2019.
C’est précisément là que se trouve, selon moi, la véritable mesure d’un homme politique : dans sa capacité à distinguer l’intérêt personnel de l’intérêt collectif, la fonction de l’ambition, le privilège du devoir.
Pour ceux qui connaissent El Malick Ndiaye et qui l’accompagnent depuis longtemps, cet épisode illustre une conception de la politique dans laquelle la responsabilité collective doit primer sur la quête personnelle de positions. Ses partisans voient en lui un responsable qui ne serait pas mû par le seul carriérisme, encore moins par une quelconque fascination pour les privilèges matériels. Ils soutiennent que ce qui l’anime demeure avant tout l’ambition de contribuer au changement systémique, à l’amélioration des conditions de vie et au mieux-être des Sénégalais.
Je laisse naturellement chacun apprécier cette lecture à l’aune des actes et des résultats. Mais une chose est certaine : pour juger le parcours d’un homme qui a occupé de hautes responsabilités publiques, il faut regarder l’ensemble du chemin, et non isoler opportunément un épisode matériel pour tenter d’en faire une clé de lecture universelle.
J’en appelle également à une autre exigence, trop souvent oubliée dans nos débats : le respect des fonctions républicaines.
El Malick Ndiaye a occupé la présidence de l’Assemblée nationale et exerce aujourd’hui des responsabilités au sein de cette institution. Cela ne le soustrait évidemment ni à la critique ni à la contradiction. Dans une République, aucune fonction ne doit constituer un bouclier contre le débat public. Mais cela commande une chose élémentaire : la mesure dans la manière de s’adresser à celui qui exerce ou a exercé une responsabilité institutionnelle majeure.
La critique est légitime. La mémoire est légitime. Le désaccord est légitime. Mais réduire un parcours politique et institutionnel à une vieille anecdote matérielle est intellectuellement beaucoup plus pauvre que le débat que l’on prétend ouvrir.
Les voitures passent. Les campagnes passent. Les mandats passent. Les fonctions passent. Les institutions, elles, demeurent.
C’est précisément cette distinction que je voudrais rappeler à Gaoussou Koma. Un concours apporté en 2019 peut être reconnu comme tel. Il peut même être rappelé si les circonstances l’exigent. Mais il ne saurait devenir une créance morale perpétuelle, encore moins un instrument destiné à rabaisser celui qui en aurait bénéficié.
Plus encore, celui qui prétend avoir contribué au parcours d’un homme devrait avoir la délicatesse de ne pas chercher, des années plus tard, à l’abaisser publiquement en brandissant le souvenir de cette contribution comme une monnaie d’échange.
Quant à ma propre personne, certains connaissent mon parcours d’homme d’affaires et les réseaux professionnels que mes activités m’ont permis de développer au Sénégal comme à l’international. Mes échanges avec des acteurs économiques et institutionnels, notamment dans les espaces africains et européens, m’ont appris une chose essentielle : les rapports de force ne dispensent jamais de la courtoisie, et la fermeté n’exige pas l’invective.
Dans les milieux où se négocient des partenariats, des investissements et des accords qui engagent parfois des États entiers, on apprend à distinguer l’essentiel de l’accessoire. On apprend également que la parole publique engage celui qui la prononce. On peut être ferme sans être méprisant ; on peut défendre ses intérêts sans réécrire l’histoire ; on peut contester un homme sans chercher à lui dénier son parcours.
C’est dans cet esprit que je réponds aujourd’hui.
Je ne nie donc pas le service qui aurait été rendu en 2019. Je refuse simplement qu’un service ponctuel soit transformé en acte fondateur d’un destin politique. Entre les deux, il y a une différence que la décence intellectuelle commande de respecter.
Et puisque notre contradicteur semble vouloir exhumer les archives de la campagne de Linguère, qu’il ait donc le courage de les ouvrir dans leur entièreté : les faits, les dates, les acteurs, les circonstances, les témoignages et les responsabilités de chacun. Nous n’avons aucune raison de craindre la vérité lorsqu’elle est recherchée avec honnêteté.
Ce que je récuse, c’est la mémoire sélective. Celle qui transforme une solidarité ponctuelle en dette perpétuelle. Celle qui prend un épisode matériel et prétend en faire une justification à la minoration d’un parcours entier.
La reconnaissance n’est pas la servitude. La gratitude n’est pas une hypothèque sur la conscience. Et le soutien matériel apporté hier ne saurait devenir aujourd’hui un instrument de chantage moral.
El Malick Ndiaye n’a pas besoin qu’on lui fabrique un passé. Son parcours appartient désormais à l’espace public et peut être discuté, critiqué, analysé et jugé à l’aune de ses actes. Mais qu’on le fasse avec la hauteur que commande le débat démocratique.
Car l’histoire politique du Sénégal ne s’écrit ni dans les carnets de bord des véhicules de campagne ni dans les factures de carburant. Elle s’écrit dans les combats menés, les convictions assumées, les renoncements consentis et les responsabilités exercées.
Et si l’on veut mesurer la valeur d’un homme, il faut également regarder ce qu’il accepte de perdre au nom de ce qu’il considère comme supérieur à lui-même.
Voilà pourquoi l’épisode de 2019 ne saurait, à lui seul, résumer El Malick Ndiaye.
Pour ses compagnons de route, pour ceux qui disent avoir partagé ses combats et pour ceux qui saluent aujourd’hui son parcours, son mérite réside précisément dans cette conception de l’engagement qui place, avant les honneurs personnels, une certaine idée du Sénégal et de son avenir.
Chacun est libre de partager ou non cette lecture. Mais personne ne devrait avoir le privilège de réécrire seul l’histoire d’un autre.
À Gaoussou Koma, je dirai donc simplement ceci : si vous avez rendu un service, qu’il vous soit reconnu. Si vous avez une critique, qu’elle soit formulée. Si vous détenez des faits, qu’ils soient produits. Mais ne transformez pas une voiture en destin, un concours en dette et une anecdote en acte de naissance politique.
La République mérite mieux.
Elle mérite des débats de fond, des contradictions argumentées et des hommes capables de dépasser leurs susceptibilités personnelles pour regarder plus haut que leurs intérêts immédiats.
Car, au bout du compte, les voitures passent, les campagnes passent, les mandats passent et les hommes eux-mêmes passent. Ce qui demeure, ce sont les actes, les institutions et la trace que chacun laisse dans l’histoire collective.
Par Assane Faye


« Une voiture ne fabrique pas un homme politique » : Assane Faye démonte les prétentions de Gaoussou Koma

